Les 3 erreurs fréquentes à éviter quand on lance son podcast

podcast erreurs à éviter
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@copyright sephora schmidt
Les erreurs à éviter d’un point de vue radiophoique par dire-son.fr

Si vous êtes là, bravo, c’est que vous avez déjà sorti quelques épisodes de votre podcast et je vous encourage dans cette à pourquoi pas vivre de votre passion ! Le podcast est peu coûteux et intimiste et c’est pour ça que vous vous êtes plongé dans l’aventure pour partager vos connaissances ou votre expérience. Si le podcast demande peu de moyens ça ne veut pas pour autant dire qu’il est plus facile à réaliser que de la vidéo, comme j’ai pu le lire ou l’entendre dans de nombreuses conversations… Au contraire, vu qu’il ne fait appel qu’à l’ouïe, il est essentiel d’améliorer l’audio mais aussi de booster vos interviews.J’ai décidé d’écrire un article aujourd’hui pour les nombreux podcasteur.se.s qui souhaiteraient améliorer leur(s) podcast(s) d’un point de vue radiophonique. J’ai remarqué après avoir bingelistené de nombreux épisodes qu’il y avait pour la plupart du temps, des problèmes au niveau de la qualité audio, du rythme dans le montage et enfin, quelques petites choses à réajuster dans les manières d’interviewer les invités.

1. Une prise de son souvent négligée

Venant de l’univers radio, il fallait absolument que je brise cette fausse croyancequ’il est facile de faire un podcast. En effet, nombreux sont celles et ceux qui imaginent que comme il n’y a pas d’images il y a moins d’informations à traiter et à maîtriser. Certes, mais justement, il faut tout miser sur le son pour ensuite pouvoir maîtriser le reste, c’est la base. La prise de son est un métier qui nécessite beaucoup de patience et d’être très méticuleux. Que se soit dans l’enregistrement ou dans la manière de monter, il est très important de soigner l’enregistrement de votre audio car il montre que vous respectez votre auditeurice et que vous n’êtes plus un.e amateur.ice. Pensez que les rushs sont votre matière première et que le montage sera le liant de votre narration, la manière dont vous voulez raconter une histoire.

J’ai pu entendre de nombreuses catastrophes en terme d’enregistrement (ou prise de son) qui pour ma part m’ont fait fuir au bout de quelques secondes. C’est dommage, car si vous avez du contenu intéressant, mais que la forme ne suit pas, vous pourrez peut-être perdre de potentiels fidèl.e.s. Vous aurez beau avoir bossé comme des acharnés sur vos sujets, si le jour J votre prise de son est pourri, vous aurez fait tout ça pour ça et vous vous rendrez compte au montage que votre fichier son est inexploitable… Donc ayez en tête toute cette dimension sonore à préparer en amont (où vais-je enregistrer, avec quel matériel, dans quelles conditions, y’aura-t-il de l’alimentation ?)

Donc à proscrire pour avoir un enregistrement le plus propre possible :les salles de 100m2 de type loft sans aucun meuble.Vous vous en doutez car la résonnance sera très désagréable et vous entendrez un écho sur les voix qui peuvent vraiment faire grincer des dents et donner l’impression que vous êtes dans un hangar… Après si votre sujet porte sur les chats abandonné dans les usines désaffectées de Picardie d’accord. Mais si vous interviewez un champion de e-sport geek parisien qui vit seul chez lui, le son d’atmosphère ne risque de pas être raccord avec le contenu et le propos de l’interviw… En fait, pourquoi je vous dis ça ? Parce que l’ambiance sonore, c’est-à-dire l’environnement qui entoure l’interview fait partie du message et il est bizarre de dissocier les deux. Ce serait l’équivalent au cinéma de mettre un bruit de clavier sur une scène au beau milieu de la jungle… C’est pour ça qu’il est souvent mieux d’enregistrer dans un studio si vous le pouvez, un environnement sonore neutre. Puis de rajouter ensuite les ambiances sonores aux dialogues par la suite si vous en avez. Mais encore une fois, cela dépend de ce que l’on veut raconter et du rendu esthétique voulu.

Enregistrement propre sans bruit parasite pour podcast
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@credit Malika Ung
Un enregistrement / prise de son neutre pour ne pas avoir de bruits parasite.
TIPS 1

Mais un conseil, si vous êtes dans un lieu que vous ne connaissez pas pour votre interview, fermez les yeux avant de faire vos tests micros et vérifiez s’il n’y a pas de bruits parasites de type ventilation ou un bruit de frigidaire, chaudière ou néon qui bourdonnent en arrière fond. Ce ne serait pas du luxe de changer de pièce ou de débrancher certains matériels électroniques dans la mesure où il est possible de le faire. Enregistrer dans un milieu trop bruyant peut être très gênant et perturber votre interview ou votre interviewé et donc le déconcentrer dans ce qu’il dit.

TIPS 2

S’il n’est pas possible d’avoir du silence complet sur votre lieu d’enregistrement (ce qui est très fréquent on ne va pas se mentir), enregistrez une séquence d’une minute à 2 minutes du bruit parasite sans parler pour pouvoir au montage le mettre en fond sonore à un niveau très bas en continu le bruit parasite afin qu’on l’oublie presque. Un faible bruit en continue plutôt qu’à intermittence qui surgit toutes les 5mns et moins perturbant pour l’audience.

TIPS 3

Aussi, je vous conseille si vous le pouvez au début de votre épisode/interview, de mentionner le cadre dans lequel vous enregistrez et faites votre interview, afin de ne pas surprendre l’auditeur en cours d’écoute. Par exemple si vous enregistrez dehors (période de confinement oblige) et qu’on entend des bruits de chantiers derrière alors que vous faites un sujet sur les espaces de coworking/cocooning, si vous mentionnez le contexte dans lequel vous enregistrez manque de moyen, (on fait avec les moyens du bords c’est normal) il n’yaura pas de mauvaise surprise pour l’auditeur qui est prévenu qu’il pourra y avoir quelques dissonances entre le bruit ambiant en arrière fond et votre propos. Ce qui améliore amplement l’écoute en amoindrissant la gêne…

2. Le rythme du montage : une grammaire sonore à améliorer

Maintenant que vous savez tout sur la prise de son, je vais continuer à vous embêter avec le montage sonore qui est dans la continuité de votre processus de réalisation. Une fois que vous avez vos rushs qui sont a priori assez propres car votre prise de son est optimum, 😉 vous pouvez passer au montage.

C’est ce que j’appelle la seconde phase d’écriture. Elle nécessite de construire des phrases, des séquences et donc d’avoir une grammaire. Comme l’a si bien dit un de mes enfants en atelier c’est comme dans toute phrase, « il faut une majuscule et un point ». Une émission quelque soit son format, c’est pareil : interview, fiction, documentaire… doit avoir un rythme, des temps de respirations, de pause et des éllipses pour que l’histoire ait du sens. Le minimum vital dans un podcast est bien connue : ce sont le générique d’intro et l’outro. Et entre les deux, j’ai souvent entendu des jingles ou des interludes sonores qui étaient mis un peu par ci par là au petit bonheur la chance…

TIPS 1

MIEUX VAUT NE RIEN METTRE plutôt que de placer des pauses ou des musiques n’importe où. Car si vous mettez de la musique en plein milieu d’une phrase qui n’est pas terminée, c’est très embêtant pour l’auditeur qui s’attend à avoir la fin de la phrase. Une musique ou un jingle servent de transition et non pas de cache misère pour masquer la longueur d’un dialogue soporifique. Si vous estimez que votre montage est trop long, raccourcissez quelques parties, mais ne mettez pas une pause juste pour mettre une pause.

TIPS 2

Si vous vous sentez d’utiliser des jingles ou de virgules sonores courtes (une à 15 secondes) soyez parcimonieux.se. Voyez la pause comme un moment de répit, de respiration (comme les virgules en grammaire) pour que l’auditeurice reprenne son souffle lorsque la tension était forte dans le récit. La musique sera comme un point en grammaire : une manière de redescendre en douceur et/ou d’intégrer ce qui vient d’être dit.

grammaire sonore le montage audio podcast dire-son
Savoir utiliser la grammaire sonore, le montage et le rythme rendent l’écoute et la narration plus fluide
TIPS 3

Sachez tout d’abord qu’entre différentes séquences, voix, musiques, il est PRIMORDIAL et c’est la base, de faire des fondues. C’est-à-dire d’enchaîner les morceaux de manière fluide et non pas de coller des morceaux mis bout à bout sans transition. Ce qui donnent une impression hachées à l’écoute et désagréable. Le fondu est votre outils de prédilection lorsque vous êtes monteuse ou monteur ou ce qu’on appelle les FADEIN. Il consiste à ce que le volume du début de votre piste augmente doucement jusqu’à son volume moyen et constant.Entendez-le comme une introduction. Le FADEOUT ou le fondu de sortie permet de baisser progressivement le volume aussi à la fin de votre séquence comme lorsqu’on termine une phrase, notre voix baisse. Il s’agit d’appliquer le fade quelques secondes sur votre séquence au début et à la fin, pour que le cerveau comprenne que l’on commence ou on termine un sujet. Pour se préparer à aborder d’autres sujets ou conclure. Selon votre logiciel de montage, il existe différentes méthode pour soit faire votre automation à la souris (baisser ou augmenter les décibels de votre pistes à la main) soit à l’aide d’un effet autoomatique (fondu).

Vous verrez, à force, vous arriverez à faire votre petite popote et à doser quand il faut ou quand il ne faut pas mettre de virgule. Votre narration ne pourra qu’être enrichie si vous maîtrisez ce vocabulaire et cette grammaire sonore. A présent nous allons aborder brièvement un des problèmes majeur de l’interview….

3. S’adresser seulement à l’invité.e

Maintenant que vous avez la technique, il ne manque plus que le fond. La passion et la volonté que vous avez de transmettre de l’information aux auditeurices est le coeur de votre motivation et je vous en félicite ! Néanmoins, il est nécessaire de savoir à qui vous vous adressez et comment vous devrez lui parler.

TIPS 1

L’interview n’est pas qu’une affaire d’interaction à deux, c’est un plan à trois qui comprend l’hôte, l’invité.e ET l’auditeurice. N’oubliez jamais cette dimension ! J’ai entendu bien souvent des podcasts d’interviews très intéressants, mais il manquait toujours quelque chose : l’intervieweur.se ne s’adressait qu’à leur invité.e.s en oubliant totalement de s’adresser à l’auditeurice. Dans certains podcasts marketing ou tech on peut se retrouvé confronté à ce problème. Moi qui voudrais améliorer mes compétences ou connaissances là-dedans, comment vais-je faire si les personnes que j’écoute n’emploient que du jargon que seuls les marketeux, développeurs ou les community managers comprendront ? Il n’y a rien de plus énervant que de se sentir exclu d’une discussion. Ce serait l’équivalent de parler frangliche à un saumon au beau milieu de la Lozère. Peut-être ne suis-je pas la cible de ces podcasts de « niche », mais c’est dommage ! Car j’aurais aimé en apprendre davantage sans avoir à mettre stop et googler toutes les 30 secondes les termes qui ne sont pas vulgarisés ou expliqués dans l’interview par l’hôte du podcast… De plus, on sent que l’hôte n’est pas dans le partage de l’information mais dans une logique de cumuler le savoir pour soi ou de performance. Et ça, c’est pas très podcast…

TIPS 2

Mettons que votre podcast est de niche et que seuls les initiés du cercle vous écoutent, pourquoi ne pas essayer de vous adresser à un public plus large et moins spécifique pour toucher plus d’auditeurices ? En faisant ce choix d’être trop pointu, vous vous priverez d’une grande partie de newbies et donnerez une image fermé de votre podcast. (déjà que le cercles des auditeurice de podcast est en soi une niche….). Vous l’avez deviné, après deux épisodes je me suis désabonnée de ce podcast qui pourtant aurait pu m’apporter des solutions intéressantes mais j’ai préféré en trouver un autre plus accessible. Ma technique à moi quand j’interviewe, c’est d’imaginer que je m’adresse aussi à ma grand-mèrequi m’écouterait de l’autre côté du poste et de rendre le discours intelligible et audible de tous. (car oui, ma mamie n’est pas fondue de tech, ni demarketing. Quoique ? )

technique animation interview à 3 dimension dire-son podcast

Réfléchissez donc bien à cela et dans le doute, soyez le plus généraliste possible car c’est par cette manière que vous arriverez à toucher du monde par votre message qui sera généreux. Le podcast est un univers de curieux qui ne cherchent qu’à apprendre. Or, il faut bien commencer par utiliser le même langage au départ avec vos auditeurices si vous voulez qu’ils entendent votre message et être sur la même longueur d’onde non ? (pas mal ma métaphore non?)

Moi qui suis un peu queer sur les bord, si je vous parle de « cis, ace à tendance pan non-binaire » je peux déjà imaginer le roulement d’yeux que vous allez me faire. Et si j’ai un.e grand.e réac’ en face de moi, il est possible que la personne zappe tout de suite à l’énonciation de ces termes qu’ils vont juger « barbares » juste parce qu’ils ne les ont pas compris et que personne n’a pris le temps de leur expliquer qu’est-ce qu’ils voulaient dire. En revanche, si vous avez en face de vous quelqu’un qui est réac mais ouvert (ça peut exister franchement) et qui vous écoute, en tant que podcasteur.se, vous devez redéfinir les termes pour lui/elle. S’il est à l’écoute de votre épisode, c’est parce qu’il est attiré par vos sujets mais peut-être pas encore familiarisé à cela. Comme il vous accorde de son temps et de son attention précieuse, il faudra que vous lui explicitiez tous ces acronymes et ces jargons pour l’inviter progressivement à s’immerger dans votre univers avec ses codes et son langage… C’est donnant donnant !

N’oubliez donc pas, l’animateur ou animatrice du podcast est un.e médiateur.ice qui a le DEVOIR de vulgariser ce que l’invité expert ou autre ne peut faire… Car de 1 ce n’est pas son job, et de 2 il a peut-être suffisamment le trac comme ça pour penser à VOS auditeurices. Attention, il ne s’agit pas de faire une parenthèse de 15 mns à chaque fois qu’un mot complexe sort. Il suffit juste de reformuler en deux phrases ou de demander à votre invité.e de le définir et dans quel cadre il/elle l’utilise pour ne pas perdre votre auditeurice en cours de route ! Chouchoutez-les autant que vos invité.es.

Et maintenant vous avez toutes les clefs en main pour améliorer votre contenu, il ne vous manque plus qu’à être vous-même ! 😉

Si vous souhaitez en savoir plus sur les techniques d’interview et d’animation ou comment poser sa voix, faire du montage rapidement, n’hésitez pas à m’écrire à la page contact. Je ne manquerai pas de vous répondre. Et surtout, n’oubliez pas que ce qui vient d’être dit ne sont que des conseils et qu’il ne faut pas tout suivre à la lettre. Moi-même j’ai parfois du mal à appliquer ces conseils faute de temps, de moyens ou d’attention. Alors, faites juste du mieux que vous pouvez.

A très vite j’espère et bonne pratique !

Malika

Tuto pour podcaster : apprendre en écoutant

Lancé depuis 2018, La saison 2 des Coulisses du podcast sort déjà en 2020

Les auditeurs téléchargent environ 17 podcasts chaque mois en France. Pas étonnant si de nombreux bingelisteners veulent se transformer à leur tour en créateurs de contenus et passent derrière le micro. Alors, pourquoi pas toi jeune padawan ? C’est le timing parfait pour te consacrer à ta passion et la transmettre via une émission ! De plus en plus de documentation et de tuto existent pour t’aider à débuter.

Parmi eux, les Coulisses du podcast est une mine d’or, car elle te fera gagner du temps en évitant les écueils de tout débutant qui se respecte… Anastasia De Santis ex-consultante digitale et Mélanie Hong anciennement avocate, sont les animatrices de ce podcast. Elles ont toutes les deux plaqué leur job confortable pour mener la vie de podcasteuse.

Hôtesses respectivement de « De Vraies vie » et « Melting pot« , elles ont lancé en parallèle « Les Coulisses » – dont la saison 2 vient de sortir – pour permettre à d’autres d’avancer à partir de zéro. C’est l‘envie de partager qui les a poussé à faire ce projet, qui initialement était le blog de Mélanie relatant ses avancées dans le monde du podcast. Et c’est grâce aux échanges informels et retours d’expérience qu’elles ont eu avec Anastasia que le blog est devenu podcast audio… Pourquoi ne pas faire bénéficier à d’autres le fruit de leur démarches ? Idées, doutes, conseils pour ceux qui voudraient débuter sous forme interactive. Pourquoi pas y ajouter en plus, les conseils d’autres podcasteurs/euses de renoms comme Matthieu Stefani (Génération DIY) ou Pénélope Boeuf (la toile sur écoute) ?

J’ai voulu les interroger sur les tendances podcasts, leurs inspirations et les tutos en général…

Lorsque nous avons décidé de le créer, nous sommes parties du principe qu’on voudrait faire un podcast que nous aurions aimé écouter. On voulait que ça soit simple, accessible à tout le monde, que ça reste convivial tout en apprenant quelque chose… Le format tuto nous a paru le plus adapté…

Anastasia De Santis

INTERVIEW

Dans l’univers du podcast très hétérogène, on a souvent le syndrome de l’imposteur et surtout quand on est une femme. Pourriez-vous donner deux trois tips sur vos expériences personelles de podcasteuses pour surmonter ce sentiment si vous l’avez déjà ressenti ?

Anastasia : Évidemment qu’on l’a ressenti ! C’est plus ou moins présent selon les personnes et les sujets. On en parle d’ailleurs dans notre premier épisode des Coulisses. On entend souvent que les podcasteurs ou podcasteuses connus sont journalistes… même si c’est moins vrai aujourd’hui, ça reste plutôt juste. Donc en partant de là, on peut se demander, pourquoi moi qui n’y connait rien en technique ou en journalisme, j’oserais me lancer ? Eh bien, justement, la réponse pour dépasser sa peur, OSER SE LANCER. Parce qu’il n’y a rien à perdre à part un peu de temps, et qu’au contraire, il y a toujours à gagner : des rencontres merveilleuses, des opportunités qui s’ouvrent, des retours d’auditeurs… 

Mélanie : C’est vrai que le syndrome de l’imposteur : « qui suis-je, moi, pour faire ça » est très présent, dès lors que c’est souvent un média qu’on lance en autodidacte, car il est facile d’accès : un smartphone, une application d’enregistrement et ça peut être lancé ! Il y a non seulement la technique (matériel, montage), mais aussi les compétences orales, relationnelles (si on fait des interviews) ou l’expertise (si on choisit un sujet dont on n’est pas « expert »). Pour moi, la meilleure façon de surmonter le syndrome de l’imposteur, quel que soit le projet, est de se dire qu’à partir du moment où le sujet nous intéresse, on a le droit d’en parler. Que ce n’est pas parce qu’on en parle qu’on se prétend expert ou meilleur que qui que ce soit. On peut être débutant et aborder un sujet, ça peut tout aussi être intéressant d’avoir le point de vue de personnes qui débutent, comme nous lorsqu’on a commencé Coulisses !

Anastasia de Santis et Mélanie Hong crédit @Anastasia de Santis

Il y a une tendance aux tutos dans le podcast qui aident à entreprendre, à faire du sport et à mieux vivre en général. Est-ce que vous en écoutez ? Si oui lesquels ?

Anastasia : Le problème quand tu créé des podcasts, c’est que tu as de moins en moins le temps d’en écouter (surtout que tu passes de salariée à entrepreneure, avec moins de temps de transport par exemple). Pour ma part, j’écoute des podcasts de développement personnel orientés entrepreunariat comme “Jpeux pas j’ai business” ou “Être soi” de Kinoko ou bien “Courageuses”, un podcast sur l’hypersensibilité mais je suis une fan de “2H de perdues” aussi… j’aime les podcasts pour décompresser ! 

Mélanie : J’écoute énormément de podcasts et effectivement, beaucoup pour « apprendre » mais pas forcément sous format « tuto ». Ce sont plutôt des podcasts d’interviews pour découvrir ou approfondir des sujets qui m’intéressent pour lesquels je n’ai pas forcément le temps (ou le courage) de lire (« Vlan! », « Wake up conversations« , « Supplément d’âme« ) ou pour apprendre grâce aux expériences ou témoignages de vie (« La Leçon« , « Regard« , « Balance ta peur« ). Le seul « tuto » que j’écoute est « Femme ambitieuse » de Jenny Chammas, qui donne des conseils aux femmes qui souhaitent conjuguer vie personnelle et vie professionnelle en étant « ambitieuse ». 🙂  Le podcast, c’est chronophage mais c’est une vraie passion !

A votre avis, pourquoi le podcast est un bon médium pour accompagner les gens à construire, s’améliorer et apprendre ?

Anastasia : Le podcast c’est intime… tu es dans les oreilles de ceux qui t’écoutent et tout est basé sur la voix… et puis c’est un médium libre, il y a beaucoup moins de barrières à l’entrée que pour faire une chronique à la radio, à la télé ou même une vidéo YouTube.

Mélanie : Je crois qu’il permet de faire du développement personnel sans avoir à y consacrer un moment supplémentaire dans son emploi du temps. Aujourd’hui, on a souvent peu de temps pour l’apprentissage : les journées sont courtes, le temps passe vite ; Alors les priorités c’est travail, famille, amis, loisirs, tâches ménagères. Et pour lire ou apprendre à travers un livre ou une vidéo, il faut se poser et consacrer un temps spécifique. Or, le podcast peut être écouté en faisant autre chose. En écoutant un podcast d’apprentissage, ça « rentabilise » un temps qui était déjà dédié à une tâche qu’on aurait faite dans tous les cas (ménage, transport, sport).

Le podcast permet aux personnes moins visibles et représentées dans d’autres médias de prendre la parole (femmes, personnes racisées et autres minorités) et d’aborder des sujets parfois tabou.

Sur Youtube, les tutos favoris des français sont la beauté, le bricolage et la musique. Avez-vous remarqué une tendance similaire dans l’audio ?

Les domaines les plus « tendances » sont différentes de celles de Youtube de par la différence de format. Par exemple, les thèmes de la mode et de la beauté sont rares, ce qui peut facilement s’expliquer par l’absence d’image. Si on exclut les émissions de radio en replay et qu’on s’intéresse aux podcasts dits natifs, les domaines les plus représentés sont, à notre connaissance : l’entrepreneuriat, le développement personnel, le féminisme. Le podcast permet aux personnes moins visibles et représentées dans d’autres médias de prendre la parole (femmes, personnes racisées et autres minorités) et d’aborder des sujets parfois tabou.

Le coaching, les tutos et les talks sont des outils intéressants pour orienter, conseiller les auditeurs sur un sujet

Le podcast, rançon du succès, devient de plus en plus compétitif. Quels sont vos principaux conseils pour développer ses écoutes sur un podcast ?

La première chose à faire pour faire connaitre son podcast, c’est d’en parler le plus possible ! Ça peut paraitre simple, mais le bouche-à-oreille fonctionne assez bien et c’est surtout un des meilleurs moyens de découvrabilité des podcasts. Dans le même temps, demander à ceux et celles qui vous écoutent de vous recommander… ils.elles sont les meilleurs ambassadeur.rice.s ! Ensuite, c’est la communication : sur les réseaux sociaux premièrement, et aussi auprès des journalistes pour gagner en visibilité mais surtout en crédibilité. Dernièrement, un des moyens de développer ses écoutes est la « cross promotion« , soit faire la promotion dans un podcast dont le sujet est similaire, car les auditeurs seront plus à même de s’y intéresser. (plus de détails dans les épisodes dédiés à la promotion de son podcast épisodes 7 et 8 )

Avez-vous des recommandations de podcasts en ce moment ?

AnastasiaVénus s’épilait-elle la chatte ? Un podcast qui déconstruit l’histoire de l’art occidentale d’un point de vue féministe et inclusif… On se rend compte que le patriarcat n’a épargné aucun secteur… Sans blanc de rien. C’est un podcast belge qui parle de la déconstruction de ses propres biais et préjugés en tant que femme blanche ! 

Mélanie : Mija, de Studio Ochenta créé par Lory Martinez : un podcast de fiction qui raconte l’histoire sur plusieurs générations d’une famille qui a immigré de Colombie à New York à travers 8 épisodes de 10 minutes, chacun dédié à un personnage de la famille. C’est touchant, ça me parle en tant que fille d’immigrée mais je pense que ça peut toucher beaucoup de monde car on s’attache aux personnages et à leur histoire. La matrescence, de Clémentine Sarlat : un podcast sur la maternité, et en particulier sur le concept de Matrescence (l’adolescence de la maternité). Travail soigné, de Stereolab créé par Hervé Hauboldt : un podcast qui met en valeur une personne et son métier, qu’elle soit ébéniste, ingénieure ou architecte. La réalisation est très soignée, et on apprend beaucoup de choses de ces personnes passionnées de leur métier.

Quelles émissions tuto aimeriez-vous voir apparaître qui n’existent pas encore ?

Anastasia : Moi ce que j’adorerais voir, c’est un podcast pour les femmes de + 50 ans : les aider à s’assumer, oser, prendre confiance en leur capacité… Le podcast est plus diversifié que d’autres média mais je trouve qu’on ne voit pas assez de femmes de cette tranche d’âge ! Mais pas forcément sous format tuto.

Mélanie : En format tuto, pourquoi pas un podcast qui enseignerait comment écrire un livre ? Le storytelling, la narration, le style. L’écriture m’intéresse. Il pourrait y avoir des formats trucs et astuces et un format interviews d’auteurs, un peu comme nos formats dans la saison 2 de Coulisses haha. Ou alors, comme je suis une jeune maman, un podcast sur la maternité / l’éducation mais en format « tutos » avec des épisodes courts sur des sujets très précis (la diversification alimentaire, l’éveil pour chaque âge, le langage des signes pour les bébés, etc). Mais peut-être que ça existe déjà, je ne sais pas je n’ai pas vraiment fouillé ! 

Merci beaucoup !

Avec plus de 2000 écoutes par épisode, on peut dire que Les coulisses du podcast est un tutoriel qui a trouvé son public de niche ! Avec une audience très engagée et fidèle, les retours sont plus que positifs puisqu’elle ont réussis à faire pousser des graines de podcasteurs qui ont pu concrétisés leur idée de podcast qui ronflait. D’ailleurs, moults auditeurs ont choisi de se faire accompagner au-delà du virtuel en s’inscrivant à leurs ateliers dans la vie réelle. Attirés par leur sensibilité et leur intérêt pour les questions de minorités, elles ont aussi réussi à décomplexer grâce à une démarche de populariser le podcast : ouvert à tous et pour tous, où il y a de la place pour tout le monde. Si ça te démange toi aussi, Anastasia (www.podstories.fr) et Mélanie (www.bonjourpodcast.com) proposent des accompagnements personnalisés à distance ou à Paris. Elles sont toujours ravies de rencontrer des porteur.se.s de projets inspirants et fières de participer à la concrétisation de podcasts et d’expression…