Les 3 erreurs fréquentes à éviter quand on lance son podcast

podcast erreurs à éviter
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@copyright sephora schmidt
Les erreurs à éviter d’un point de vue radiophoique par dire-son.fr

Si vous êtes là, bravo, c’est que vous avez déjà sorti quelques épisodes de votre podcast et je vous encourage dans cette à pourquoi pas vivre de votre passion ! Le podcast est peu coûteux et intimiste et c’est pour ça que vous vous êtes plongé dans l’aventure pour partager vos connaissances ou votre expérience. Si le podcast demande peu de moyens ça ne veut pas pour autant dire qu’il est plus facile à réaliser que de la vidéo, comme j’ai pu le lire ou l’entendre dans de nombreuses conversations… Au contraire, vu qu’il ne fait appel qu’à l’ouïe, il est essentiel d’améliorer l’audio mais aussi de booster vos interviews.J’ai décidé d’écrire un article aujourd’hui pour les nombreux podcasteur.se.s qui souhaiteraient améliorer leur(s) podcast(s) d’un point de vue radiophonique. J’ai remarqué après avoir bingelistené de nombreux épisodes qu’il y avait pour la plupart du temps, des problèmes au niveau de la qualité audio, du rythme dans le montage et enfin, quelques petites choses à réajuster dans les manières d’interviewer les invités.

1. Une prise de son souvent négligée

Venant de l’univers radio, il fallait absolument que je brise cette fausse croyancequ’il est facile de faire un podcast. En effet, nombreux sont celles et ceux qui imaginent que comme il n’y a pas d’images il y a moins d’informations à traiter et à maîtriser. Certes, mais justement, il faut tout miser sur le son pour ensuite pouvoir maîtriser le reste, c’est la base. La prise de son est un métier qui nécessite beaucoup de patience et d’être très méticuleux. Que se soit dans l’enregistrement ou dans la manière de monter, il est très important de soigner l’enregistrement de votre audio car il montre que vous respectez votre auditeurice et que vous n’êtes plus un.e amateur.ice. Pensez que les rushs sont votre matière première et que le montage sera le liant de votre narration, la manière dont vous voulez raconter une histoire.

J’ai pu entendre de nombreuses catastrophes en terme d’enregistrement (ou prise de son) qui pour ma part m’ont fait fuir au bout de quelques secondes. C’est dommage, car si vous avez du contenu intéressant, mais que la forme ne suit pas, vous pourrez peut-être perdre de potentiels fidèl.e.s. Vous aurez beau avoir bossé comme des acharnés sur vos sujets, si le jour J votre prise de son est pourri, vous aurez fait tout ça pour ça et vous vous rendrez compte au montage que votre fichier son est inexploitable… Donc ayez en tête toute cette dimension sonore à préparer en amont (où vais-je enregistrer, avec quel matériel, dans quelles conditions, y’aura-t-il de l’alimentation ?)

Donc à proscrire pour avoir un enregistrement le plus propre possible :les salles de 100m2 de type loft sans aucun meuble.Vous vous en doutez car la résonnance sera très désagréable et vous entendrez un écho sur les voix qui peuvent vraiment faire grincer des dents et donner l’impression que vous êtes dans un hangar… Après si votre sujet porte sur les chats abandonné dans les usines désaffectées de Picardie d’accord. Mais si vous interviewez un champion de e-sport geek parisien qui vit seul chez lui, le son d’atmosphère ne risque de pas être raccord avec le contenu et le propos de l’interviw… En fait, pourquoi je vous dis ça ? Parce que l’ambiance sonore, c’est-à-dire l’environnement qui entoure l’interview fait partie du message et il est bizarre de dissocier les deux. Ce serait l’équivalent au cinéma de mettre un bruit de clavier sur une scène au beau milieu de la jungle… C’est pour ça qu’il est souvent mieux d’enregistrer dans un studio si vous le pouvez, un environnement sonore neutre. Puis de rajouter ensuite les ambiances sonores aux dialogues par la suite si vous en avez. Mais encore une fois, cela dépend de ce que l’on veut raconter et du rendu esthétique voulu.

Enregistrement propre sans bruit parasite pour podcast
dire-son
@credit Malika Ung
Un enregistrement / prise de son neutre pour ne pas avoir de bruits parasite.
TIPS 1

Mais un conseil, si vous êtes dans un lieu que vous ne connaissez pas pour votre interview, fermez les yeux avant de faire vos tests micros et vérifiez s’il n’y a pas de bruits parasites de type ventilation ou un bruit de frigidaire, chaudière ou néon qui bourdonnent en arrière fond. Ce ne serait pas du luxe de changer de pièce ou de débrancher certains matériels électroniques dans la mesure où il est possible de le faire. Enregistrer dans un milieu trop bruyant peut être très gênant et perturber votre interview ou votre interviewé et donc le déconcentrer dans ce qu’il dit.

TIPS 2

S’il n’est pas possible d’avoir du silence complet sur votre lieu d’enregistrement (ce qui est très fréquent on ne va pas se mentir), enregistrez une séquence d’une minute à 2 minutes du bruit parasite sans parler pour pouvoir au montage le mettre en fond sonore à un niveau très bas en continu le bruit parasite afin qu’on l’oublie presque. Un faible bruit en continue plutôt qu’à intermittence qui surgit toutes les 5mns et moins perturbant pour l’audience.

TIPS 3

Aussi, je vous conseille si vous le pouvez au début de votre épisode/interview, de mentionner le cadre dans lequel vous enregistrez et faites votre interview, afin de ne pas surprendre l’auditeur en cours d’écoute. Par exemple si vous enregistrez dehors (période de confinement oblige) et qu’on entend des bruits de chantiers derrière alors que vous faites un sujet sur les espaces de coworking/cocooning, si vous mentionnez le contexte dans lequel vous enregistrez manque de moyen, (on fait avec les moyens du bords c’est normal) il n’yaura pas de mauvaise surprise pour l’auditeur qui est prévenu qu’il pourra y avoir quelques dissonances entre le bruit ambiant en arrière fond et votre propos. Ce qui améliore amplement l’écoute en amoindrissant la gêne…

2. Le rythme du montage : une grammaire sonore à améliorer

Maintenant que vous savez tout sur la prise de son, je vais continuer à vous embêter avec le montage sonore qui est dans la continuité de votre processus de réalisation. Une fois que vous avez vos rushs qui sont a priori assez propres car votre prise de son est optimum, 😉 vous pouvez passer au montage.

C’est ce que j’appelle la seconde phase d’écriture. Elle nécessite de construire des phrases, des séquences et donc d’avoir une grammaire. Comme l’a si bien dit un de mes enfants en atelier c’est comme dans toute phrase, « il faut une majuscule et un point ». Une émission quelque soit son format, c’est pareil : interview, fiction, documentaire… doit avoir un rythme, des temps de respirations, de pause et des éllipses pour que l’histoire ait du sens. Le minimum vital dans un podcast est bien connue : ce sont le générique d’intro et l’outro. Et entre les deux, j’ai souvent entendu des jingles ou des interludes sonores qui étaient mis un peu par ci par là au petit bonheur la chance…

TIPS 1

MIEUX VAUT NE RIEN METTRE plutôt que de placer des pauses ou des musiques n’importe où. Car si vous mettez de la musique en plein milieu d’une phrase qui n’est pas terminée, c’est très embêtant pour l’auditeur qui s’attend à avoir la fin de la phrase. Une musique ou un jingle servent de transition et non pas de cache misère pour masquer la longueur d’un dialogue soporifique. Si vous estimez que votre montage est trop long, raccourcissez quelques parties, mais ne mettez pas une pause juste pour mettre une pause.

TIPS 2

Si vous vous sentez d’utiliser des jingles ou de virgules sonores courtes (une à 15 secondes) soyez parcimonieux.se. Voyez la pause comme un moment de répit, de respiration (comme les virgules en grammaire) pour que l’auditeurice reprenne son souffle lorsque la tension était forte dans le récit. La musique sera comme un point en grammaire : une manière de redescendre en douceur et/ou d’intégrer ce qui vient d’être dit.

grammaire sonore le montage audio podcast dire-son
Savoir utiliser la grammaire sonore, le montage et le rythme rendent l’écoute et la narration plus fluide
TIPS 3

Sachez tout d’abord qu’entre différentes séquences, voix, musiques, il est PRIMORDIAL et c’est la base, de faire des fondues. C’est-à-dire d’enchaîner les morceaux de manière fluide et non pas de coller des morceaux mis bout à bout sans transition. Ce qui donnent une impression hachées à l’écoute et désagréable. Le fondu est votre outils de prédilection lorsque vous êtes monteuse ou monteur ou ce qu’on appelle les FADEIN. Il consiste à ce que le volume du début de votre piste augmente doucement jusqu’à son volume moyen et constant.Entendez-le comme une introduction. Le FADEOUT ou le fondu de sortie permet de baisser progressivement le volume aussi à la fin de votre séquence comme lorsqu’on termine une phrase, notre voix baisse. Il s’agit d’appliquer le fade quelques secondes sur votre séquence au début et à la fin, pour que le cerveau comprenne que l’on commence ou on termine un sujet. Pour se préparer à aborder d’autres sujets ou conclure. Selon votre logiciel de montage, il existe différentes méthode pour soit faire votre automation à la souris (baisser ou augmenter les décibels de votre pistes à la main) soit à l’aide d’un effet autoomatique (fondu).

Vous verrez, à force, vous arriverez à faire votre petite popote et à doser quand il faut ou quand il ne faut pas mettre de virgule. Votre narration ne pourra qu’être enrichie si vous maîtrisez ce vocabulaire et cette grammaire sonore. A présent nous allons aborder brièvement un des problèmes majeur de l’interview….

3. S’adresser seulement à l’invité.e

Maintenant que vous avez la technique, il ne manque plus que le fond. La passion et la volonté que vous avez de transmettre de l’information aux auditeurices est le coeur de votre motivation et je vous en félicite ! Néanmoins, il est nécessaire de savoir à qui vous vous adressez et comment vous devrez lui parler.

TIPS 1

L’interview n’est pas qu’une affaire d’interaction à deux, c’est un plan à trois qui comprend l’hôte, l’invité.e ET l’auditeurice. N’oubliez jamais cette dimension ! J’ai entendu bien souvent des podcasts d’interviews très intéressants, mais il manquait toujours quelque chose : l’intervieweur.se ne s’adressait qu’à leur invité.e.s en oubliant totalement de s’adresser à l’auditeurice. Dans certains podcasts marketing ou tech on peut se retrouvé confronté à ce problème. Moi qui voudrais améliorer mes compétences ou connaissances là-dedans, comment vais-je faire si les personnes que j’écoute n’emploient que du jargon que seuls les marketeux, développeurs ou les community managers comprendront ? Il n’y a rien de plus énervant que de se sentir exclu d’une discussion. Ce serait l’équivalent de parler frangliche à un saumon au beau milieu de la Lozère. Peut-être ne suis-je pas la cible de ces podcasts de « niche », mais c’est dommage ! Car j’aurais aimé en apprendre davantage sans avoir à mettre stop et googler toutes les 30 secondes les termes qui ne sont pas vulgarisés ou expliqués dans l’interview par l’hôte du podcast… De plus, on sent que l’hôte n’est pas dans le partage de l’information mais dans une logique de cumuler le savoir pour soi ou de performance. Et ça, c’est pas très podcast…

TIPS 2

Mettons que votre podcast est de niche et que seuls les initiés du cercle vous écoutent, pourquoi ne pas essayer de vous adresser à un public plus large et moins spécifique pour toucher plus d’auditeurices ? En faisant ce choix d’être trop pointu, vous vous priverez d’une grande partie de newbies et donnerez une image fermé de votre podcast. (déjà que le cercles des auditeurice de podcast est en soi une niche….). Vous l’avez deviné, après deux épisodes je me suis désabonnée de ce podcast qui pourtant aurait pu m’apporter des solutions intéressantes mais j’ai préféré en trouver un autre plus accessible. Ma technique à moi quand j’interviewe, c’est d’imaginer que je m’adresse aussi à ma grand-mèrequi m’écouterait de l’autre côté du poste et de rendre le discours intelligible et audible de tous. (car oui, ma mamie n’est pas fondue de tech, ni demarketing. Quoique ? )

technique animation interview à 3 dimension dire-son podcast

Réfléchissez donc bien à cela et dans le doute, soyez le plus généraliste possible car c’est par cette manière que vous arriverez à toucher du monde par votre message qui sera généreux. Le podcast est un univers de curieux qui ne cherchent qu’à apprendre. Or, il faut bien commencer par utiliser le même langage au départ avec vos auditeurices si vous voulez qu’ils entendent votre message et être sur la même longueur d’onde non ? (pas mal ma métaphore non?)

Moi qui suis un peu queer sur les bord, si je vous parle de « cis, ace à tendance pan non-binaire » je peux déjà imaginer le roulement d’yeux que vous allez me faire. Et si j’ai un.e grand.e réac’ en face de moi, il est possible que la personne zappe tout de suite à l’énonciation de ces termes qu’ils vont juger « barbares » juste parce qu’ils ne les ont pas compris et que personne n’a pris le temps de leur expliquer qu’est-ce qu’ils voulaient dire. En revanche, si vous avez en face de vous quelqu’un qui est réac mais ouvert (ça peut exister franchement) et qui vous écoute, en tant que podcasteur.se, vous devez redéfinir les termes pour lui/elle. S’il est à l’écoute de votre épisode, c’est parce qu’il est attiré par vos sujets mais peut-être pas encore familiarisé à cela. Comme il vous accorde de son temps et de son attention précieuse, il faudra que vous lui explicitiez tous ces acronymes et ces jargons pour l’inviter progressivement à s’immerger dans votre univers avec ses codes et son langage… C’est donnant donnant !

N’oubliez donc pas, l’animateur ou animatrice du podcast est un.e médiateur.ice qui a le DEVOIR de vulgariser ce que l’invité expert ou autre ne peut faire… Car de 1 ce n’est pas son job, et de 2 il a peut-être suffisamment le trac comme ça pour penser à VOS auditeurices. Attention, il ne s’agit pas de faire une parenthèse de 15 mns à chaque fois qu’un mot complexe sort. Il suffit juste de reformuler en deux phrases ou de demander à votre invité.e de le définir et dans quel cadre il/elle l’utilise pour ne pas perdre votre auditeurice en cours de route ! Chouchoutez-les autant que vos invité.es.

Et maintenant vous avez toutes les clefs en main pour améliorer votre contenu, il ne vous manque plus qu’à être vous-même ! 😉

Si vous souhaitez en savoir plus sur les techniques d’interview et d’animation ou comment poser sa voix, faire du montage rapidement, n’hésitez pas à m’écrire à la page contact. Je ne manquerai pas de vous répondre. Et surtout, n’oubliez pas que ce qui vient d’être dit ne sont que des conseils et qu’il ne faut pas tout suivre à la lettre. Moi-même j’ai parfois du mal à appliquer ces conseils faute de temps, de moyens ou d’attention. Alors, faites juste du mieux que vous pouvez.

A très vite j’espère et bonne pratique !

Malika

5 novembre 2020 : journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire

Pour dire-son, pas mal de choses se profilent à la première semaine de novembre. En effet, je sors de ma zone d’enregistrement habituelle pour aller à Bourgoin-Jallieu recueillir le témoignage de Timothé et je prend mon ticket de train direction région parisienne au lycée Galilée de Gennevillier dans le 92, pour faire écouter Bullied, le podcast sur le harcèlement scolaire qui fait bouger les marges.

Bullied avec Timothé Nadim : un épisode spécial lutte

Timothé petites lunettes rondes, cheveux mi-long et pull de noël m’accueille chez lui à Bourgoin Jallieu pour enregistrer Bullied. Ce n’est pas sans joie que je renontre souriant et généreux, l’invité de ce chapitre spécial. Timothé Nadim est un drôle d’oiseau et le génial créateur d’un futur réseau social qui aidera les élèves subissant du harcèlement à l’école à rencontrer d’autres personnes victimes de harcèlement scolaire pour les sortir de l’isolement. Il est primordial selon lui d’agir sur cela pour libérer la parole, pouvoir discuter avec des pairs mais aussi des professionnels qui pourront accompagner des jeunes en souffrance.

timothé nadim harcelement scolaire podcast
Timothé fait partie des 100 personnalités en 2020 que Brut a voulu mettre en avant pour changer le monde

Si ce fléau du harcèlement scolaire touche un élève sur dix, ce n’est pas pour rien que Timothé en a fait son combat. C’est presque la raison de vivre de cet homme de 23 ans qui veut absolument faire tout son possible pour que d’autres gamins n’endurent plus ce qu’il a vécu. Lui, comme de nombreux ados ou même enfants, a voulu mettre fin à ses jours du fait des violences quotidiennes qu’on lui infligeait au collège. Il parle de la solitude et des amitiés qu’il a vécu et nous partage à demi-mots son expérience difficile à avouer encore aujourd’hui.. Des parents étant très peu enclin à prendre au sérieux ce qu’il vivait à l’époque, il retrouve aujourd’hui une vie plus apaisée.

Retrouve l’épisode et toutes les applis mobiles, Spotify et deezer à partir du 6 novembre.

Dire-son sensibilise avec Laissez parler les gens

Il y a quelques temps j’ai rencontré l’association « Laissez parler les gens ». Un beau projet porté par Yann Elliam et Gaëlle Akhanny qui interviennent en milieu scolaire à travers la vidéo principalement, pour donner la parole aux lycéen.ne.s sur des sujets tels que la stigmatisation des banlieues, le racisme ordinaire, l’homophobie, le sexisme. Ils ont d’ailleurs remporté le concours « Non au harcèlement » du meilleur film Lycée de l’académie de Versailles et finalistes au niveau national en 2020 !!!

prix concours non au harcèlement scolaire

Ce fut un véritable coup de cœur réciproque et nous avons décidé de mener des actions ensemble par le futur. C’est ainsi que notre première collaboration s’est faite symbolique pendant la semaine de lutte contre le harcèlement scolaire le 5 novembre au lycée Galilée à Gennevilliers (92). Pour sensibiliser les élèves aux discriminations et aux violences qui en découlent, une soixantaine d’ambassadrices et ambassadeurs contre le harcèlement scolaire nous ont fait l’honneur de témoigner, écrire des mots de soutien aux victimes pour les encourager à parler, à ne pas se renfermer, d’autres se sont excusés au micro de Bullied pour leur comportements passés.

Ainsi, lors de cette journée très spéciale, on pouvait lire sur les portes, poteaux, murs et vitre de l’établissement des nombreux messages dédiés à la cause. A ne pas oublier le numéro vert 3020 qui est un numéro à appeler en cas de harcèlement scolaire pour pouvoir vider son sac et être écouté de manière anonyme.

De nombreuses jeunes femmes et jeunes hommes m’ont touché. Ils étaient très intéressés et avaient envie d’agir pour que les moqueries cessent à l’école et au collège, là où la différence est bien plus souvent pointée du doigt.

écoute bullied au lycée galilée à genevillier avec dire-son
Stand d’écoute du podcast Bullied au lycée Galilée

J’ai ressenti beaucoup de solidarité et de bienveillance au sein de ces lycéens curieux et généreux. Qui a dit que les nouvelles générations étaient individualistes ?

J’ai vraiment confiance à présent en ces jeunes qui veulent faire changer les mentalités pour plus de tolérance envers les personnes lgbt+, pour un environnement plus respectueux envers la faune et la flore. J’ai pu détecté une réelle prise de conscience du bullying du moins chez les suiveurs et suiveuses qui n’avaient pas vraiment compris l’ampleur de leur comportement nocif auprès des personnes dénigrées.

Cette journée et cette semaine ont été pleine de richesse sur le plan moral en ces temps de covid19. Merci beaucoup à Yann et Gaëlle mais aussi au personnel du lycée et notamment Tiphaine Durand qui a mobilisé tant de jeunes autour de cette cause.

Si tu souhaites faire connaître le podcast Bullied pour un monde un tout petit peu plus meilleur, abonne-toi à la chaîne youtube dire-son (eh oui on a un youtube maintenant) et mets 5 étoile sur Itunes/Apple podcast pour aider à remonter le référencement de Bullied et pourquoi pas nous partager ton avis ou ton expérience là-dessus? Merci pour ton attention en tout cas, c’est très précieux !

Le podcast est-il de droite ?

trump podcast droite
US President Donald Trump during a joint press conference with Japanese Prime Minister Shinzo Abe at Akasaka Palace in Tokyo
6 novembre 2017. AFP PHOTO / Jim WATSON

A quelques mois des élections présidentielles US et française, des batailles sans merci entre futur.e.s candidat.e.s qui se tirent dans les pattes, j’ai été inspirée pour faire ma petite liste avec des cases… Si vous aussi vous vous êtes déjà demandé si les brunchs, les doc martens ou la musique électro étaient des trucs de gauche ou de droite et que vous dévorez les podcasts, cet article est pour vous. Toujours à l’affût des tendances et des pratiques d’écoutes, j’ai cherché à savoir si le podcast avait la fibre sociale ou plutôt entrepreunariale… N’hésitez pas à laissez votre commentaire pour plus de débat et de rigolade car bien sûr, cette liste n’est pas vraiment exhaustive ni bien objective… Elle palpe juste les tendances actuelles.

« Pas facile, gagner l’argent français : bosser bosser »

Monétisation du podcast

Si l’on se fie aux provenances géographiques du podcast, il serait aisé de dire que notre cher et tendre podcast est ultra-libéral. Comment dire… Le pays d’ObamaTrump ayant une bonne dizaine d’années d’avance sur l’Europe en matière de podcast, on peut carrément qualifier leur (éco)système de « marché ». Un lieu où se monétisent les formats devenus des marchandises, où les espaces publicitaires sont les bienvenus pour vendre un déodorant, un soda ou une paire de sous-vêtement en pré-roll, mid-roll ou post-roll.

Nous étions trop occupés à analyser les images projetées sur le mur pour remarquer que le mur même avait été vendu.

Naomie Klein dans « No Logo »

Selon des études Nielsen, (fournit des études et des informations sur le marché des produits culturels et médias) le podcast faciliterait la mémorisation de marque appelé « Brand recall » 4,4 fois plus que tout autre format numérique. Et c’est un argument de vente qui a fait explosé le chiffre des annonceurs sur le podcast, engendrant un chiffre d’affaire global de 220 000 millions de dollars en 2016 (Source IAB PODCAST, PWC).

Ce qui n’est pas tombé dans l’oreillle d’un sourd pour les plateformes d’hébergeurs de podcasts tels qu’Ausha, ayant rajouté un service monétisation de podcast, Acast proposant des partenariats avec de nombreux annonceurs sur leur site, ou encore Podcastics donnant accès à un programme d’affiliation à 15% de commission pour les nouveaux abonnés/podcasteurs/consommateurs.

Entreprendre sa vie comme son travail : l’attitude pro-active

Quand on regarde de plus près les classements des meilleurs podcasts sur les plateformes tels qu’ -au hasard- Apple podcast, on voit souvent un engouement pour les talks de type « coaching », « entreprenariat », « parentalité ». Il y a un profond intérêt pour apprendre à rentabiliser sa productivité, gérer son agenda à la maison et au travail vu que ces deux sphères tendent à fusionner.. Les bouleversements que connaissent actuellement le monde du télé-travail avec les outils numériques et l’institution familiale complètement éclatée (bonjour les manifs pour tous 😉 ) laissent l’individu seul face à lui-même devant de multiples choix. Il doit apprendre à porter plusieurs casquettes et à conduire sa vie tel un business qui doit fonctionner : faire rentrer de l’argent dans le compte, produire de l’amour en étant un.e époux.se aimant.e, rester attrayant.e et indépendant.e tout en étant un parent attentionné, maintenir le contact avec les amis pour créer du lien avec le monde extérieur… La course à la perfection et au rendement s’est immiscé dans la vie intime et contribuent au fait que les podcasts d’épanouissement et de développement personnels attirent et vont de pair avec les podcasts d’entrepreneurs, dont les valeurs individuelles et de méritocratie sont fortes.

Ce qui marche en ce moment, ce sont les shows du type confidence sur « comment j’ai réussi ou j’ai échoué ». A écouter d’ailleurs les excellentes interviews de La leçon, un feel good lorsque la journaliste interroge des stars sur leur « moments de solitudes », lesquels partagent leur plus gros bides avec l’auditeurices. Eh oui, tout le monde a ses faiblesses et c’est humain ! Le storytelling des temps modernes ou l’art de raconter est aujourd’hui orienté vers la fable de l’entreprise parti de rien, dont les galères sont similaires aux vôtres et qui, à force de persévérance et d’abnégation, ont trouvé leur happy end. Par conséquent, il n’est pas étonnant que derrière la plupart des podcasts business se cachent des entreprises voulant vous vendre du coaching pro, du marketing ou de la formation… Le conte de fée du XIe siècle 2.0 ce n’est plus le prince charmant mais Steve Job ! War business, Growth Makers, le Gratin ou Generation Do It Yourself… Ces podcasts se déclinent aussi au féminin pour les mompreneures ou sous l’angle du créatif.ve, l’insight de l‘intrapreneur ou la touche digital nomad : les personas et les sous catégories sont multiples…

« The RV Entrepreneur Podcast »
A podcast about business, RV life & travel for nomadics entrepreneurs

« Mais le travail, ça n’est pas une valeur de droite ! » me direz-vous. Vous avez totalement raison : le fameux « travail, famille, patrie » aurait pu correspondre à la devise de l’URSS de Staline. Mais le travail vu par le néolibéralisme est un moyen d’épanouissement personnel contrairement à la conception du travail collectif, de l’effort commun dans le communisme pour ne pas être manichéen non… C’est en fait la révolution numérique qui a chamboulé cette vision du labeur ensemble, maintenant qu’internet nous permet de travailler seul tout en voyageant ou en restant dans son lit à travers un écran…

La tech et le digital marketing

Internet a tout révolutionné. Il est d’ailleurs l’ADN du podcast NATIF qui, comme son nom l’indique est né sur le web. « Le médium, c’est le message » comme le disait Mc Luhan. Quoi de plus normal donc de développer du contenu en rapport avec le web et la tech qui ne cessent d’évoluer au fil des jours voire même des heures ? Et les sujets sont infinis puisqu’il existe des milliers de sous-thématiques à exploiter et à approfondir dans le domaine, s’adressant autant à du grand public noob qu’aux hackers aux connaissances ultrapointues. Le studio 404 et le rdv tech ont été les pionniers du style dans le podcast, regroupant globalement des émissions à propos des technologies derniers cri, du gaming ou de la culture geek. Mais les NTIC évoluant à une vitesse grand V, les sujets de niches dans la niche se développent rapidement comme la cybersécurité, les data sciences, la cryptomonnaie, les objets connectés ou bien l’intelligence artificielle… Ainsi on voit apparaître de nouveaux passionnés sur anti-brouillard de Fabien Roque décryptant les nouvelles tendances ou des fervents défenseurs du logiciel libre avec l’engagé Libre à vous.

Et que dire avec le déploiement de la 5G généralisée ? On peut s’attendre à de plus en plus de concurrences commerciales et financières entre les grandes entreprises déjà dans le game et voir émerger de nouvelles startup innovantes. On peut s’attendre à une société de plus en plus contrôlées par la surveillance via l’utilisation des données personnelles et une uberisation galopante… Mais on peut aussi voir le bon côté des choses et se dire que la technologie a été inventé pour alléger l’humain de ses lourdes tâches. Internet est un moyen de partages de connaissances et d’autonomisation des citoyen.ne.s avec les mouvements proches de la civic tech. Et comme beaucoup le disent, ce sont les réseaux sociaux qui ont permis le printemps arabe après tout !

Le podcast « high tech » est toujours pris entre ces deux eaux où d’une part, les grandes marques guettent les influenceurs pour en faire des homme-sandwich et d’autre part, se multiplient les initiatives alternatives faisant contrepoids à des institutions sociales trop rigides et des structures monopolistiques. Le web et ses contenus digitaux offrent des espaces refuge de dialogues qui réunit des communautés d’intérêts ayant des visions différentes de celles déjà en place…

Un podcast à soi et un espace pour créer du commun

En fait, malgré toutes ces petites choses de droite, je me dis que le podcast est résolument le lieu du féminisme intersectionnel. Le podcast Kiffe ta race qui traite du racisme ordinaire et systémique en France n’a jamais eu autant de succès après le meurtre de Georges Floyd qui a secoué le monde post confinement. Car les auditeurices avaient besoin de comprendre quels étaient les mécanismes du racisme en saisissant le poids des préjugés porté sur les personnes racisées et celui de l’héritage coloniale qu’ils et elles avaient intégré… Les débats sur le privilège blanc (NDA lire l’article sur le podcast Extimité) ont fait éclore de petites pensées qui font leur chemin… On retrouve dans les podcasts un certain registre post-metoo et des mouvements comme blacktranslivesmatter qui traduisent des préoccupations à la croisée des luttes intersectionnelles pour le droit des personnes trans, des travailleur.se.s du sexe, des femmes, des personnes neuroatypiques, racisées, asexuelles… En effet, la convergence des luttes sociales n’a jamais été aussi forte. En témoigne le célèbre La Poudre de Lauren Bastide qui met en avant dans sa nouvelle saison, non seulement les femmes (et plus seulement cisgenres), mais aussi les penseuses et militantes antiracistes à présent.

« Un Podcast à soi » aborde les questions de genre, de féminismes, d’égalité entre les femmes et les hommes. Un podcast de Charlotte Bienaimé pour ARTE Radio.

En fin de compte, vous le savez bien, il est bien inutile de chercher si notre podcast est réac’ ou progressiste. Tout comme il est vain de dessiner les contours de la gauche et de la droite dans cette confusion des genres politiques actuellement… La télévision perçue comme conservatrice, ne s’adapte-t-elle pas finalement à ses téléspectateurs d’un certain âge ? Proche de 53 ans (je vous le rappelle ceci est une moyenne en 2018). La radio FM elle, accueille aussi bien du BFM Business que du France Culture et diffuse aussi bien des « Grosses têtes » que du « Arté Radio »… Pourrions-nous mesurer pour autant si ce vieux dinosaure est réac’ quand Skyrock continue d’attirer des milliers de jeunes entre 21h et 23h ? Alors l’important n’est pas tant le média, mais plutôt les acteur.rice.s qui s’en emparent. Et il y a de fortes chances pour que le podcast natif, comme il est parti, soit le média de l’inclusion, de la jeunesse et des revendications sociales au vu des auditeurices et podcasteur.se.s indé qui construisent cet immense écosystème en devenir…

A nous de voir !

Des radios associatives pour podcasteur.se.s indés…

community radio
Community radio ou radio associative

Vous ici?

Je ne m’attendais pas à vous voir si tôt ! Dire-son, connu pour sa technologie de pointe et son esprit start-uper vous accueille aujourd’hui grâce à votre lien – de près ou de loin – au podcast ! Peut-être êtes-vous un internaute accro aux réseaux qui s’est perdu par ici, ou bien une marque désireuse de lancer son podcast (si c’est le cas, allez tout de suite à la page « contact » pour me parler du podcast de vos rêves…), ou sans doute êtes-vous un auditeur ou podcasteur indépendant naviguant solo tel un loup de mer ?

Ma boule de crystal y voit clair dans votre petit jeu…

Vous êtes en fait une radio associative 68-tarde, qui souhaite comprendre « qu’est-ce que c’est que ce bordel et cette mode qui tourne autour des podcasts » qui vient bousiller tout votre travail depuis quelques années. Ce format qui amène de la pub, du fric et de manière général appauvrit la qualité sonore…

A parier que vous êtes sûrement un peu des deux bords, si j’ai bien fait ma mailing list… Parce qu’en réalité, le monde de la radio ne s’oppose pas totalement à celui du podcast. Ils sont même très proches et c’est pour cela que je vous écris ici. Je vous sens réticent face à ce paragraphe introductif un peu fantasque, mais ne vous inquiétez pas, je ne cherche pas tant à vous convaincre, mais plutôt à comprendre pourquoi ces deux univers sont peu relié et comment construire des passerelles entre eux.

Radio assos : des studios gratuits à gogo !

Pourquoi, alors qu’il existe en France plus de 650 radios associatives en France dont 260 au CNRA (confédération nationale des radios associatives) et des milliers de podcasteuses et podcasteurs, rares sont ceux qui fréquentent les studios de ces radios à but non lucratif ?

La radio associative est la meilleure école qui soit pour apprendre à animer et à faire du montage audio. Elle aiguise l’esprit et les oreilles et tout ça de manière gratuite. Le principe de ces radios étant de donner le micro à tous, voire à n’importe qui souhaitant s’exprimer sur un sujet de manière intéressante et passionnée en échange de contenus fournis par ses bénévoles et une petite adhésion symbolique pour payer les frais de fonctionnement. (entretien du matériel, des locaux, paye des salariés s’il y en a, SACEM…).

Les valeurs portées par ces radios sont la communication de proximité mais aussi une alternative aux informations dites classiques : faire appel à la participation des bénévoles, implication citoyenne en terme de d’information, d’éducation aux médias et traiter des sujets ou l’actualité sous un angle qui n’est pas souvent montré dans les grandes chaînes d’informations en donnant la parole à ceux qui sont peu médiatisés par exemple… Et si la politique ne vous dit pas non plus, sachez que vous pouvez aussi traiter de tous les sujets : cinéma, littérature, musique bien sûr, pourvu que la manière dont vous amenez vos sujets soient différente (soit dans la sélection des oeuvres ou dans votre animation tout simplement).

studio radio

N’ayez crainte des vieux hippies têtus issues des radios pirates que vous pourrez rencontrer dans ces radios, ils peuvent ressembler à des dinosaures en apparence, mais ils vous mettront bien plus à l’amende sur les questions techniques, les blind-test et tout le reste en réalité…

Animez en direct : une expérience collective enrichissante !!!

Le must de tout animateur.rice c’est de vulgariser, de s’adresser à un public qui l’écoute en direct dans un même espace temps ! Je ne le répéterai jamais assez : il n’y a rien de tel pour s’améliorer que d’animer une émission en direct. Car on connaît tous les coups de gomme et de censure au montage, qui a tendance à effacer les « euh », les « d’accord » et les silences avant de relancer l’invité. Ils sont pratiques mais ils enlèvent toute spontanéité et mettent une distance entre l’auditeur et le journaliste, mais aussi entre l’invité et le journaliste parfois… Ce procédé de montage nous ayant sauvé la vie plus d’une fois, pourrait presque nous faire passer pour une Oprah Winfrey alors qu’en vrai, nous avons le charisme d’une huître… Et c’est pour cette raison qu’il faut l’éviter le plus souvent possible pour ce qui concerne les interviews.

La radio associative vous offre l’opportunité d’être cette personne qui anime avec sa pâte et sa personnalité. Elle permet aussi de pratiquer et de faire des erreurs sans que se soit la fin du monde. En mettant à disposition un studio et un.e technicien.ne (si c’est le grand luxe) pour que vous soyez tranquille et que vous n’ayez qu’à vous focaliser sur votre animation et votre contenu, l’expérience d’animation est plus vivante et collective ! « Elle est pô belle la vie? » comme dirait l’autre ? Ah non pardon, j’oubliais, les radios A comme on dit dans le jargon, ne sont pas très friande des pages publicitaires car elles se finance par diverses sources de revenues telles que les formations, les subventions, les adhésions bénévoles…

Quant aux podcasteurs indépendants, ils agissent plutôt en solo : ils enregistrent souvent avec leur petit zoom (roh encore une marque) et montent ensuite sur des logiciels libres pendant des heures… Au détriment du partage et de retours qui pourraient faire gagner beaucoup de temps. Sachez que mieux vous préparerez votre émission en amont dans des conditions de direct, moins vous aurez de travail de montage à faire par la suite !

Alors de grâce, courrez vite chez votre radio locale associative la plus proche pour apprendre de ceux qui savent et qui ont de l’expérience. Gagnez du temps et offrez de la visibilité à ces radios qui souffrent des baisses de subventions en ces temps difficiles et qui par la même occasion, met à mal la liberté d’expression, la diversité et la découverte musicale. Ce sont ces petites radios qui résistent encore aux grands médias majeurs et offrent d’autres perspectives que ce que certaines radios commerciales et privées nous servent.

Et surtout, tendez l’oreille vers l’autre

On pourrait croire que dans un monde où tout est de plus en plus binaire, la radio fm analogique se distingue drastiquement du podcast natif sur internet. Et pourtant… Ils ne sont pas si différents que ça : lorsqu’on voit que les différents festivals ou événements en rapport à la création sonore invitaient podcasteurices et animateurices tout confondus pour les éditions 2019-20. N’oublions pas qu’il s’agit d’audio tout d’abord et le médium n’est pas une fin en soi mais un moyen : celui de partager des histoires touchantes et intimes qui soient universelles bien que singulières. La radio s’intéresse aux passionnées : geek ou beaufs, peu importe leur style. Et le podcast s’attache à informer en faisant prendre conscience de sujets sociétaux autrement : écologie, antifacisme, numérique, éthique… Ce sont deux choses que je retrouve dans ces formats qui sont au final complémentaires, voire même similaires…

salon radio et audio digital 2020
Le salon de la radio devient « salon de la radio et de l’audio digital », édition 2020

Alors de grâce, radios associatives, s’il vous plaît, n’ayez crainte de la déferlante podcasts natifs. Pourquoi n’allez-vous pas chercher ces potentiels animateurs bénévoles pour les rallier à votre team ? Non seulement cela pourrait, comme je l’ai dis plus haut, diversifier vos revenus mais en plus, vous amener plus d’écoutes ou de trafic sur votre site et faire parler de vous… Pourquoi ne pas louer si besoin de manière ponctuelle vos studios pour les non-adhérents ? La transition vers la radio numérique terrestre est imminente, le MP3 a conquis le terrain depuis des années avec les toutes puissantes plateformes de streaming jouant à la place de la radio. Pourquoi ne pas sauter les pieds joints dans cette énième transition avec les podcasteurice.s et entamer cette mutation numérique en éduquant, sensibilisant à la qualité audio, au travail artisanal et de fourmi, en transmettant à des gens qui ne demandent qu’à apprendre et vous connaître ? Si seulement ils étaient au courant de votre existence… Pourquoi ne pas accompagner ces nouveaux acteurs et ne pas s’adapter aux nouvelles pratiques d’écoutes que sont la radio sur internet, les applis podcasts à toute heure et les programmes à la carte ?

Un grand travail de communication doit se faire car ce n’est pas parce que nous sommes des radios au service des autres, que nous ne devons pas faire l’auto-promo de notre travail… Car si nous ne communiquons pas, qui nous écoutera encore?

Sur ces belles paroles, je retourne au montage de l’émission, euh non, du podcast. Enfin… vous avez compris quoi !!

😉

Tuto pour podcaster : apprendre en écoutant

Lancé depuis 2018, La saison 2 des Coulisses du podcast sort déjà en 2020

Les auditeurs téléchargent environ 17 podcasts chaque mois en France. Pas étonnant si de nombreux bingelisteners veulent se transformer à leur tour en créateurs de contenus et passent derrière le micro. Alors, pourquoi pas toi jeune padawan ? C’est le timing parfait pour te consacrer à ta passion et la transmettre via une émission ! De plus en plus de documentation et de tuto existent pour t’aider à débuter.

Parmi eux, les Coulisses du podcast est une mine d’or, car elle te fera gagner du temps en évitant les écueils de tout débutant qui se respecte… Anastasia De Santis ex-consultante digitale et Mélanie Hong anciennement avocate, sont les animatrices de ce podcast. Elles ont toutes les deux plaqué leur job confortable pour mener la vie de podcasteuse.

Hôtesses respectivement de « De Vraies vie » et « Melting pot« , elles ont lancé en parallèle « Les Coulisses » – dont la saison 2 vient de sortir – pour permettre à d’autres d’avancer à partir de zéro. C’est l‘envie de partager qui les a poussé à faire ce projet, qui initialement était le blog de Mélanie relatant ses avancées dans le monde du podcast. Et c’est grâce aux échanges informels et retours d’expérience qu’elles ont eu avec Anastasia que le blog est devenu podcast audio… Pourquoi ne pas faire bénéficier à d’autres le fruit de leur démarches ? Idées, doutes, conseils pour ceux qui voudraient débuter sous forme interactive. Pourquoi pas y ajouter en plus, les conseils d’autres podcasteurs/euses de renoms comme Matthieu Stefani (Génération DIY) ou Pénélope Boeuf (la toile sur écoute) ?

J’ai voulu les interroger sur les tendances podcasts, leurs inspirations et les tutos en général…

Lorsque nous avons décidé de le créer, nous sommes parties du principe qu’on voudrait faire un podcast que nous aurions aimé écouter. On voulait que ça soit simple, accessible à tout le monde, que ça reste convivial tout en apprenant quelque chose… Le format tuto nous a paru le plus adapté…

Anastasia De Santis

INTERVIEW

Dans l’univers du podcast très hétérogène, on a souvent le syndrome de l’imposteur et surtout quand on est une femme. Pourriez-vous donner deux trois tips sur vos expériences personelles de podcasteuses pour surmonter ce sentiment si vous l’avez déjà ressenti ?

Anastasia : Évidemment qu’on l’a ressenti ! C’est plus ou moins présent selon les personnes et les sujets. On en parle d’ailleurs dans notre premier épisode des Coulisses. On entend souvent que les podcasteurs ou podcasteuses connus sont journalistes… même si c’est moins vrai aujourd’hui, ça reste plutôt juste. Donc en partant de là, on peut se demander, pourquoi moi qui n’y connait rien en technique ou en journalisme, j’oserais me lancer ? Eh bien, justement, la réponse pour dépasser sa peur, OSER SE LANCER. Parce qu’il n’y a rien à perdre à part un peu de temps, et qu’au contraire, il y a toujours à gagner : des rencontres merveilleuses, des opportunités qui s’ouvrent, des retours d’auditeurs… 

Mélanie : C’est vrai que le syndrome de l’imposteur : « qui suis-je, moi, pour faire ça » est très présent, dès lors que c’est souvent un média qu’on lance en autodidacte, car il est facile d’accès : un smartphone, une application d’enregistrement et ça peut être lancé ! Il y a non seulement la technique (matériel, montage), mais aussi les compétences orales, relationnelles (si on fait des interviews) ou l’expertise (si on choisit un sujet dont on n’est pas « expert »). Pour moi, la meilleure façon de surmonter le syndrome de l’imposteur, quel que soit le projet, est de se dire qu’à partir du moment où le sujet nous intéresse, on a le droit d’en parler. Que ce n’est pas parce qu’on en parle qu’on se prétend expert ou meilleur que qui que ce soit. On peut être débutant et aborder un sujet, ça peut tout aussi être intéressant d’avoir le point de vue de personnes qui débutent, comme nous lorsqu’on a commencé Coulisses !

Anastasia de Santis et Mélanie Hong crédit @Anastasia de Santis

Il y a une tendance aux tutos dans le podcast qui aident à entreprendre, à faire du sport et à mieux vivre en général. Est-ce que vous en écoutez ? Si oui lesquels ?

Anastasia : Le problème quand tu créé des podcasts, c’est que tu as de moins en moins le temps d’en écouter (surtout que tu passes de salariée à entrepreneure, avec moins de temps de transport par exemple). Pour ma part, j’écoute des podcasts de développement personnel orientés entrepreunariat comme “Jpeux pas j’ai business” ou “Être soi” de Kinoko ou bien “Courageuses”, un podcast sur l’hypersensibilité mais je suis une fan de “2H de perdues” aussi… j’aime les podcasts pour décompresser ! 

Mélanie : J’écoute énormément de podcasts et effectivement, beaucoup pour « apprendre » mais pas forcément sous format « tuto ». Ce sont plutôt des podcasts d’interviews pour découvrir ou approfondir des sujets qui m’intéressent pour lesquels je n’ai pas forcément le temps (ou le courage) de lire (« Vlan! », « Wake up conversations« , « Supplément d’âme« ) ou pour apprendre grâce aux expériences ou témoignages de vie (« La Leçon« , « Regard« , « Balance ta peur« ). Le seul « tuto » que j’écoute est « Femme ambitieuse » de Jenny Chammas, qui donne des conseils aux femmes qui souhaitent conjuguer vie personnelle et vie professionnelle en étant « ambitieuse ». 🙂  Le podcast, c’est chronophage mais c’est une vraie passion !

A votre avis, pourquoi le podcast est un bon médium pour accompagner les gens à construire, s’améliorer et apprendre ?

Anastasia : Le podcast c’est intime… tu es dans les oreilles de ceux qui t’écoutent et tout est basé sur la voix… et puis c’est un médium libre, il y a beaucoup moins de barrières à l’entrée que pour faire une chronique à la radio, à la télé ou même une vidéo YouTube.

Mélanie : Je crois qu’il permet de faire du développement personnel sans avoir à y consacrer un moment supplémentaire dans son emploi du temps. Aujourd’hui, on a souvent peu de temps pour l’apprentissage : les journées sont courtes, le temps passe vite ; Alors les priorités c’est travail, famille, amis, loisirs, tâches ménagères. Et pour lire ou apprendre à travers un livre ou une vidéo, il faut se poser et consacrer un temps spécifique. Or, le podcast peut être écouté en faisant autre chose. En écoutant un podcast d’apprentissage, ça « rentabilise » un temps qui était déjà dédié à une tâche qu’on aurait faite dans tous les cas (ménage, transport, sport).

Le podcast permet aux personnes moins visibles et représentées dans d’autres médias de prendre la parole (femmes, personnes racisées et autres minorités) et d’aborder des sujets parfois tabou.

Sur Youtube, les tutos favoris des français sont la beauté, le bricolage et la musique. Avez-vous remarqué une tendance similaire dans l’audio ?

Les domaines les plus « tendances » sont différentes de celles de Youtube de par la différence de format. Par exemple, les thèmes de la mode et de la beauté sont rares, ce qui peut facilement s’expliquer par l’absence d’image. Si on exclut les émissions de radio en replay et qu’on s’intéresse aux podcasts dits natifs, les domaines les plus représentés sont, à notre connaissance : l’entrepreneuriat, le développement personnel, le féminisme. Le podcast permet aux personnes moins visibles et représentées dans d’autres médias de prendre la parole (femmes, personnes racisées et autres minorités) et d’aborder des sujets parfois tabou.

Le coaching, les tutos et les talks sont des outils intéressants pour orienter, conseiller les auditeurs sur un sujet

Le podcast, rançon du succès, devient de plus en plus compétitif. Quels sont vos principaux conseils pour développer ses écoutes sur un podcast ?

La première chose à faire pour faire connaitre son podcast, c’est d’en parler le plus possible ! Ça peut paraitre simple, mais le bouche-à-oreille fonctionne assez bien et c’est surtout un des meilleurs moyens de découvrabilité des podcasts. Dans le même temps, demander à ceux et celles qui vous écoutent de vous recommander… ils.elles sont les meilleurs ambassadeur.rice.s ! Ensuite, c’est la communication : sur les réseaux sociaux premièrement, et aussi auprès des journalistes pour gagner en visibilité mais surtout en crédibilité. Dernièrement, un des moyens de développer ses écoutes est la « cross promotion« , soit faire la promotion dans un podcast dont le sujet est similaire, car les auditeurs seront plus à même de s’y intéresser. (plus de détails dans les épisodes dédiés à la promotion de son podcast épisodes 7 et 8 )

Avez-vous des recommandations de podcasts en ce moment ?

AnastasiaVénus s’épilait-elle la chatte ? Un podcast qui déconstruit l’histoire de l’art occidentale d’un point de vue féministe et inclusif… On se rend compte que le patriarcat n’a épargné aucun secteur… Sans blanc de rien. C’est un podcast belge qui parle de la déconstruction de ses propres biais et préjugés en tant que femme blanche ! 

Mélanie : Mija, de Studio Ochenta créé par Lory Martinez : un podcast de fiction qui raconte l’histoire sur plusieurs générations d’une famille qui a immigré de Colombie à New York à travers 8 épisodes de 10 minutes, chacun dédié à un personnage de la famille. C’est touchant, ça me parle en tant que fille d’immigrée mais je pense que ça peut toucher beaucoup de monde car on s’attache aux personnages et à leur histoire. La matrescence, de Clémentine Sarlat : un podcast sur la maternité, et en particulier sur le concept de Matrescence (l’adolescence de la maternité). Travail soigné, de Stereolab créé par Hervé Hauboldt : un podcast qui met en valeur une personne et son métier, qu’elle soit ébéniste, ingénieure ou architecte. La réalisation est très soignée, et on apprend beaucoup de choses de ces personnes passionnées de leur métier.

Quelles émissions tuto aimeriez-vous voir apparaître qui n’existent pas encore ?

Anastasia : Moi ce que j’adorerais voir, c’est un podcast pour les femmes de + 50 ans : les aider à s’assumer, oser, prendre confiance en leur capacité… Le podcast est plus diversifié que d’autres média mais je trouve qu’on ne voit pas assez de femmes de cette tranche d’âge ! Mais pas forcément sous format tuto.

Mélanie : En format tuto, pourquoi pas un podcast qui enseignerait comment écrire un livre ? Le storytelling, la narration, le style. L’écriture m’intéresse. Il pourrait y avoir des formats trucs et astuces et un format interviews d’auteurs, un peu comme nos formats dans la saison 2 de Coulisses haha. Ou alors, comme je suis une jeune maman, un podcast sur la maternité / l’éducation mais en format « tutos » avec des épisodes courts sur des sujets très précis (la diversification alimentaire, l’éveil pour chaque âge, le langage des signes pour les bébés, etc). Mais peut-être que ça existe déjà, je ne sais pas je n’ai pas vraiment fouillé ! 

Merci beaucoup !

Avec plus de 2000 écoutes par épisode, on peut dire que Les coulisses du podcast est un tutoriel qui a trouvé son public de niche ! Avec une audience très engagée et fidèle, les retours sont plus que positifs puisqu’elle ont réussis à faire pousser des graines de podcasteurs qui ont pu concrétisés leur idée de podcast qui ronflait. D’ailleurs, moults auditeurs ont choisi de se faire accompagner au-delà du virtuel en s’inscrivant à leurs ateliers dans la vie réelle. Attirés par leur sensibilité et leur intérêt pour les questions de minorités, elles ont aussi réussi à décomplexer grâce à une démarche de populariser le podcast : ouvert à tous et pour tous, où il y a de la place pour tout le monde. Si ça te démange toi aussi, Anastasia (www.podstories.fr) et Mélanie (www.bonjourpodcast.com) proposent des accompagnements personnalisés à distance ou à Paris. Elles sont toujours ravies de rencontrer des porteur.se.s de projets inspirants et fières de participer à la concrétisation de podcasts et d’expression…

La petite révolution sexuelle dans le microcosme audio

Quand la libre antenne explosait l’audimat avec Max sur Fun Radio et Difool sur Skyrock, c’était bien pour leurs conneries, humour et canular en tout genre. Mais les sujets autour de la sexualité jouaient aussi en grande partie. Ils ont contribué à ce que des milliers d’ados soient branchés sur la FM dans les années 90-2000’s. Certes on y parlait crûment, souvent de manière sexistes ou bien vulgaires mais pas moins informative. On pouvait écouter des auditeurs appelant le standard téléphonique pour demander des conseils en direct d’un tel ou d’une telle pour faire une bonne fellation à son copain, surmonter sa jalousie maladive, apprendre à pécho quand on était timide… En répondant à des auditeurs sur leurs questionnements dans leur couple, leur célibat ou leur sexualité de manière général, la team d’animateurs s’amusaient à discuter sans tabou pour trouver des solutions ou bien même rassurer certains sur leurs nombreux doutes en matière d’amour et de sexualité. Trivial, convivial, les animateurs donnaient le ton même s’ils n’étaient pas diplômés en sexologie ou en conseillers conjugaux, ils avaient surtout le rôle d’amis et d’écoute auprès des jeunes adultes et les aidaient à trouver des solutions à leurs problèmes de coeur et de cul.

Aujourd’hui, le podcast natif prend le pas sur ces programmes fm, celui de Brigitte Lahaie bien sûr, figure de l’érotisme et du porno puis de la radio qui a réussi à être en direct tous les après-midi sur RMC puis Sud radio. Les formats diffèrent et ne sont pas sous forme de libres antennes mais plutôt de discussions intimes, de dossiers d’enquête. Les programmes se multiplient et tous les jours on voit sur nos applis mobiles de nouveaux titres de podcast sur le sexe. Slate à l’automne dernier sort « Lieux du sexe » suivi de très près par Spotify et son « Sex club« , Vibrant.e.s chez Causette, le sexe n’a plus rien d’exceptionnel. En effet, on sent une tendance actuelle à partager à outrance ses expériences sexuelles, ses aventures, ses amours, badinages, plans culs de manière banalisées. On peut se demander si la sphère audio ne s’est pas prise à son propre piège et ne tendrait pas déjà à uniformiser : l’hypersexualisation envahissant les écrans et le digital, elle n’a pas épargné le podcast qui tend lui aussi à devenir racoleur. En effet, on commence à épuiser certains sujets comme les premières fois, l’homosexualité et surtout utiliser les mêmes manières de raconter qui deviennent lassantes et redondantes. En fait, depuis « Les chemins de désir » de Claire Richard et « Qui m’a filé la chlamydia » d’Anouk Perry, on n’a pas encore trouvé de styles et de formats originaux depuis qui sortent du format interview/talk…

C’est comme si le sexe était devenu « LE PUTE A CLIQUE » que tous les studios de prod ou les plateformes de streaming audio devaient avoir. Il est facile à produire, peut se décliner à l’infini comme le burger sur une carte de resto #pornfood.

Sélection de podcasts

J’ai donc voulu faire une sélection de mes coups de coeur podcasts traitant de sexualités. Mais attention, pas n’importe lesquels : dans ce brouhaha auditif, voilà une petite playlist de podcasts qui mettent en lumière des pratiques en parallèle de l’hétéronormativité en matière de sexualité.s dans les podcasts. Car s’il y a bien un besoin en terme de sexualité, c’est celui de désacraliser le phallocentrisme et la monogamie romantique. Un manque se fait ressentir aussi auprès des personnes agenres, asexuelles, intersexes, aromantiques… qui iels aussi ont le droit d’être représenté.e.s non pas en tant que marge, mais en tant que modèles alternatifs aux modèles dominants et mainstream

J’ai donc sélectionné des podcasts qui remettent en cause ces schémas de la famille nucléaire et de la femme objet, de la sexualité homme/femme classique. Une réaction suscitée aussi par la soi-disant ouverture de la société en matière sexuelle, quand finalement on censure un sein nu ou des poils aux jambes sur les réseaux sociaux. (coucou facebook).

Amours plurielles

C’est un projet qui ne parle pas que de polyamour. En fait, si « polyamour » rime souvent à tort avec « libertinage » ou « polygamie », c’est précisément ce que Lauren Mary l’hôte de l’émission veut déconstruire à travers cette série. Elle interroge des profils diversifiés de personnes réinterrogeant la monogamie en vivant leur intimité : l‘identité de genre, les orientations sexuelles et l’hétéronormativité surtout.

Les invités expriment leurs expériences et leur manière de vivre leurs amours se conjuguant au féminin, masculin, cisgenre ou trans, en club ou en soirée privée, parent ou sans enfants…

Selon l’anthropologue culturel et féministe Gayle Rubin, l’hétéronormativité dans la société courante crée une « hiérarchie sexuelle » qui classe les pratiques sexuelles de « bon sexe » à « mauvais sexe ». La hiérarchie place le sexe monogame entre hétérosexuels comme « bon » et place n’importe quels autres actes sexuels et individus qui ne rentrent pas dans ces critères de plus en plus bas jusqu’à atteindre le « mauvais sexe ». Et l’on peut en dire de même sur le bon genre et le mauvais genre.

Je souhaite rendre visible une diversité de parcours, une pluralité d’expériences, avec un éventail large en termes d’identités de genre, d’orientations sexuelles, d’âges, d’ethnicités, de classes sociales, etc.

Lauren Mary

Ce qui est passionnant dans ce podcast, c’est non seulement que l’animatrice est elle-même polyamoureuse et donc curieuse et enjouée d’échanger à ce propos. Et surtout qu’elle s’intéresse avec conviction à la pluralité des polyamoureux.se.s en interviewant une multitudes d’invité.e.s queer, racisés, autistes, agenres…

Mon corps, le plaisir et moi

mon corps le plaisir et moi création sonore

Documentaire écrit et conçu à quatre mains et quatre oreilles pour lever les secrets qui se cachent derrière la masturbation féminine. Même si elle date de 2013, cette création d’Eve Grimbert et Eloïse Plantrou est malheureusement encore très actuelle. Car si les hommes discutent sans pudeur de leurs expériences de branlette en public, il est encore très difficile de partager librement nos expérience de caresses clitoridiennes, vaginales sans en avoir honte. On ouvre le sujet dans ce documentaire sur la clef du plaisir chez plusieurs femmes en décortiquant l’étymologie du mot « clitoris ».

Alors qu’au 21e siècle on commence à questionner l’orgasme vaginal VS orgasme clitoridien et l’existence du poing G, cette oeuvre nous raconte les premiers émois en solitaire de différentes personnes à des âges différents et la découverte de leur sexualité en solo, tabou ou pas. Des micro trottoirs interrogent en parallèle les hommes sur la in-compréhension du corps des femmes. Devenus sujet de plaisir et non plus objet de désir, c’est tout le propos de ce documentaire subtil et intime, fin dans l’humour et dans la progression.

Nous comptons sur la richesse de ces expériences contées pour alimenter le débat sur la masturbation féminine, sujet que toutes les femmes pourraient toucher du doigt ! La radio n’est-elle pas un porte-voix privilégié pour ce genre d’intimités ?

Heloïse Plantrou, Eve Grimbert

Au coeur du planning familial

au coeur du planning familial

C’est une série de 6 épisodes sous forme de reportages journalistiques diffusés du 30 janvier au 8 mars 2020, journée symbolique du droit des femmes.

Le planning familial est devenue une institution en France en matière de sexualités libres et safe. Né en Isère à Grenoble il y a 60 ans, il est étonnant que ce podcast prennent lieu à Marseille mais certes…

Dans cette investigation menée par Isabelle Durioz, on nous emmène dans ce haut lieu de résistance féministe et d’éduc pop, qui lutte pour le droit des femmes pour s’approprier leur corps comme elles le souhaitent sans jugement ni autorité. Le mouvement nationale a fait et continue un travail remarquable avec bénévoles et salarié.e.s qui accompagnent et écoutent les femmes quelques soient leur problématiques autour des contraceptions et des sexualités des femmes cis et transgenres, dans leurs démarches amoureuses, familiales, sexuelles et de manière globale au niveau de la santé féminine.

Ce podcast montre avec brio les enjeux de l’intime qui devient politique puisqu’il montre l’envers de cette structure qui milite au quotidien pour informer, sensibiliser. Dans une situation où les millenials se protègent de moins en moins, les pro-vie refont surface et où la désinformation et le retour des extrémismes religieux reviennent à la charge, ce podcast est d’utilité publique et invite les femmes, quels que soient leur milieux sociaux, leurs origines ethniques, leur âge, leur orientation sexuelles ou genres, à connaître aussi bien leurs droits juridiques que droits physiques et corporels.

En espérant que ces podcasts ne seront pas que des émissions pour prêcher des convaincu.e.s mais surtout des portes ouvertes pour toutes et tous les curieux.se.s qui souhaitent entendre d’autres voix et d’autres types d’expériences que celles communément admises et validées. L‘audio étant révélateur de l’intime et du parler vrai, il est important que la radio et les podcasts continuent de divulguer ce qu’on ne voit pas

LE PODCAST 2020 : Quand le handicap n’est plus un frein…

podcast cours redwane cours
Un podcast produit par Nouvelles Ecoutes sorti en novembre 2019

Pendant que les fêtes de fin d’années se digèrent lentement et que l’on commence à faire des entorses aux bonnes résolutions, Dire-son vous recommande un podcast produit par Nouvelles Ecoutes qui vous reboostera et vous fera oublier le coup d’mou de la mi-janvier à coup sûr ! (eh oui on s’approche de la prédiction des New Order et du fameux blue monday…)

Dès le générique « Cours, Redwane, cours !« , on est happé par une bonne grosse trap qui donne la gnak en deux temps trois mouvements : propulsé par le challenge édifiant que Redwane le protagoniste de ce plog (un vlog en podcast?) va relever. Il ne s’agit pas d’un énième podcast de coaching mental ni de tuto pour améliorer son endurance comme « Dans la tête d’un coureur« , (excellent podcast par ailleurs) mais plutôt de suivre la mission presque impossible de ce jeune homme pour faire le marathon de Paris 2021, c’est-à-dire 42 km en 6h.

Si Redwane n’est pas un athlète né et que rien ne le destinait à courir, qu’il aurait aussi voulu grimper l’Everest comme Nadir Dendoune n’étant pas un alpiniste né, son métier de journaliste nous permettra de partager avec lui les épreuves à surmonter grâce à ce podcast qui vous tiendra en haleine… Réussira ou réussira pas ?

Ne vous inquiétez pas, on ne vous assénera pas de conseils minceur ou sportif à gogo, simplement, on sera aux côtés de Redwane et on l’accompagnera dans son quotidien pour aller au-delà de la démotivation, entendre ses progrès… Et on fait le pari qu’il y arrivera ! On rit, on affronte les difficultés, les galères des tentations pizza à l’épisode 4, les remarques de sa famille qui le charie sur ce projet plus qu’ambitieux (puisque même un coureur lambda aurait des difficultés à y arriver). Nous sommes allé lui poser quelques questions dans les starting blocks pour tâter la température… Vous êtes prêt ?

Entretien avec Redwane Telha

Tu es le protagoniste de « Cours, Redwane, Cours ! » sorti le 28 novembre dernier. Peux-tu te présenter un peu ?
Je m’appelle Redwane Telha, j’ai 27 ans, je suis marié, je suis rédacteur en chef de l’Instant M, l’émission médias de France Inter et animateur de Pouce, une émission sur Clique TV consacrée aux numériques et aux réseaux sociaux. Mon métier me passionne, les sujets que je traite me fascinent depuis toujours. Mon autre grande passion, c’est le basket américain. Fan absolu de la NBA !

C’est un gros défi car tu n’es pas du tout coureur ni sportif à la base. Comment t’es venu ce projet?
J’avais envie de me mettre en danger, de me dépasser. C’est justement parce que je ne suis pas coureur à la base que j’ai eu envie de me lancer dans ce projet. Je voulais accomplir quelque chose qui pourrait impressionner les gens autour de moi. J’avais envie de dépasser la question du handicap et réussir un exploit que même les athlètes valides ont du mal à atteindre. Le marathon s’est imposé comme une évidence. J’ai tout de suite eu envie de faire ce projet sportif un projet médiatique. Dès que Nouvelles Écoutes m’a donné son accord, j’ai foncé sans trop me poser de questions.

Pourquoi maintenant?
Tout simplement parce que j’étais en manque de défi et que je tournais en rond depuis quelques temps. Toute ma vie, j’ai dû me surpasser pour atteindre mes objectifs. Quand j’étais petit, marcher sans trébucher me semblait impossible. Ado, on me disait que les métiers du journalisme seraient inaccessibles pour moi. Après avoir atteint la plupart de mes objectifs professionnels, j’ai eu besoin de me mettre à nouveau en danger. Je savais que ça passerait par le sport. Et lorsqu’on en a parlé avec Nouvelles Écoutes, on a senti qu’il fallait se lancer très vite. Je me laisse 500 jours pour atteindre mon objectif. Ça nous laisse un peu de temps.

J’avais envie de dépasser la question du handicap et réussir un exploit que même les athlètes valides ont du mal à atteindre.


Tu as choisi de partager ton challenge via le podcast audio, est-ce que tu peux nous dire pourquoi ce média et pas un autre? (blog, youtube, réseaux sociaux…)
Pour deux raisons : d’abord parce que le podcast est le média de l’intime. Il permet plus facilement de se raconter, on a presque l’impression de chuchoter son histoire à l’oreille de l’auditeur. Ensuite, contrairement à YouTube et aux caméras, le micro n’est pas envahissant. Et lorsqu’on s’entraîne plusieurs fois par semaine, c’est précieux. Un micro, c’est léger. Je ne pourrais pas courir avec mon reflex aha. 

Redwane Telha
Rédacteur en chef de l’Instant M sur France Inter

Comment s’est fait ta rencontre avec Nouvelles Ecoutes et pourquoi ton aventure les a intéressés à ton avis?
J’ai rencontré Julien Neuville (co-fondateur de Nouvelles Écoutes) après avoir échangé sur les réseaux sociaux. On s’est vu plusieurs fois et j’ai eu envie de lui proposer ce projet. Je crois qu’il a accroché parce que ce podcast raconte la différence et le handicap à la première personne, sans être anxiogène ou larmoyant. Mais il faudrait lui demander directement 🙂

Mais je ne veux surtout pas que mon message sonne comme une injonction à la performance. Chacun vit son handicap ou son surpoids comme il l’entend.

Tu as une hémiplagie que tu expliques à ta nièce au premier épisode et tu pèses plus de 100 kg (en tout cas pour le moment). Peux-tu nous dire si ton quotidien est affecté par cela et comment il change ou pas ta perception du monde?
Concrètement, ça ne change pas grand chose. J’ai l’impression de vivre normalement. Le fait de grandir avec un handicap m’a sans doute un peu (trop ?) renforcé. Rien ne peut m’atteindre.

Est-ce important pour toi de montrer que les personnes porteuses de handicap ou en surpoids peuvent réussir comme les autres ? 
Il était important pour moi de montrer que les personnes porteuses de tout type de handicap (je pense même au handicap social !) ou en surpoids peuvent faire ce qu’elles veulent. Si elles veulent se dépasser, qu’elles le fassent ! Mais je ne veux surtout pas que mon message sonne comme une injonction à la performance. Chacun vit son handicap ou son surpoids comme il l’entend.

As-tu déjà subi du validisme ou de la grossophobie ?
Oui, surtout quand j’étais gamin. Je n’ai jamais été victime de grossophobie parce que mon obésité a tendance à s’effacer derrière mon handicap. On me voit plus comme un boiteux que comme un gros. Mais j’ai moi-même fait preuve de validisme et de grossophobie vis à vis de moi-même. Je n’ai jamais supporté cette différence et j’ai parfois été violent vis à vis de mon corps. Ce projet, c’est une réconciliation entre mon corps et mon esprit.

Quel est ton message principal à travers le podcast « Cours, Redwane, cours ! »
Tout est dans le titre ! Comme dans Forrest Gump, je cours pour être en paix avec moi-même. Je cours pour me surpasser. Et j’espère bien embarquer dans ma course tout un tas de gens qui se retrouveront dans mon parcours et ma détermination.

Forest Gump Cours redwane cours
Forrest Gump « Run Forrest, Run ! » a inspiré le titre du podcast

Tu as dis après le 2e épisode seulement que tu avais eu beaucoup de messages d’encouragement de la part des auditeurs que tu remercies. Quel soutien as-tu parmi tes proches ou des inconnus ? Est-ce que ça t’aide pour relever ce challenge?
Les messages m’aident à ne rien lâcher. Très fier de ce soutien. Les jours où j’ai un peu la flemme, c’est précieux.

On te souhaite beaucoup de motivation et bravo pour ton courage en tout cas! Que peut-on te souhaiter pour 2020 et les quelques 400taines de jours qu’il te restent avant le jour J ?
Merci beaucoup. Souhaitez moi de ne pas me blesser et d’aller au bout ! On ne lâche rien.

On l’a compris, Redwane est déter et ça inspire ! Ca donne envie d’enfiler ses baskets et de faire pareil que lui : courir pour se prouver qu’on est capable aux yeux des autres mais surtout pour soi-même. Et si on n’a pas envie de mettre les baskets tanpis, on sera là pour suivre et porter son exploit. Si les discriminations qu’il a pu vivre au cours de son parcours n’ont pas eu raison de lui et que l’autodénigrement a pu croiser sa route, il n’est pas prêt de se laisser abattre. Et c’est un message de dépassement de soi et surtout de tolérance et de respect qu’on entend là. Le caractère fonceur de Redwane nous porte bel et bien on le confirme, nous supporters/auditeurs, qui l’écouterons transformer ce défi délirant en espoir collectif. Et on y croit !

Vous pouvez écouter le podcast « Cours Redwane Cours ! » sur le site de Nouvelles Ecoutes, sur Spotify, Deezer, Applepodcast ou Soundcloud. Un épisode toutes les deux semaines : http://www.nouvellesecoutes.fr/podcasts/cours-redwane-cours/

Quand le podcast drague les (parents d) ados…

Entre saison 2 sur Spotify

Si Greta Tunberg fait la une du Times magasine, c’est grâce au souffle d’espoir qu’elle inspire à toute une génération Z, Y, millénials et aussi une floppée de soixante-huitards nostalgiques rêvant d’une société meilleure que celles qu’ils ont laissée. Ces jeunes qui osent parler de leurs craintes et qui sèchent les cours pour donner des leçons à leur aînées sont à la page et n’ont pas peur de critiquer les boomers. « A vingt ans… on est invincibleuh » comme disait Alyzé. En effet, c’est un âge où tout est possible, quelque soit l’époque. Une période incroyable où l’on a le droit de faire des erreurs, où la fougue et l’audace compensent le manque d’expérience et de sagesse. Cette nouvelle génération née un peu avant ou après l’an 2000 a la fougue et la rage des révoltes. C’est à eux, vingtenaires, qu’il incombe de nous faire rêver et de porter les revendications de leurs aînés, à eux de combler nos lacunes nous, vieux dinosaures de fin du XXe.

Mais en fait, l’adolescence n’a-t-elle pas toujours fait l’objet de fantasmes et de nostalgie ? De Gus Van Sant à Larry Clark en passant par Skins, 70’s Show, aujourd’hui Euphoria ou bien le classique American Pie, la littérature et le genre cinématographique foisonnent sur cet âge où l’on se construit…

Et si le podcast prenait lui aussi le pli? Nous balayons ici avec vous les podcasts qui mettent les pieds dans l’adolescence, cette population inventée au XIXe siècle qui caractérise cet âge de transition entre enfance et vie adulte…

Chambre d’ado sur France Inter

Et la chambre du fond à gauche près de la salle de bain, ben… c’est la mienne.

Thierry Marx

Comme dans une « chambre à soi », on cherche souvent le refuge dans cette pièce qui nous est propre : lieu de rêveries et de jeu où l’on peut être soi ou quelqu’un d’autre. Si vous ne connaissez pas encore, vous pourrez visiter « chambre d’ado » en compagnie de Christine Gonzalez et de ses invités. Elle alimente ses interviews d’éléments biographiques, de reportages, musiques et d’événements phares qui ont marqué ses invités : Annie Ernaux, Vikash Doraçao, Bérangère Krieff ou bien Thierry Marx ou bien Sheïla racontent le romantisme de cette époque qui les a forgé. Une émission très bien renseignée et intimiste sur chacun des invités : un croisement entre histoires personnelles et grands récits collectifs qui ont construit et forgé ces artistes, sportifs, cuisiniers. Un va et vient entre passé, présent et futur.

« Teen spirit » le podcast de Cheek Magazine

La journaliste et autrice Titiou Lecoq  au centre de l’épisode 5 de Teen Spirit

Que se soit dans les 90’s ou les débuts 2000s, l’adolescence a le charme d’un baiser torride sous une pluie torrentielle ou d’une vieille culotte sale traînant dans le fond d’un panier… C’est tout de même un moment clef dans l’existence d’un individu, qui le marque TOUTE SA VIE. Capter cet instant est tout l’objectif de « Teen Spirit », le petit nouveau de Cheek magazine, produit par Nova spot. Comme dans une chambre à soi, le format prend la forme d’interview mais de manière plus triviale. Ainsi, on ressort les gros dossiers de femmes célèbres comme Pomme, Alison Wheeler ou bien Izïa et on apprend leur rapport à la féminité et au fait d’être femme : les bribes et objets gardés au coin d’une boîte à souvenir, d’un agendas Didl, les premières pelles et premières fois, les tapisseries dans la chambre d’ado… Elles se livrent sur fond de confidence au micro des journalistes de Cheek : Myriam Levain, Julia Levain et Faustine Kopiejwski. Potins, plaisirs coupables et nostalgie garantie !

Dans le 10e épisode, Taous Merakchi nous livre ses années d’épouvante lié à son harcèlement scolaire… Comme quoi, être célèbre en étant adulte ne vous dispense pas d’une VDM étant jeune…

« Bullied » produit par Dire-son redéfinit la norme et les marges

Bullied saison 1

Etre teenager, c’est aussi apprendre les codes : ce qui se fait et ne se fait pas, la sociabilisation à travers l’intégration des normes tacites du collectif. Dans Bullied, des trentenaires parlent de leurs années collèges, période d’enfer pour nombreux d’entre eux. On interroge dans ce podcast la place des exclus, des rapports de domination mais aussi de la posture des suiveurs dans la mécanique du harcèlement. Une saison 2 se prépare pour focaliser sur le phénomène de cyberharcèlement, principalement vécu par les jeunes femmes puisque 80% des victimes sont du genre féminin…

Dans ces podcast où l’on « rewinde », ce qui est grisant, c’est de revisiter ces moments qui ont construits notre existence. Ils sont comme des clefs explorant le passé où les invités interviewés nous accompagnent vers ces contrées trop souvent oubliées : ils nous rappellent ces moments de nos vies où tendresse et violence se cotoîent au quotidien, où vulnérabilité cohabite avec puissance en l’espace de 30secondes. On passe du rire aux larmes en écoutant les témoignages de ces héro-ïnes ordinaires qui racontent leur vie entre souffrances profondes et joies intenses : les montagnes russes de cette âge fou en somme.

Quand on sait que dans le monde il y a actuellement 1 adolescent sur 6 individus (âgé de 10 à 19 ans) pour l’année 2018, il est grand temps de s’intéresser à cette frange de la population et de lui donner la place qu’elle mérite. Si l’on arrêtait de mépriser la jeunesse, les ados et les pré-ados auraient sûrement plus d’outils pour affronter les mutations numériques, la transition écologique et démographique… Le podcast, même s’il s’intéresse de plus en plus à l’adolescence et au jeune public, se doit maintenant de créer des espaces d’échange pour les ados et doit non seulement s’adresser aux ados mais surtout être adopté par les ados!

A quand un podcast pour les jeunes fait par des jeunes ? Allé hop, les plus de 25 ans, on déguerpit!

Jeune Juliette, grossophobie & harcèlement en teenage land

Sortie le 11 décembre 2019

Anne Emond réalisatrice québecoise s’adresse aux nostalgiques de la période de l’adolescence : inscouciance, premiers émois et gros coups durs ! Ce moment où l’on se cherche, où l’on construit sa confiance en soi et on essaie de s’affirmer, de plaire, d’être aimé.

Nous avons voulu parler de ce film car il est à l’image du podcast « Bullied », un retour en arrière vers cet âge tendre où la vie ne fait pourtant pas tout le temps des cadeaux. Avant la période de noël, allez voir « Jeune Juliette » un film à voir en famille et/ou entre amis, qui décrit de manière tellement juste les relations humaines.

Le personnage de Juliette que son père qualifie d' »enrobée » lorsqu’elle lui demande quand est-ce qu’elle a commencé à devenir grosse, est la protagoniste interprétée par la jeune et fantastique Alexane Jamieson. Cette héroïne est parfaite dans le sens où elle incarne avec brio l’anti-héro : d’abord elle est grosse et ne correspond donc pas aux standards de beauté et s’ennuie de sa vie plus qu’ordinaire… Elle fantasme sur le cliché du mec faussement rebel et rêve de s’installer à NYC aux côtés de sa mère. Ensuite, elle fait des erreurs, beaucoup de boulettes tout comme elle fait parfois preuve de bravoure, pour ce qui est de défendre les plus démunis ou faire ce qui lui semble juste. Son petit monde se résume à son père et son frère qui sont très cool, sa meilleure amie avec qui elle partage une relation cryptolesbienne et un petit garçon autiste asperger qu’elle baby-sitte. Ce beau petit monde qui l’entoure ne correspondant pas aux normes d’un monde où il faut être beau et populaire, elle les chérit et en a honte à la fois : son refuge est sa prison. « Losers » comme elle, elle rêve de s’échapper de son bled et de fuir sa condition de grosse intello pour retrouver un peu d’air à la « big apple ».

Le harcèlement : un phénomène insidieux multiformes

Dans cette comédie pleine d’humour et d’humanité, les personnages ne sont pas manichéens comme dans la plupart des teens movies : populaires / sportifs/ méchants gratuitement versus pauvres / intellos / harcelés. Rien n’est montré de manière gratuite et tout est nuancé, subtile. On y montre des rapports de force dominants/dominés comme dans le processus de harcèlement où le groupe broie l’individu. Mais on y montre aussi que parfois, ces rapports s’inversent. Même si la grossophobie reste un fléau sociétal, on évoque aussi l’homophobie ordinaire dans une société québecoise plutôt progressiste envers les personnes lgbt+. On évoque aussi bien les différentes réactions face aux petites violences au quotidien qu’on peut ignorer ou esquiver grâce à la réparti, comme les humiliations qui marquent à vie et provoquent l’envie de s’isoler, de partir loin…

La force de ce film qui peut parfois faire penser à « Precious » dans l’humour malgré la tragédie, ou encore la série « The end of the fucking world« qui célèbrent les « weirdos » est un hymne à la différence. Ces oeuvres qui décrivent de manière juste des relations complexes et fortes qui reposent en fait, sur des gestes et des actes d’amour : souvent les plus simples et les plus beaux…

Dire-son ne peut que vous recommander chaudement cette comédie qui parle donc de harcèlement, mais aussi de quête d’identité, d’amour de soi et des autres. « Jeune Juliette, comme notre podcast « Bullied« , ne verse ni dans le mélodrame ni ne réduit les personnes harcelées à leur condition de victimes. C’est un feel-good movie qui encourage à l’empowerment et au droit d’exister en dépit des autres. Une belle leçon de vie et d’espoir dans ce monde de bruts… !

En salle actuellement au Club de Grenoble, voici la bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19586505&cfilm=276141.html

Rencontre avec les initiatrices de THE WOMANIST PODCAST

Il y a quelques mois, nous avons découvert en défrichant quelques podcasts en rapport avec l’afroféminisme et le colorisme, ce podcast qui est une mine d’or d’informations nous apportant aussi une bonne dose de bonne humeur.

C’est d’abord le côté radiophonique sous forme de discussions entre meufs racisées qui a retenu notre attention. Mais c’est surtout le sérieux des sujets traités de manière intersectionnelle sur un ton décontractée qui nous a convaincu : une perspective féminine et ethnique, sans se revendiquer militantes pour autant.

En fait, dans the Womanist, la pluralité des avis est très grande, car chacune des animatrices donne son opinion de façon décomplexée sans censure ni jugement, que se soit pour débattre de harcèlement de rue comme de culture pop !

Chacune parle de sa propre expérience sans en faire des généralités ou sans élaborer des théories pompeuses. On traite politique dans les épisodes sur le colorisme, l’appropriation culturelle ou le racisme anti-blanc… En démantelant aussi bien les clichés sexistes et racistes de l’angry black woman qu’en discutant de sujets plus « lifestyle » comme l’amour mixte, les sexualités, les réseaux sociaux, cette bande de femmes noires françaises immigrées aux US, nous partagent un pan de leurs réflexions à la lueur de leurs expériences personnelles en tant que femme de couleur noire, francophone et tant d’autres facettes de leur identité plurielle… Dans le dernier épisode par exemple, on se penchera sur le phénomène de gentrification et de blackgeoisie ! C’est pour cette raison que dire-son a voulu les interroger pour comprendre les coulisses de cette émission qui contribue à lever le tabou autour du mot « communautarisme » et parfois même « féminisme ».

Interview

Bonjour  Louisa et Laethycia. Comment vous est venu l’envie de faire ce podcast ? Au départ vous étiez 3 et maintenant vous voilà 7 !

The Womanist Podcast est né d’un besoin de s’exprimer sur les sujets qui nous touchent, nous femmes noires, de créer un espace “safe” où l’on pourrait apprendre, échanger et donner nos avis. 

Toutes les animatrices vive à New York, ville multiculturelle. Vous vous adressez principalement aux femmes noires à l’identité multiculturelle. Pourriez-vous préciser ?

On parle ou on dit souvent “la femme noire” en oubliant toute sa diversité, qu’il s’agisse de nos origines, de nos cultures, notre identité sexuelle, notre appartenance à une ou des sous-cultures, notre environnement etc. À travers le podcast, on s’adresse à la diaspora, aux femmes noires où qu’elles soient, dans toute leur diversité et leur complexité. Malgré le fait que nos expériences en tant que femmes noires aient de nombreux éléments en commun, nous sommes toutes différentes. On a choisi de s’exprimer en français parce que c’est notre langue maternelle et parce qu’on s’adresse principalement aux femmes noires francophones, notamment parce qu’on trouve que les discours des racisés sur les problématiques sociales et raciales qui touchent ces femmes est encore trop bridé dans les pays où l’on parle français.

La France est en retard en ce qui concerne les mouvements décoloniaux et antiracistes ?

Honnêtement, c’est difficile à évaluer de façon objective puisque nous n’y sommes pas mais il nous semble qu’effectivement il y a un gros retard en France ou plutôt une grande résistance de la société française. Cela dit, il y a aussi un gros travail qui est fait par de nombreux groupes, associations, collectifs, etc. et d’autres initiatives plus individuelles. Force et courage à eux.

« On trouve que les discours des racisés sur les problématiques sociales et raciales qui touchent les femmes noires est encore trop bridé dans les pays où l’on parle français. »

Vous définiriez-vous comme militantes et/ou afroféministes ?

Le fait de produire un (bientôt plusieurs) podcast qui s’adresse aux femmes noires et d’avoir les opinions que nous avons, on considère que c’est un acte militant ou engagé. Mais se définir comme militantes et/ou afroféministes, pas vraiment parce qu’on n’aime pas les labels et parce qu’on a un grand respect pour les gens qui le sont et qui travaillent dur sur le terrain.

Pourquoi avoir choisi le format podcast et comment définissez-vous les thématiques de chaque épisode ? 

Le format podcast est apparu comme une évidence. Dans une société où tout le monde est obnubilé par l’image et où la capacité d’attention a beaucoup diminué, le podcast est un peu à contre courant même si paradoxalement il est très populaire. Pour nous, il permet de garder un peu d’authenticité et de spontanéité (même si les enregistrements sont préparés et un minimum édités). C’est aussi une façon de dire – ce qu’on dit, c’est important. Les thématiques sont choisies en fonction de nos inspirations ou de sujets qui font l’actualité. On reçoit également beaucoup de suggestions de nos auditeurs.

Quels podcasts écoutez-vous et recommanderiez-vous en terme d’excellence ?

Nous n’écoutons pas vraiment de podcasts en français pour éviter d’être influencées. Par contre, pour ce qui est des podcasts en anglais, on aime beaucoup ce que font The Heart, Therapy For Black Girls, Oprah’s Super Soul Conversations et Ear Hustle.

Même si elles restent modestes quant à leurs intentions féministes et inclusives, nous sommes convaincue que l’engagement transparaît dans ce podcast qui s’adresse à des femmes issues de toutes minorités ethniques car il peut trouver un écho à leurs questionnements au quotidien. Et ça c’est fort !

Merci à toute la team de The womanist d’avoir répondu à nos questions ! En leur souhaitant une bonne continuation et beaucoup d’auditrices… ❤

Vous pouvez écouter tous leurs podcasts sur leur page internet ici : https://www.thewomanistpodcast.com/episodes