Les 3 erreurs fréquentes à éviter quand on lance son podcast

podcast erreurs à éviter
dire-son studio 
@copyright sephora schmidt
Les erreurs à éviter d’un point de vue radiophoique par dire-son.fr

Si vous êtes là, bravo, c’est que vous avez déjà sorti quelques épisodes de votre podcast et je vous encourage dans cette à pourquoi pas vivre de votre passion ! Le podcast est peu coûteux et intimiste et c’est pour ça que vous vous êtes plongé dans l’aventure pour partager vos connaissances ou votre expérience. Si le podcast demande peu de moyens ça ne veut pas pour autant dire qu’il est plus facile à réaliser que de la vidéo, comme j’ai pu le lire ou l’entendre dans de nombreuses conversations… Au contraire, vu qu’il ne fait appel qu’à l’ouïe, il est essentiel d’améliorer l’audio mais aussi de booster vos interviews.J’ai décidé d’écrire un article aujourd’hui pour les nombreux podcasteur.se.s qui souhaiteraient améliorer leur(s) podcast(s) d’un point de vue radiophonique. J’ai remarqué après avoir bingelistené de nombreux épisodes qu’il y avait pour la plupart du temps, des problèmes au niveau de la qualité audio, du rythme dans le montage et enfin, quelques petites choses à réajuster dans les manières d’interviewer les invités.

1. Une prise de son souvent négligée

Venant de l’univers radio, il fallait absolument que je brise cette fausse croyancequ’il est facile de faire un podcast. En effet, nombreux sont celles et ceux qui imaginent que comme il n’y a pas d’images il y a moins d’informations à traiter et à maîtriser. Certes, mais justement, il faut tout miser sur le son pour ensuite pouvoir maîtriser le reste, c’est la base. La prise de son est un métier qui nécessite beaucoup de patience et d’être très méticuleux. Que se soit dans l’enregistrement ou dans la manière de monter, il est très important de soigner l’enregistrement de votre audio car il montre que vous respectez votre auditeurice et que vous n’êtes plus un.e amateur.ice. Pensez que les rushs sont votre matière première et que le montage sera le liant de votre narration, la manière dont vous voulez raconter une histoire.

J’ai pu entendre de nombreuses catastrophes en terme d’enregistrement (ou prise de son) qui pour ma part m’ont fait fuir au bout de quelques secondes. C’est dommage, car si vous avez du contenu intéressant, mais que la forme ne suit pas, vous pourrez peut-être perdre de potentiels fidèl.e.s. Vous aurez beau avoir bossé comme des acharnés sur vos sujets, si le jour J votre prise de son est pourri, vous aurez fait tout ça pour ça et vous vous rendrez compte au montage que votre fichier son est inexploitable… Donc ayez en tête toute cette dimension sonore à préparer en amont (où vais-je enregistrer, avec quel matériel, dans quelles conditions, y’aura-t-il de l’alimentation ?)

Donc à proscrire pour avoir un enregistrement le plus propre possible :les salles de 100m2 de type loft sans aucun meuble.Vous vous en doutez car la résonnance sera très désagréable et vous entendrez un écho sur les voix qui peuvent vraiment faire grincer des dents et donner l’impression que vous êtes dans un hangar… Après si votre sujet porte sur les chats abandonné dans les usines désaffectées de Picardie d’accord. Mais si vous interviewez un champion de e-sport geek parisien qui vit seul chez lui, le son d’atmosphère ne risque de pas être raccord avec le contenu et le propos de l’interviw… En fait, pourquoi je vous dis ça ? Parce que l’ambiance sonore, c’est-à-dire l’environnement qui entoure l’interview fait partie du message et il est bizarre de dissocier les deux. Ce serait l’équivalent au cinéma de mettre un bruit de clavier sur une scène au beau milieu de la jungle… C’est pour ça qu’il est souvent mieux d’enregistrer dans un studio si vous le pouvez, un environnement sonore neutre. Puis de rajouter ensuite les ambiances sonores aux dialogues par la suite si vous en avez. Mais encore une fois, cela dépend de ce que l’on veut raconter et du rendu esthétique voulu.

Enregistrement propre sans bruit parasite pour podcast
dire-son
@credit Malika Ung
Un enregistrement / prise de son neutre pour ne pas avoir de bruits parasite.
TIPS 1

Mais un conseil, si vous êtes dans un lieu que vous ne connaissez pas pour votre interview, fermez les yeux avant de faire vos tests micros et vérifiez s’il n’y a pas de bruits parasites de type ventilation ou un bruit de frigidaire, chaudière ou néon qui bourdonnent en arrière fond. Ce ne serait pas du luxe de changer de pièce ou de débrancher certains matériels électroniques dans la mesure où il est possible de le faire. Enregistrer dans un milieu trop bruyant peut être très gênant et perturber votre interview ou votre interviewé et donc le déconcentrer dans ce qu’il dit.

TIPS 2

S’il n’est pas possible d’avoir du silence complet sur votre lieu d’enregistrement (ce qui est très fréquent on ne va pas se mentir), enregistrez une séquence d’une minute à 2 minutes du bruit parasite sans parler pour pouvoir au montage le mettre en fond sonore à un niveau très bas en continu le bruit parasite afin qu’on l’oublie presque. Un faible bruit en continue plutôt qu’à intermittence qui surgit toutes les 5mns et moins perturbant pour l’audience.

TIPS 3

Aussi, je vous conseille si vous le pouvez au début de votre épisode/interview, de mentionner le cadre dans lequel vous enregistrez et faites votre interview, afin de ne pas surprendre l’auditeur en cours d’écoute. Par exemple si vous enregistrez dehors (période de confinement oblige) et qu’on entend des bruits de chantiers derrière alors que vous faites un sujet sur les espaces de coworking/cocooning, si vous mentionnez le contexte dans lequel vous enregistrez manque de moyen, (on fait avec les moyens du bords c’est normal) il n’yaura pas de mauvaise surprise pour l’auditeur qui est prévenu qu’il pourra y avoir quelques dissonances entre le bruit ambiant en arrière fond et votre propos. Ce qui améliore amplement l’écoute en amoindrissant la gêne…

2. Le rythme du montage : une grammaire sonore à améliorer

Maintenant que vous savez tout sur la prise de son, je vais continuer à vous embêter avec le montage sonore qui est dans la continuité de votre processus de réalisation. Une fois que vous avez vos rushs qui sont a priori assez propres car votre prise de son est optimum, 😉 vous pouvez passer au montage.

C’est ce que j’appelle la seconde phase d’écriture. Elle nécessite de construire des phrases, des séquences et donc d’avoir une grammaire. Comme l’a si bien dit un de mes enfants en atelier c’est comme dans toute phrase, « il faut une majuscule et un point ». Une émission quelque soit son format, c’est pareil : interview, fiction, documentaire… doit avoir un rythme, des temps de respirations, de pause et des éllipses pour que l’histoire ait du sens. Le minimum vital dans un podcast est bien connue : ce sont le générique d’intro et l’outro. Et entre les deux, j’ai souvent entendu des jingles ou des interludes sonores qui étaient mis un peu par ci par là au petit bonheur la chance…

TIPS 1

MIEUX VAUT NE RIEN METTRE plutôt que de placer des pauses ou des musiques n’importe où. Car si vous mettez de la musique en plein milieu d’une phrase qui n’est pas terminée, c’est très embêtant pour l’auditeur qui s’attend à avoir la fin de la phrase. Une musique ou un jingle servent de transition et non pas de cache misère pour masquer la longueur d’un dialogue soporifique. Si vous estimez que votre montage est trop long, raccourcissez quelques parties, mais ne mettez pas une pause juste pour mettre une pause.

TIPS 2

Si vous vous sentez d’utiliser des jingles ou de virgules sonores courtes (une à 15 secondes) soyez parcimonieux.se. Voyez la pause comme un moment de répit, de respiration (comme les virgules en grammaire) pour que l’auditeurice reprenne son souffle lorsque la tension était forte dans le récit. La musique sera comme un point en grammaire : une manière de redescendre en douceur et/ou d’intégrer ce qui vient d’être dit.

grammaire sonore le montage audio podcast dire-son
Savoir utiliser la grammaire sonore, le montage et le rythme rendent l’écoute et la narration plus fluide
TIPS 3

Sachez tout d’abord qu’entre différentes séquences, voix, musiques, il est PRIMORDIAL et c’est la base, de faire des fondues. C’est-à-dire d’enchaîner les morceaux de manière fluide et non pas de coller des morceaux mis bout à bout sans transition. Ce qui donnent une impression hachées à l’écoute et désagréable. Le fondu est votre outils de prédilection lorsque vous êtes monteuse ou monteur ou ce qu’on appelle les FADEIN. Il consiste à ce que le volume du début de votre piste augmente doucement jusqu’à son volume moyen et constant.Entendez-le comme une introduction. Le FADEOUT ou le fondu de sortie permet de baisser progressivement le volume aussi à la fin de votre séquence comme lorsqu’on termine une phrase, notre voix baisse. Il s’agit d’appliquer le fade quelques secondes sur votre séquence au début et à la fin, pour que le cerveau comprenne que l’on commence ou on termine un sujet. Pour se préparer à aborder d’autres sujets ou conclure. Selon votre logiciel de montage, il existe différentes méthode pour soit faire votre automation à la souris (baisser ou augmenter les décibels de votre pistes à la main) soit à l’aide d’un effet autoomatique (fondu).

Vous verrez, à force, vous arriverez à faire votre petite popote et à doser quand il faut ou quand il ne faut pas mettre de virgule. Votre narration ne pourra qu’être enrichie si vous maîtrisez ce vocabulaire et cette grammaire sonore. A présent nous allons aborder brièvement un des problèmes majeur de l’interview….

3. S’adresser seulement à l’invité.e

Maintenant que vous avez la technique, il ne manque plus que le fond. La passion et la volonté que vous avez de transmettre de l’information aux auditeurices est le coeur de votre motivation et je vous en félicite ! Néanmoins, il est nécessaire de savoir à qui vous vous adressez et comment vous devrez lui parler.

TIPS 1

L’interview n’est pas qu’une affaire d’interaction à deux, c’est un plan à trois qui comprend l’hôte, l’invité.e ET l’auditeurice. N’oubliez jamais cette dimension ! J’ai entendu bien souvent des podcasts d’interviews très intéressants, mais il manquait toujours quelque chose : l’intervieweur.se ne s’adressait qu’à leur invité.e.s en oubliant totalement de s’adresser à l’auditeurice. Dans certains podcasts marketing ou tech on peut se retrouvé confronté à ce problème. Moi qui voudrais améliorer mes compétences ou connaissances là-dedans, comment vais-je faire si les personnes que j’écoute n’emploient que du jargon que seuls les marketeux, développeurs ou les community managers comprendront ? Il n’y a rien de plus énervant que de se sentir exclu d’une discussion. Ce serait l’équivalent de parler frangliche à un saumon au beau milieu de la Lozère. Peut-être ne suis-je pas la cible de ces podcasts de « niche », mais c’est dommage ! Car j’aurais aimé en apprendre davantage sans avoir à mettre stop et googler toutes les 30 secondes les termes qui ne sont pas vulgarisés ou expliqués dans l’interview par l’hôte du podcast… De plus, on sent que l’hôte n’est pas dans le partage de l’information mais dans une logique de cumuler le savoir pour soi ou de performance. Et ça, c’est pas très podcast…

TIPS 2

Mettons que votre podcast est de niche et que seuls les initiés du cercle vous écoutent, pourquoi ne pas essayer de vous adresser à un public plus large et moins spécifique pour toucher plus d’auditeurices ? En faisant ce choix d’être trop pointu, vous vous priverez d’une grande partie de newbies et donnerez une image fermé de votre podcast. (déjà que le cercles des auditeurice de podcast est en soi une niche….). Vous l’avez deviné, après deux épisodes je me suis désabonnée de ce podcast qui pourtant aurait pu m’apporter des solutions intéressantes mais j’ai préféré en trouver un autre plus accessible. Ma technique à moi quand j’interviewe, c’est d’imaginer que je m’adresse aussi à ma grand-mèrequi m’écouterait de l’autre côté du poste et de rendre le discours intelligible et audible de tous. (car oui, ma mamie n’est pas fondue de tech, ni demarketing. Quoique ? )

technique animation interview à 3 dimension dire-son podcast

Réfléchissez donc bien à cela et dans le doute, soyez le plus généraliste possible car c’est par cette manière que vous arriverez à toucher du monde par votre message qui sera généreux. Le podcast est un univers de curieux qui ne cherchent qu’à apprendre. Or, il faut bien commencer par utiliser le même langage au départ avec vos auditeurices si vous voulez qu’ils entendent votre message et être sur la même longueur d’onde non ? (pas mal ma métaphore non?)

Moi qui suis un peu queer sur les bord, si je vous parle de « cis, ace à tendance pan non-binaire » je peux déjà imaginer le roulement d’yeux que vous allez me faire. Et si j’ai un.e grand.e réac’ en face de moi, il est possible que la personne zappe tout de suite à l’énonciation de ces termes qu’ils vont juger « barbares » juste parce qu’ils ne les ont pas compris et que personne n’a pris le temps de leur expliquer qu’est-ce qu’ils voulaient dire. En revanche, si vous avez en face de vous quelqu’un qui est réac mais ouvert (ça peut exister franchement) et qui vous écoute, en tant que podcasteur.se, vous devez redéfinir les termes pour lui/elle. S’il est à l’écoute de votre épisode, c’est parce qu’il est attiré par vos sujets mais peut-être pas encore familiarisé à cela. Comme il vous accorde de son temps et de son attention précieuse, il faudra que vous lui explicitiez tous ces acronymes et ces jargons pour l’inviter progressivement à s’immerger dans votre univers avec ses codes et son langage… C’est donnant donnant !

N’oubliez donc pas, l’animateur ou animatrice du podcast est un.e médiateur.ice qui a le DEVOIR de vulgariser ce que l’invité expert ou autre ne peut faire… Car de 1 ce n’est pas son job, et de 2 il a peut-être suffisamment le trac comme ça pour penser à VOS auditeurices. Attention, il ne s’agit pas de faire une parenthèse de 15 mns à chaque fois qu’un mot complexe sort. Il suffit juste de reformuler en deux phrases ou de demander à votre invité.e de le définir et dans quel cadre il/elle l’utilise pour ne pas perdre votre auditeurice en cours de route ! Chouchoutez-les autant que vos invité.es.

Et maintenant vous avez toutes les clefs en main pour améliorer votre contenu, il ne vous manque plus qu’à être vous-même ! 😉

Si vous souhaitez en savoir plus sur les techniques d’interview et d’animation ou comment poser sa voix, faire du montage rapidement, n’hésitez pas à m’écrire à la page contact. Je ne manquerai pas de vous répondre. Et surtout, n’oubliez pas que ce qui vient d’être dit ne sont que des conseils et qu’il ne faut pas tout suivre à la lettre. Moi-même j’ai parfois du mal à appliquer ces conseils faute de temps, de moyens ou d’attention. Alors, faites juste du mieux que vous pouvez.

A très vite j’espère et bonne pratique !

Malika

Rencontre avec les initiatrices de THE WOMANIST PODCAST

Il y a quelques mois, nous avons découvert en défrichant quelques podcasts en rapport avec l’afroféminisme et le colorisme, ce podcast qui est une mine d’or d’informations nous apportant aussi une bonne dose de bonne humeur.

C’est d’abord le côté radiophonique sous forme de discussions entre meufs racisées qui a retenu notre attention. Mais c’est surtout le sérieux des sujets traités de manière intersectionnelle sur un ton décontractée qui nous a convaincu : une perspective féminine et ethnique, sans se revendiquer militantes pour autant.

En fait, dans the Womanist, la pluralité des avis est très grande, car chacune des animatrices donne son opinion de façon décomplexée sans censure ni jugement, que se soit pour débattre de harcèlement de rue comme de culture pop !

Chacune parle de sa propre expérience sans en faire des généralités ou sans élaborer des théories pompeuses. On traite politique dans les épisodes sur le colorisme, l’appropriation culturelle ou le racisme anti-blanc… En démantelant aussi bien les clichés sexistes et racistes de l’angry black woman qu’en discutant de sujets plus « lifestyle » comme l’amour mixte, les sexualités, les réseaux sociaux, cette bande de femmes noires françaises immigrées aux US, nous partagent un pan de leurs réflexions à la lueur de leurs expériences personnelles en tant que femme de couleur noire, francophone et tant d’autres facettes de leur identité plurielle… Dans le dernier épisode par exemple, on se penchera sur le phénomène de gentrification et de blackgeoisie ! C’est pour cette raison que dire-son a voulu les interroger pour comprendre les coulisses de cette émission qui contribue à lever le tabou autour du mot « communautarisme » et parfois même « féminisme ».

Interview

Bonjour  Louisa et Laethycia. Comment vous est venu l’envie de faire ce podcast ? Au départ vous étiez 3 et maintenant vous voilà 7 !

The Womanist Podcast est né d’un besoin de s’exprimer sur les sujets qui nous touchent, nous femmes noires, de créer un espace “safe” où l’on pourrait apprendre, échanger et donner nos avis. 

Toutes les animatrices vive à New York, ville multiculturelle. Vous vous adressez principalement aux femmes noires à l’identité multiculturelle. Pourriez-vous préciser ?

On parle ou on dit souvent “la femme noire” en oubliant toute sa diversité, qu’il s’agisse de nos origines, de nos cultures, notre identité sexuelle, notre appartenance à une ou des sous-cultures, notre environnement etc. À travers le podcast, on s’adresse à la diaspora, aux femmes noires où qu’elles soient, dans toute leur diversité et leur complexité. Malgré le fait que nos expériences en tant que femmes noires aient de nombreux éléments en commun, nous sommes toutes différentes. On a choisi de s’exprimer en français parce que c’est notre langue maternelle et parce qu’on s’adresse principalement aux femmes noires francophones, notamment parce qu’on trouve que les discours des racisés sur les problématiques sociales et raciales qui touchent ces femmes est encore trop bridé dans les pays où l’on parle français.

La France est en retard en ce qui concerne les mouvements décoloniaux et antiracistes ?

Honnêtement, c’est difficile à évaluer de façon objective puisque nous n’y sommes pas mais il nous semble qu’effectivement il y a un gros retard en France ou plutôt une grande résistance de la société française. Cela dit, il y a aussi un gros travail qui est fait par de nombreux groupes, associations, collectifs, etc. et d’autres initiatives plus individuelles. Force et courage à eux.

« On trouve que les discours des racisés sur les problématiques sociales et raciales qui touchent les femmes noires est encore trop bridé dans les pays où l’on parle français. »

Vous définiriez-vous comme militantes et/ou afroféministes ?

Le fait de produire un (bientôt plusieurs) podcast qui s’adresse aux femmes noires et d’avoir les opinions que nous avons, on considère que c’est un acte militant ou engagé. Mais se définir comme militantes et/ou afroféministes, pas vraiment parce qu’on n’aime pas les labels et parce qu’on a un grand respect pour les gens qui le sont et qui travaillent dur sur le terrain.

Pourquoi avoir choisi le format podcast et comment définissez-vous les thématiques de chaque épisode ? 

Le format podcast est apparu comme une évidence. Dans une société où tout le monde est obnubilé par l’image et où la capacité d’attention a beaucoup diminué, le podcast est un peu à contre courant même si paradoxalement il est très populaire. Pour nous, il permet de garder un peu d’authenticité et de spontanéité (même si les enregistrements sont préparés et un minimum édités). C’est aussi une façon de dire – ce qu’on dit, c’est important. Les thématiques sont choisies en fonction de nos inspirations ou de sujets qui font l’actualité. On reçoit également beaucoup de suggestions de nos auditeurs.

Quels podcasts écoutez-vous et recommanderiez-vous en terme d’excellence ?

Nous n’écoutons pas vraiment de podcasts en français pour éviter d’être influencées. Par contre, pour ce qui est des podcasts en anglais, on aime beaucoup ce que font The Heart, Therapy For Black Girls, Oprah’s Super Soul Conversations et Ear Hustle.

Même si elles restent modestes quant à leurs intentions féministes et inclusives, nous sommes convaincue que l’engagement transparaît dans ce podcast qui s’adresse à des femmes issues de toutes minorités ethniques car il peut trouver un écho à leurs questionnements au quotidien. Et ça c’est fort !

Merci à toute la team de The womanist d’avoir répondu à nos questions ! En leur souhaitant une bonne continuation et beaucoup d’auditrices… ❤

Vous pouvez écouter tous leurs podcasts sur leur page internet ici : https://www.thewomanistpodcast.com/episodes

Le son binaural : effet bling bling ou révolution sonore ?

podcast son binaural casque or
Reproduction du casque d’un des membres de Daft Punk

Récemment de nombreux studios de podcasts se démarquent de la plèbe des podcasteurs indé avec notamment la monétisation par les annonceurs, mais aussi avec une toute nouvelle technologie de pointe : le son binaural. Dernièrement, le studio Bababam a sorti le podcast de fiction « Noises » qui vend les mérites d’une narration décuplée d’intérêt grâce au son binaural. Ce ne sont pas les premiers à se lancer dans cette technologie du tur-fu, puisque de nombreux studios se l’arrachent comme la 3d au cinéma multiplex.

Mais la 3D sonore, est-ce vraiment une valeur ajoutée pour la narration audio ? Ne pouvons-nous pas nous contenter de la bonne vieille stéréo qui suffit largement à raconter une histoire ? Est-ce une technologie pour des podcasts de certains genres en particulier et superproductions ? D’abord, voyons voir de plus près ce qu’est le son binaural si vous le voulez bien.

Le binaural vulgarisé

Parce qu’un son vaut mille mots, cliquez d’abord sur ce lien : virtual barber shop !! Une des plus célèbres démonstrations d’expérience sonore en binaural qui a drainé plus de 30 millions de vues,nous transporte chez le barbier comme si nous y étions rien qu’en fermant les yeux.

Le son binaural reproduit l’écoute naturelle de manière à situer le son dans l’espace et arrive contrairement à la stéréo, à repérer les sons et leur timbre ainsi que leur champs de profondeur quand ils passent à côté de vous : en dessous quand le métro vibre sous vos pieds, ou au-dessus de vous quand les avions frôlent le ciel. Le son binaural comme le son est enveloppant, mais il permet à l’auditeur de se mettre dans la peau du narrateur comme s’il vivait l’histoire à sa place : mêmes perceptions auditives que le héro avec ses oreilles. Cette technologie procure une sensation de réalisme « in situ » qui peut donner des frissons à la manière de l’ASMR qui titille certaines parties du cerveau, (Autonomous Sensory Meridian Response) car elle apporte une dimension vibratoire et sensorielle supplémentaire à l’ouïe. N’oublions pas que le son est une onde sonore qui se propage de votre oreille à votre cerveau en spatialisant l’information qui bouge, retentit. Et c’est pourquoi le son binaural est incroyable : il reproduit à la perfection les mouvements de ce bruit. D’où le terme « immersion », que l’on entend souvent pour définir le son binaural, qui chatoient l’ouïe en filtrant les sons selon leurs provenances.

Son binaural, couleur des sons et David Hockney
« More felled trees on Woldgate » de David Hockney, 2008

L’enregistrement peut se faire soit en mettant des micros implantés dans les tympans et l’ouïe des protagonistes. (d’où la sensation d’être dans les oreilles de…) Soit en reproduisant le processus d’écoute physique par de savants calculs mathématiques que nous n’expliquerons pas ici car nos connaissances en physique et en accoustique sont limitées…

En bref, le son binaural est pour l’univers audio ce que la réalité augmentée est au jeu vidéo. Le mode d’écoute se fera à l’aide d’un casque audio, tandis que l’autre se fera avec un casque de réalité virtuelle. Une expérience utilisateur au top comme disent les UI/UX designers, puisque la sensation de réalisme est réussie!

Quand les plus grands s’y mettent

Bien sûr, Arté Radio et Radio France furent les précurseurs du format podcast natif en France. Arté a notamment produit des pastilles sonores ludiques pour plonger immédiatement l’auditeur.ice dans des univers hors du commun avec « Dans la tête » : ce podcast natif de moins de 3 minutes en binaural permet de se mettre dans la tête d’un dentiste, d’une skieuse, d’une personnes aveugle ou d’un batteur… lancé en 2015 c’est tout simplement une expérience kiffante.

Le service public et plus spécialement France culture s’est mis aussi avec des fictions et des séries comme « Hasta dente » ou « l’appel des abysses » et plus récemment « Dreamstation« . Ayant de plus gros moyens que n’importe quel studio, malgré toutefois leur restrictions budgétaires importantes pour les années à venir, il était certain de les attendre au tournant… Quant aux studios 100 % natifs, Louie Media tente le binaural pour de l’interviews cette fois, dans son podcast « Manger » (anciennement plan culinaire) pour décupler les papilles en cuisine avec le son des casseroles venant frôler vos écoutilles et déclencher la synesthésie…

hasat dente podcast
Feuilleton de podcast natif sur France Culture

Vous l’avez compris, le son binaural est à la mode et tous les studios de Pariwood se l’arrachent pour offrir à ses auditeurs une expérience sonore extraordinaire. Mais cet effet est-il vraiment spécial et garant du succès?

Un succès relatif : le scénario avant tout !

Pourtant si les podcasts de fiction en son binaural sont épatants, ils ne comptent pas parmi les meilleurs chiffres en terme d’audimat. Car non seulement au bout de 5 minutes on s’en lasse vite ou on l’oublie. (comme au cinéma quand au bout de 15 minutes on tente d’enlever les lunettes 3D parce que l’effet s’estompe avec l’habitude) Mais en plus chez certains, cela peut entraîner une sensation de gêne ou d’intrusion à l’écoute. Car le son au casque peut être dissonant par rapport aux sons qui se produisent dans la réalité que vit l’auditeur dans son quotidien : imaginez un mur s’écrouler surgissant dans vos oreilles pendant que vous êtes dans les transports en commun ou en train de cuisiner… Et si l’on se veut l’avocat du diable, il se peut même que ces effets sonores de passe passe puissent dévier l’auditeur de l’histoire car son cerveau sera parasité par les sons environnement plutôt que de se focaliser sur les dialogues… Il faut donc des conditions physiques d’écoute calme à l’écart de la foule, dans un endroit plutôt confiné pour profiter pleinement de l’expérience et être attentif à 100%. Ce qui n’est pas encore donné à l’heure de la baladodiffuson…

Mais revenons à nos chiffres et à nos moutons. Prenons l’exemple de success story de podcasts aux Etats-Unis, les number one du podcast dans le monde. Les séries qui ont battus des records d’audience sont « Serial » et la série « The message » qui, à votre grande surprise, n’utilisent pas la technologie binaurale.

Le premier est un reportage mené par la journaliste Sarah Koening qui réouvre l’enquête du meurtre d’une adolescente par son petit ami de l’époque en 1999. Ce fait divers s’est réellement déroulée à Baltimore et a été mis en lumière par la journaliste du fait du manque de preuves tangibles dans cette affaire, qui pourrait bien être une erreur judiciaire condamnant un innocent derrière les barreaux. La qualité sonore est bien loin d’être le critère déterminant du podcast et c’est bel est bien la manière d’amener l’enquête qui a fait le succès de la série. L’ambiance propulse l’auditeur dans un véritable thriller aux côtés de la journaliste qui partage ses notes, fouille, téléphone auprès d’avocats, s’entretient avec plusieurs témoins, remue ciel et terre pour connaître la vérité auprès de la police, de la justice, de l’accusée. Elle égrène avec l’auditeur tout le long de l’enquête ce qui rend le récit progressif et d’autant plus haletant puisqu’on la suit presque en temps réel dans cette enquête. Où des millions de personnes avec plus de 100 millions de téléchargements se sont enjaillées pour Serial qui a d’ailleurs réussit à remettre au grand jour cette affaire non-élucidée.

Sérial podcast d'investigation
Le podcast « Serial » a réouvert le dossier et un nouveau procès pour Adnan Syed, accusé du meurtre de Hae Min Lee

« The Message » quant à lui, est une série de science-fiction avec plus de 4 millions d’écoutes qui lui non-plus, n’a pas fait l’usage de son binaural. Pourtant, le format science-fiction s’y portait bien ! On peut dire que le succès de ce podcast repose principalement sur le talent du scénariste Mac Roger et de la réalisatrice Rachel Wolter qui transporte et plonge l’auditeur dans un docu-fiction amené par la protagoniste fictive et journaliste. Elle sera la passeuse entre le public et une équipe de scientifique essayant de décrypter un message alien d’il y a 70 ans… Le soin est apporté à l’histoire de chacun des personnages plus vrais que nature, ayant chacun son histoire, sa personnalité, ses objectifs. Mais c’est aussi grâce à la réalisation qui amène graduellement l’auditeur dans une ambiance angoissante et le dispositif d’une mise en abyme du podcast dans le podcast, du message dans le message…

Vous l’avez bien compris, un podcast en son binaural sans scénario, c’est comme le dernier Endgame des Avengers… Les effets spéciaux à gogo ne sont pas les garants d’une bonne histoire qui vous porte aux tripes. D’ailleurs, le petit dernier de France Culture Projet Orloff sorti en septembre dernier et à la réalisation sonore classique commence à très bien décoller…

Si en France l’industrie du podcast est à ses débuts, la production de « fiction » est encore à ses balbutiements du fait de son coût de production élevé. La plateforme Sybel se voulant le Netflix des séries audios, a levé 5 millions d’euros cette année 2019. Dont 2 millions seront dédiés à une trentaine de créations originales. Parmi celles-ci, la plateforme favorisera-t-elle les effets spéciaux apportés par le binaural dans ses séries ou accordera-t-elle plus d’importance à la narration et au storytelling porté par une pool de scénaristes ? Nous espérons qu’elle optera pour le second choix. Nous réacs? Nooooooon !

Dans tous les cas, nous attendons avec impatience LE podcast français qui saura allier avec brio la technologie binaurale au service d’un récit intelligent, divertissant et avant-gardiste. Peut-être existe-t-il déjà à vos yeux ? N’hésitez pas à nous partager votre avis et à nous corriger en terme de technique binaurale ! Car à défaut d’être aveugles, on est surtout à l’écoute chez dire-son ! 😉

Bilan du Paris Podcast Festival : 2e édition

Paris podcast festival
2e edition à la Gaieté Lyrique du Paris Podcast Festival 2019

Du podcast amateur au podcasts pro : une histoire de famille

Lors de cette édition 2019, nous avons été surpris et ravis de voir un public aussi présent à la Gaieté Lyrique. Des accrédités auditeurs avec des tours de cou violet de la couleur d’Ausha, des non-accrédités journalistes ou réal, auteur.es qui ont malgré tout pu rentrer aux événements. Dans les trois principales salles de conférences pour accueillir masterclass, émissions enregistrées et conférences sur les tendances et pratiques d’écoute du podcast, Dire-son était bieeeeen !!! Dans les fauteuils confort de cette salle parisienne, au détour de conversation captées ça et là, on a vu fourmiller l’enthousiasme et le créativité du beau monde entre les différents espaces. On a pu réseauter par ci par là en flirtant de près ou de loin avec nos studios de podcast ou nos animateurs favoris. On a surtout été très excités d’apercevoir la voix mythique de Constance d’Audible, annonceur principal de Louie Media mais aussi l’excellent Victoire Tuaillon et sa masterclass pour les Couilles sur la table.

Cette rencontre fut un succès dans le sens où elle a réussit à réunir comme dans l’univers des conventions en jeu vidéo, une communauté de passionnés, professionnels, fans et amateurs. Ce qui a fait de cet événement quelque chose d’accessible et d’intime, à l’image du podcast son.

L’attrait du podcast pour tous, et même les marques

Nous avons aussi apprécié la journée du vendredi, riche en contenus au sujet des pratiques d’écoute du podcast natif des français, comment soutenir la création, les nouveaux publics… Tant d’informations qui sont des mines d’or pour les nouveaux studios de productions de podcasts comme nous, pour orienter leur ligne éditoriale aux besoins des auditeurs.

Le podcast se fraye une place tout doucement dans la frénésie des informations chaudes, loin de la performance chiffrée et des métrics et pourtant, c’est un format qui drague les marques. L’écoute suspendue, l’instant à soi qu’offre le podcast est une pause qui nous emmène loin de la cadence des grandes villes. C’est une parenthèse dans le quotidien qui apporte un souffle au quotidien dans l’immersion totale de la voix, mais c’est aussi un temps d’attention inestimable. Les annonceurs l’ont bien compris, le nerf de la guerre est le temps de cerveau disponible et c’est pourquoi les marques veulent être les premiers dans leur domaine à avoir un podcast. Seulement, pas à n’importe quel prix : elles veulent créer une expérience authentique, innovante, créative et une attache avec leurs usagers. C’est pourquoi elles s’alignent aux enjeux de ne pas gaver de snack content les consommateurs, mais plutôt de les nourrir d’histoires et de conversations profondes avec des artistes, des intellectuels, des amis à travers le podcast.

Lors du débat « Quelle stratégie podcast pour les marques » avec Havas Paris, Guerlain, Audible et EDF, nous avions aussi Guillaume Derachinois du côté des studios de production de podcast avec Moustic the audio agency qui nous a lancé ce chiffre : un bon podcast est un podcast qui fait entre 1000 et 10 000 écoutes après le 1e mois de lancement d’après les sources d’une plateforme de streaming qu’il a consulté. Ca n’est pas tant en comparaison des millions de vues que peuvent générer des vidéos youtube d’influenceurs. Mais cela a plus de sens en terme de proximité avec ses clients et en terme de pertinence entre les valeurs d’une marque et ce qu’elle défend en commun avec ses usagers. Havas, une des plus grandes agences de communication et de publicité au monde l’a bien compris, en lançant le label « Meaningful content » . Car selon eux, les trois-quarts des consommateurs achètent des marques qui partagent leurs valeurs.

podcast et marque paris podcast festival
Débat : quelle stratégie podcast pour les marques

Si vous êtes sceptique et que vous ne voulez pas vous laisser corrompre par le grand capital, dites-vous simplement que sur internet, il y a de la publicité de partout et que la création à un coût de production qu’il faut payer pour rémunérer ses auteurs. Les marques ont ces moyens là. (contrairement aux auditeurs qui doivent continuer à avoir un accès gratuit aux podcasts) Que vous le vouliez ou non, c’est inévitable. Même avec le meilleur Adblock qui soit, vous aurez toujours de la pub qui vous matraquera. Si la publicité ciblée reste pénible pour vous et vous donne la sensation d’être dans Big Brothers, posez vous la question : n’est-ce pas finalement mieux de naviguer sur internet avec ce ciblage plutôt que de recevoir des publicités de steak Charal quand on est végétarien ? Nous préférons chez Dire-son, adopter le modèle économique de la publicité avec du brand-content pertinent. Comme avec le podcast Bullied sur le harcèlement scolaire, nous avons choisi Clairefontaine, leader français des fournitures scolaires pour nous soutenir.

De plus, si l’on considère les marques comme des entités à part entière, n’est-il pas important qu’elles aussi s’adaptent à des valeurs éthiques, durables, progressiste ? A défaut de ne pas pouvoir abolir la société de consommation et tous ses canaux de diffusion, ne vaut-il pas mieux essayer d’influencer les marques et les utiliser comme sonotone pour transmettre des sujets vraiment importants? En fait, ce n’est pas les marques qui dictent la mode. C’est à elles de suivre les tendances et l’ère du temps. A nous, consommateurs, influenceurs, artistes et journalistes d’orienter leur manière de produire et de communiquer par nos comportements d’achat et nos choix de consommation.

Le Paris podcast festival a donc permis grâce à ces ateliers et débats, de dessiner de nouveaux axes de réflexions et d’actions. Mais il a surtout provoqué des synergies et des liens entre différents acteurs de l’écosystème podcasts : diffuseurs, annonceurs, studio de production, influenceurs qui ouvrent le champs des possibles pour ce format.

Des registres à explorer

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Enfin, ce week-end a été fort en émotions puisqu’il a suscité de nombreuses idées en titillant notre créativité et nos envies d’écrire et enregistrer. Nous avons pu constater qu’il existait des créneaux à prendre au niveau de la comédie, des récits jeunesses, de l’érotisme et de la fiction. En effet, si l’humour est aujourd’hui le registre number one chez les américains, la France est encore très frileuse à se lancer dans ce registre qui est pourtant porteur d’avenir. Les récits pour les enfants et les livres audios ayant le vent en poupe en opposition à la société des écrans, il est tout à fait normal d’attendre au tournant de plus en plus d’histoires et d’oralités qui s’adressent aux bambins. Tout est encore à créer et cela est grisant !! Quant à la sexualité, le sujet qui suscite le plus de passions et de tabou, elle fait l’objet de tutos et de témoignages réels. Mais l’ouverture au porno ou à l’érotisme en audio est un vrai eldorado et tout reste à ré-inventer. Lors de la conférence « Porno audio et porno bio », nous avons eu l’intervention de CTRL X, Voxxx ou encore le son du désir, des podcasts de fiction érotique qui nous ont rapporté l’engouement du public pour l’audio érotique. A leur grande surprise, ils ont réalisé que la gente masculine était au rdv aussi bien que la gente féminine (généralement plus nombreuses en ce qui concerne la littérature érotique par rapport aux hommes) et que leur audience était très friande de ce nouveau format qui provoquait des émois et des haut les coeurs. Une place à prendre! Peut-être bien pour Dire-son qui se fera le plaisir de vous émoustiller…

En bref, ce moment incontournable nous a donné des ailes et nous avons adoré cette émulation entre créateurs et passionnés. Espérons que cet espace de rencontres et d’échanges qu’a permis la seconde édition du Paris podcast festival continuera de garder cet esprit populaire et diversifié dans le futur. En tout cas, bravo à l’association les écouteurs qui ont organisé ce moment ainsi que tous les bénévoles qui ont fait un travail remarquable. Merci à eux pour avoir titillé notre curiosité et rendu cette expérience collective tout en promouvant le podcast sans hiérarchiser les registres, les formats et les modèles.

Vivement la 3e édition !!!

Et surtout, réécoutez les enregistrements des événement que vous avez loupé ici !

Podcast : quand la marque Clairefontaine s’engage dans la lutte contre le harcèlement scolaire

Ma vie de courgette de Céline Sciamma
maltraitance enfant, podcast bullied
« Ma vie de courgette » de Céline Sciamma

Tandis que se livre une véritable course aux podcasts pour les géants comme Guerlain, EDF ou Orange pour être LE pionnier dans le domaine du marketing digital, d’autres marques aux budgets moindres s’alignent aussi sur la tendance de l’information « slow ». C’est le cas de la marque leader de fournitures scolaires et bureau Clairefontaine. A quelques jours de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, Régis Kumar nous explique l’enjeu de cette marque à sponsoriser « Bullied », le podcast sur le harcèlement scolaire.

Bonjour Régis. Nous connaissons la marque Clairefontaine pour la qualité de son papier épais et « fancy » depuis 1858. Contrairement aux idées reçues sur l’industrie du papier en général, vous vous démarquez au niveau de l’engagement pour l’écologie mais aussi l’éducation. Pourriez-vous nous en parler ?

En effet, notre ADN principale est liée à la qualité et engagée écologiquement et socialement. Clairefontaine n’utilise par exemple, que des fibres issues de déchets de scieries provenant de forêts gérées durablement. Ce qui garantit la bonne gestion de nos forêts. Les questions relatives à l’écologie sont présentes depuis de nombreuses années, bien avant qu’il ne soit « tendance » de communiquer sur le sujet. Nous avons d’ailleurs remporté un « trophée de l’eau » en 1988 ! Nous sommes certifiés par des labels écologiques reconnus internationalement depuis longtemps et possédons notre propre station de traitement des eaux. 

Concernant l’éducation, c’est une conviction naturelle au sein de la société qui nous pousse à proposer des outils de qualité pour l’apprentissage des plus petits, mais aussi de faire tout notre possible pour aider les plus grandes associations, comme l’UNICEF, mais aussi les plus modestes dans leurs missions d’accompagnement et d’aide aux enfants dans le monde.

Vous ciblez les écoliers, étudiants et aujourd’hui artistes ou créatifs de tous bordsComment vous adaptez-vous au plus près des habitudes de vos usagers depuis plus de 160 ans et comment communiquez-vous ?

Clairefontaine est traditionnellement présent lors de la rentrée des classes, c’est un moment incontournable pour nos prises de paroles à la télé ou en affichage. Nous avons un site qui permet d’être proche de nos clients avec qui nous avons de nombreux retours sur nos articles. Et depuis quelques années, nous communiquons également en continu sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, Twitter, Pinterest. Nous avons aussi été présent sur Snapchat lors de son lancement, je ne pense pas que beaucoup de marques de fournitures scolaires y aient été vues… Nous faisons également des opé avec des influenceurs ou youtubeurs populaire auprès des ados via des placements produits et mécénats, ou lors d’événements spéciaux culturels ou sportifs.

Comment vous démarquez-vous de vos concurrents en terme d’innovation ?

Clairefontaine soutient le studio de podcast dire-son

Pour la partie produits nous proposons une gamme très riche et variée : formats, matières, couleurs, accessoires en nous adaptant aux besoins et aux tendances actuelles complémentaires à notre offre traditionnelle. Ainsi, nous élargissons nos produits en beaux-arts (papiers, carnets, feuilles, blocs, pochettes,…) et en loisirs créatifs (origami, papiers de soie, crépon, scrapbooking, décopatch). Nous avons également dans notre univers des marques de jeux éducatifs et éveil créatif. Parallèlement nous continuons nos efforts en terme d’innovation produits pour l’offre classique papeterie pour toujours rester leader sur le marché. Sur la partie communication, nous trouvons justement de nouveaux vecteurs en investissant des événements culturels comme l’Exposition Toutankhamon à Paris.

Les objectifs peuvent varier d’une campagne à l’autre. Le maître mot reste néanmoins la qualité. Nous voulons aussi insister sur le faire que nous connaissons très bien nos utilisateurs et sommes au fait de leurs attentes et préoccupations. Nous essayons donc de renouveler régulièrement nos prises de paroles d’un point de vue créatif et aussi en s’associant à des évènements ou médias forts, sur lesquels nous sommes moins attendus pour surprendre nos cibles. Comme par exemple avec notre partenariat avec Seb La Frite dans un clip de rap qui a fait près de 5 millions de vues, ou avec le podcast BULLIED !!

Bullied podcast dire-son
Le podcast Bullied saison 1

Nous sommes très investis dans les problématiques liées à l’éducation et les jeunes et nous sommes convaincus que les marques ont un rôle à jouer dans ces changements. Que ce soit dans le sport comme la culture, il est important de s’impliquer dans l’environnement des jeunes et donc de s’engager aussi sur les problèmes et difficultés qu’ils peuvent rencontrer : au travail comme à l’école, le harcèlement est un vrai fléau. Les récentes opérations sur les réseaux comme « Balance ton porc » ont permis de mettre le doigt sur ces problèmes. Nous sommes persuadés que des opérations comme celles menées par dire-son, sont et seront bénéfiques pour informer, sensibiliser et lutter contre ces formes de harcèlements qui peuvent véritablement détruire un être humain. C’est donc tout naturellement que nous avons accepté de sponsoriser.

Pourquoi vous êtes-vous positionné de la sorte et comment allez-vous intégrer ce partenariat à votre communication digitale ?

Quelles sont vos attentes par rapport à ce support ?

Qu’il soit viral et qu’il connaisse une bonne audience pour sensibiliser un maximum de personnes autour de ce sujet. Même si les témoignages sont parfois durs, c’est comme regarder un documentaire sur la guerre ou écouter le témoignage d’une victime. C’est parfois émouvant ou poignant, mais nécessaire pour faire bouger les choses. Qu’il nous apporte aussi de la visibilité car c’est aussi une opération de communication, nous ne nous en cachons pas. Mais encore une fois, comme pour l’UNICEF ou l’exposition Toutankhamon, ce qui nous rend encore plus fiers, c’est de participer à ces projets culturels et sociétaux.

Merci Régis.

Vous pouvez retrouver le 7 novembre en intégralité les interviews de Bullied saison 1 sur Spotify, Deezer et toutes les applis mobiles de podcasts tels que Podcast Addict, Tootak…