LA PTITE BOMBE DE PODCAST 2020

podcast cours redwane cours
Un podcast produit par Nouvelles Ecoutes sorti en novembre 2019

Pendant que les fêtes de fin d’années se digèrent lentement et que l’on commence à faire des entorses aux bonnes résolutions, Dire-son vous recommande un podcast produit par Nouvelles Ecoutes qui vous reboostera et vous fera oublier le coup d’mou de la mi-janvier à coup sûr ! (eh oui on s’approche de la prédiction des New Order et du fameux blue monday…)

Dès le générique « Cours, Redwane, cours !« , on est happé par une bonne grosse trap qui donne la gnak en deux temps trois mouvements : propulsé par le challenge édifiant que Redwane le protagoniste de ce plog (un vlog en podcast?) va relever. Il ne s’agit pas d’un énième podcast de coaching mental ni de tuto pour améliorer son endurance comme « Dans la tête d’un coureur« , (excellent podcast par ailleurs) mais plutôt de suivre la mission presque impossible de ce jeune homme pour faire le marathon de Paris 2021, c’est-à-dire 42 km en 6h.

Si Redwane n’est pas un athlète né et que rien ne le destinait à courir, qu’il aurait aussi voulu grimper l’Everest comme Nadir Dendoune n’étant pas un alpiniste né, son métier de journaliste nous permettra de partager avec lui les épreuves à surmonter grâce à ce podcast qui vous tiendra en haleine… Réussira ou réussira pas ?

Ne vous inquiétez pas, on ne vous assénera pas de conseils minceur ou sportif à gogo, simplement, on sera aux côtés de Redwane et on l’accompagnera dans son quotidien pour aller au-delà de la démotivation, entendre ses progrès… Et on fait le pari qu’il y arrivera ! On rit, on affronte les difficultés, les galères des tentations pizza à l’épisode 4, les remarques de sa famille qui le charie sur ce projet plus qu’ambitieux (puisque même un coureur lambda aurait des difficultés à y arriver). Nous sommes allé lui poser quelques questions dans les starting blocks pour tâter la température… Vous êtes prêt ?

Entretien avec Redwane Telha

Tu es le protagoniste de « Cours, Redwane, Cours ! » sorti le 28 novembre dernier. Peux-tu te présenter un peu ?
Je m’appelle Redwane Telha, j’ai 27 ans, je suis marié, je suis rédacteur en chef de l’Instant M, l’émission médias de France Inter et animateur de Pouce, une émission sur Clique TV consacrée aux numériques et aux réseaux sociaux. Mon métier me passionne, les sujets que je traite me fascinent depuis toujours. Mon autre grande passion, c’est le basket américain. Fan absolu de la NBA !

C’est un gros défi car tu n’es pas du tout coureur ni sportif à la base. Comment t’es venu ce projet?
J’avais envie de me mettre en danger, de me dépasser. C’est justement parce que je ne suis pas coureur à la base que j’ai eu envie de me lancer dans ce projet. Je voulais accomplir quelque chose qui pourrait impressionner les gens autour de moi. J’avais envie de dépasser la question du handicap et réussir un exploit que même les athlètes valides ont du mal à atteindre. Le marathon s’est imposé comme une évidence. J’ai tout de suite eu envie de faire ce projet sportif un projet médiatique. Dès que Nouvelles Écoutes m’a donné son accord, j’ai foncé sans trop me poser de questions.

Pourquoi maintenant?
Tout simplement parce que j’étais en manque de défi et que je tournais en rond depuis quelques temps. Toute ma vie, j’ai dû me surpasser pour atteindre mes objectifs. Quand j’étais petit, marcher sans trébucher me semblait impossible. Ado, on me disait que les métiers du journalisme seraient inaccessibles pour moi. Après avoir atteint la plupart de mes objectifs professionnels, j’ai eu besoin de me mettre à nouveau en danger. Je savais que ça passerait par le sport. Et lorsqu’on en a parlé avec Nouvelles Écoutes, on a senti qu’il fallait se lancer très vite. Je me laisse 500 jours pour atteindre mon objectif. Ça nous laisse un peu de temps.

J’avais envie de dépasser la question du handicap et réussir un exploit que même les athlètes valides ont du mal à atteindre.


Tu as choisi de partager ton challenge via le podcast audio, est-ce que tu peux nous dire pourquoi ce média et pas un autre? (blog, youtube, réseaux sociaux…)
Pour deux raisons : d’abord parce que le podcast est le média de l’intime. Il permet plus facilement de se raconter, on a presque l’impression de chuchoter son histoire à l’oreille de l’auditeur. Ensuite, contrairement à YouTube et aux caméras, le micro n’est pas envahissant. Et lorsqu’on s’entraîne plusieurs fois par semaine, c’est précieux. Un micro, c’est léger. Je ne pourrais pas courir avec mon reflex aha. 

Redwane Telha
Rédacteur en chef de l’Instant M sur France Inter

Comment s’est fait ta rencontre avec Nouvelles Ecoutes et pourquoi ton aventure les a intéressés à ton avis?
J’ai rencontré Julien Neuville (co-fondateur de Nouvelles Écoutes) après avoir échangé sur les réseaux sociaux. On s’est vu plusieurs fois et j’ai eu envie de lui proposer ce projet. Je crois qu’il a accroché parce que ce podcast raconte la différence et le handicap à la première personne, sans être anxiogène ou larmoyant. Mais il faudrait lui demander directement 🙂

Mais je ne veux surtout pas que mon message sonne comme une injonction à la performance. Chacun vit son handicap ou son surpoids comme il l’entend.

Tu as une hémiplagie que tu expliques à ta nièce au premier épisode et tu pèses plus de 100 kg (en tout cas pour le moment). Peux-tu nous dire si ton quotidien est affecté par cela et comment il change ou pas ta perception du monde?
Concrètement, ça ne change pas grand chose. J’ai l’impression de vivre normalement. Le fait de grandir avec un handicap m’a sans doute un peu (trop ?) renforcé. Rien ne peut m’atteindre.

Est-ce important pour toi de montrer que les personnes porteuses de handicap ou en surpoids peuvent réussir comme les autres ? 
Il était important pour moi de montrer que les personnes porteuses de tout type de handicap (je pense même au handicap social !) ou en surpoids peuvent faire ce qu’elles veulent. Si elles veulent se dépasser, qu’elles le fassent ! Mais je ne veux surtout pas que mon message sonne comme une injonction à la performance. Chacun vit son handicap ou son surpoids comme il l’entend.

As-tu déjà subi du validisme ou de la grossophobie ?
Oui, surtout quand j’étais gamin. Je n’ai jamais été victime de grossophobie parce que mon obésité a tendance à s’effacer derrière mon handicap. On me voit plus comme un boiteux que comme un gros. Mais j’ai moi-même fait preuve de validisme et de grossophobie vis à vis de moi-même. Je n’ai jamais supporté cette différence et j’ai parfois été violent vis à vis de mon corps. Ce projet, c’est une réconciliation entre mon corps et mon esprit.

Quel est ton message principal à travers le podcast « Cours, Redwane, cours ! »
Tout est dans le titre ! Comme dans Forrest Gump, je cours pour être en paix avec moi-même. Je cours pour me surpasser. Et j’espère bien embarquer dans ma course tout un tas de gens qui se retrouveront dans mon parcours et ma détermination.

Forest Gump Cours redwane cours
Forrest Gump « Run Forrest, Run ! » a inspiré le titre du podcast

Tu as dis après le 2e épisode seulement que tu avais eu beaucoup de messages d’encouragement de la part des auditeurs que tu remercies. Quel soutien as-tu parmi tes proches ou des inconnus ? Est-ce que ça t’aide pour relever ce challenge?
Les messages m’aident à ne rien lâcher. Très fier de ce soutien. Les jours où j’ai un peu la flemme, c’est précieux.

On te souhaite beaucoup de motivation et bravo pour ton courage en tout cas! Que peut-on te souhaiter pour 2020 et les quelques 400taines de jours qu’il te restent avant le jour J ?
Merci beaucoup. Souhaitez moi de ne pas me blesser et d’aller au bout ! On ne lâche rien.

On l’a compris, Redwane est déter et ça inspire ! Ca donne envie d’enfiler ses baskets et de faire pareil que lui : courir pour se prouver qu’on est capable aux yeux des autres mais surtout pour soi-même. Et si on n’a pas envie de mettre les baskets tanpis, on sera là pour suivre et porter son exploit. Si les discriminations qu’il a pu vivre au cours de son parcours n’ont pas eu raison de lui et que l’autodénigrement a pu croiser sa route, il n’est pas prêt de se laisser abattre. Et c’est un message de dépassement de soi et surtout de tolérance et de respect qu’on entend là. Le caractère fonceur de Redwane nous porte bel et bien on le confirme, nous supporters/auditeurs, qui l’écouterons transformer ce défi délirant en espoir collectif. Et on y croit !

Vous pouvez écouter le podcast « Cours Redwane Cours ! » sur le site de Nouvelles Ecoutes, sur Spotify, Deezer, Applepodcast ou Soundcloud. Un épisode toutes les deux semaines : http://www.nouvellesecoutes.fr/podcasts/cours-redwane-cours/

Quand le podcast drague les (parents d) ados…

Entre saison 2 sur Spotify

Si Greta Tunberg fait la une du Times magasine, c’est grâce au souffle d’espoir qu’elle inspire à toute une génération Z, Y, millénials et aussi une floppée de soixante-huitards nostalgiques rêvant d’une société meilleure que celles qu’ils ont laissée. Ces jeunes qui osent parler de leurs craintes et qui sèchent les cours pour donner des leçons à leur aînées sont à la page et n’ont pas peur de critiquer les boomers. « A vingt ans… on est invincibleuh » comme disait Alyzé. En effet, c’est un âge où tout est possible, quelque soit l’époque. Une période incroyable où l’on a le droit de faire des erreurs, où la fougue et l’audace compensent le manque d’expérience et de sagesse. Cette nouvelle génération née un peu avant ou après l’an 2000 a la fougue et la rage des révoltes. C’est à eux, vingtenaires, qu’il incombe de nous faire rêver et de porter les revendications de leurs aînés, à eux de combler nos lacunes nous, vieux dinosaures de fin du XXe.

Mais en fait, l’adolescence n’a-t-elle pas toujours fait l’objet de fantasmes et de nostalgie ? De Gus Van Sant à Larry Clark en passant par Skins, 70’s Show, aujourd’hui Euphoria ou bien le classique American Pie, la littérature et le genre cinématographique foisonnent sur cet âge où l’on se construit…

Et si le podcast prenait lui aussi le pli? Nous balayons ici avec vous les podcasts qui mettent les pieds dans l’adolescence, cette population inventée au XIXe siècle qui caractérise cet âge de transition entre enfance et vie adulte…

Chambre d’ado sur France Inter

Et la chambre du fond à gauche près de la salle de bain, ben… c’est la mienne.

Thierry Marx

Comme dans une « chambre à soi », on cherche souvent le refuge dans cette pièce qui nous est propre : lieu de rêveries et de jeu où l’on peut être soi ou quelqu’un d’autre. Si vous ne connaissez pas encore, vous pourrez visiter « chambre d’ado » en compagnie de Christine Gonzalez et de ses invités. Elle alimente ses interviews d’éléments biographiques, de reportages, musiques et d’événements phares qui ont marqué ses invités : Annie Ernaux, Vikash Doraçao, Bérangère Krieff ou bien Thierry Marx ou bien Sheïla racontent le romantisme de cette époque qui les a forgé. Une émission très bien renseignée et intimiste sur chacun des invités : un croisement entre histoires personnelles et grands récits collectifs qui ont construit et forgé ces artistes, sportifs, cuisiniers. Un va et vient entre passé, présent et futur.

« Teen spirit » le podcast de Cheek Magazine

La journaliste et autrice Titiou Lecoq  au centre de l’épisode 5 de Teen Spirit

Que se soit dans les 90’s ou les débuts 2000s, l’adolescence a le charme d’un baiser torride sous une pluie torrentielle ou d’une vieille culotte sale traînant dans le fond d’un panier… C’est tout de même un moment clef dans l’existence d’un individu, qui le marque TOUTE SA VIE. Capter cet instant est tout l’objectif de « Teen Spirit », le petit nouveau de Cheek magazine, produit par Nova spot. Comme dans une chambre à soi, le format prend la forme d’interview mais de manière plus triviale. Ainsi, on ressort les gros dossiers de femmes célèbres comme Pomme, Alison Wheeler ou bien Izïa et on apprend leur rapport à la féminité et au fait d’être femme : les bribes et objets gardés au coin d’une boîte à souvenir, d’un agendas Didl, les premières pelles et premières fois, les tapisseries dans la chambre d’ado… Elles se livrent sur fond de confidence au micro des journalistes de Cheek : Myriam Levain, Julia Levain et Faustine Kopiejwski. Potins, plaisirs coupables et nostalgie garantie !

Dans le 10e épisode, Taous Merakchi nous livre ses années d’épouvante lié à son harcèlement scolaire… Comme quoi, être célèbre en étant adulte ne vous dispense pas d’une VDM étant jeune…

« Bullied » produit par Dire-son redéfinit la norme et les marges

Bullied saison 1

Etre teenager, c’est aussi apprendre les codes : ce qui se fait et ne se fait pas, la sociabilisation à travers l’intégration des normes tacites du collectif. Dans Bullied, des trentenaires parlent de leurs années collèges, période d’enfer pour nombreux d’entre eux. On interroge dans ce podcast la place des exclus, des rapports de domination mais aussi de la posture des suiveurs dans la mécanique du harcèlement. Une saison 2 se prépare pour focaliser sur le phénomène de cyberharcèlement, principalement vécu par les jeunes femmes puisque 80% des victimes sont du genre féminin…

Dans ces podcast où l’on « rewinde », ce qui est grisant, c’est de revisiter ces moments qui ont construits notre existence. Ils sont comme des clefs explorant le passé où les invités interviewés nous accompagnent vers ces contrées trop souvent oubliées : ils nous rappellent ces moments de nos vies où tendresse et violence se cotoîent au quotidien, où vulnérabilité cohabite avec puissance en l’espace de 30secondes. On passe du rire aux larmes en écoutant les témoignages de ces héro-ïnes ordinaires qui racontent leur vie entre souffrances profondes et joies intenses : les montagnes russes de cette âge fou en somme.

Quand on sait que dans le monde il y a actuellement 1 adolescent sur 6 individus (âgé de 10 à 19 ans) pour l’année 2018, il est grand temps de s’intéresser à cette frange de la population et de lui donner la place qu’elle mérite. Si l’on arrêtait de mépriser la jeunesse, les ados et les pré-ados auraient sûrement plus d’outils pour affronter les mutations numériques, la transition écologique et démographique… Le podcast, même s’il s’intéresse de plus en plus à l’adolescence et au jeune public, se doit maintenant de créer des espaces d’échange pour les ados et doit non seulement s’adresser aux ados mais surtout être adopté par les ados!

A quand un podcast pour les jeunes fait par des jeunes ? Allé hop, les plus de 25 ans, on déguerpit!

Jeune Juliette, grossophobie & harcèlement en teenage land

Sortie le 11 décembre 2019

Anne Emond réalisatrice québecoise s’adresse aux nostalgiques de la période de l’adolescence : inscouciance, premiers émois et gros coups durs ! Ce moment où l’on se cherche, où l’on construit sa confiance en soi et on essaie de s’affirmer, de plaire, d’être aimé.

Nous avons voulu parler de ce film car il est à l’image du podcast « Bullied », un retour en arrière vers cet âge tendre où la vie ne fait pourtant pas tout le temps des cadeaux. Avant la période de noël, allez voir « Jeune Juliette » un film à voir en famille et/ou entre amis, qui décrit de manière tellement juste les relations humaines.

Le personnage de Juliette que son père qualifie d' »enrobée » lorsqu’elle lui demande quand est-ce qu’elle a commencé à devenir grosse, est la protagoniste interprétée par la jeune et fantastique Alexane Jamieson. Cette héroïne est parfaite dans le sens où elle incarne avec brio l’anti-héro : d’abord elle est grosse et ne correspond donc pas aux standards de beauté et s’ennuie de sa vie plus qu’ordinaire… Elle fantasme sur le cliché du mec faussement rebel et rêve de s’installer à NYC aux côtés de sa mère. Ensuite, elle fait des erreurs, beaucoup de boulettes tout comme elle fait parfois preuve de bravoure, pour ce qui est de défendre les plus démunis ou faire ce qui lui semble juste. Son petit monde se résume à son père et son frère qui sont très cool, sa meilleure amie avec qui elle partage une relation cryptolesbienne et un petit garçon autiste asperger qu’elle baby-sitte. Ce beau petit monde qui l’entoure ne correspondant pas aux normes d’un monde où il faut être beau et populaire, elle les chérit et en a honte à la fois : son refuge est sa prison. « Losers » comme elle, elle rêve de s’échapper de son bled et de fuir sa condition de grosse intello pour retrouver un peu d’air à la « big apple ».

Le harcèlement : un phénomène insidieux multiformes

Dans cette comédie pleine d’humour et d’humanité, les personnages ne sont pas manichéens comme dans la plupart des teens movies : populaires / sportifs/ méchants gratuitement versus pauvres / intellos / harcelés. Rien n’est montré de manière gratuite et tout est nuancé, subtile. On y montre des rapports de force dominants/dominés comme dans le processus de harcèlement où le groupe broie l’individu. Mais on y montre aussi que parfois, ces rapports s’inversent. Même si la grossophobie reste un fléau sociétal, on évoque aussi l’homophobie ordinaire dans une société québecoise plutôt progressiste envers les personnes lgbt+. On évoque aussi bien les différentes réactions face aux petites violences au quotidien qu’on peut ignorer ou esquiver grâce à la réparti, comme les humiliations qui marquent à vie et provoquent l’envie de s’isoler, de partir loin…

La force de ce film qui peut parfois faire penser à « Precious » dans l’humour malgré la tragédie, ou encore la série « The end of the fucking world« qui célèbrent les « weirdos » est un hymne à la différence. Ces oeuvres qui décrivent de manière juste des relations complexes et fortes qui reposent en fait, sur des gestes et des actes d’amour : souvent les plus simples et les plus beaux…

Dire-son ne peut que vous recommander chaudement cette comédie qui parle donc de harcèlement, mais aussi de quête d’identité, d’amour de soi et des autres. « Jeune Juliette, comme notre podcast « Bullied« , ne verse ni dans le mélodrame ni ne réduit les personnes harcelées à leur condition de victimes. C’est un feel-good movie qui encourage à l’empowerment et au droit d’exister en dépit des autres. Une belle leçon de vie et d’espoir dans ce monde de bruts… !

En salle actuellement au Club de Grenoble, voici la bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19586505&cfilm=276141.html

Rencontre avec les initiatrices de THE WOMANIST PODCAST

Il y a quelques mois, nous avons découvert en défrichant quelques podcasts en rapport avec l’afroféminisme et le colorisme, ce podcast qui est une mine d’or d’informations nous apportant aussi une bonne dose de bonne humeur.

C’est d’abord le côté radiophonique sous forme de discussions entre meufs racisées qui a retenu notre attention. Mais c’est surtout le sérieux des sujets traités de manière intersectionnelle sur un ton décontractée qui nous a convaincu : une perspective féminine et ethnique, sans se revendiquer militantes pour autant.

En fait, dans the Womanist, la pluralité des avis est très grande, car chacune des animatrices donne son opinion de façon décomplexée sans censure ni jugement, que se soit pour débattre de harcèlement de rue comme de culture pop !

Chacune parle de sa propre expérience sans en faire des généralités ou sans élaborer des théories pompeuses. On traite politique dans les épisodes sur le colorisme, l’appropriation culturelle ou le racisme anti-blanc… En démantelant aussi bien les clichés sexistes et racistes de l’angry black woman qu’en discutant de sujets plus « lifestyle » comme l’amour mixte, les sexualités, les réseaux sociaux, cette bande de femmes noires françaises immigrées aux US, nous partagent un pan de leurs réflexions à la lueur de leurs expériences personnelles en tant que femme de couleur noire, francophone et tant d’autres facettes de leur identité plurielle… Dans le dernier épisode par exemple, on se penchera sur le phénomène de gentrification et de blackgeoisie ! C’est pour cette raison que dire-son a voulu les interroger pour comprendre les coulisses de cette émission qui contribue à lever le tabou autour du mot « communautarisme » et parfois même « féminisme ».

Interview

Bonjour  Louisa et Laethycia. Comment vous est venu l’envie de faire ce podcast ? Au départ vous étiez 3 et maintenant vous voilà 7 !

The Womanist Podcast est né d’un besoin de s’exprimer sur les sujets qui nous touchent, nous femmes noires, de créer un espace “safe” où l’on pourrait apprendre, échanger et donner nos avis. 

Toutes les animatrices vive à New York, ville multiculturelle. Vous vous adressez principalement aux femmes noires à l’identité multiculturelle. Pourriez-vous préciser ?

On parle ou on dit souvent “la femme noire” en oubliant toute sa diversité, qu’il s’agisse de nos origines, de nos cultures, notre identité sexuelle, notre appartenance à une ou des sous-cultures, notre environnement etc. À travers le podcast, on s’adresse à la diaspora, aux femmes noires où qu’elles soient, dans toute leur diversité et leur complexité. Malgré le fait que nos expériences en tant que femmes noires aient de nombreux éléments en commun, nous sommes toutes différentes.

On a choisi de s’exprimer en français parce que c’est notre langue maternelle et parce qu’on s’adresse principalement aux femmes noires francophones, notamment parce qu’on trouve que les discours des racisés sur les problématiques sociales et raciales qui touchent ces femmes est encore trop bridé dans les pays où l’on parle français.

La France est en retard en ce qui concerne les mouvements décoloniaux et antiracistes ?

Honnêtement, c’est difficile à évaluer de façon objective puisque nous n’y sommes pas mais il nous semble qu’effectivement il y a un gros retard en France ou plutôt une grande résistance de la société française. Cela dit, il y a aussi un gros travail qui est fait par de nombreux groupes, associations, collectifs, etc. et d’autres initiatives plus individuelles. Force et courage à eux.

« On trouve que les discours des racisés sur les problématiques sociales et raciales qui touchent les femmes noires est encore trop bridé dans les pays où l’on parle français. »

Vous définiriez-vous comme militantes et/ou afroféministes ?

Le fait de produire un (bientôt plusieurs) podcast qui s’adresse aux femmes noires et d’avoir les opinions que nous avons, on considère que c’est un acte militant ou engagé. Mais se définir comme militantes et/ou afroféministes, pas vraiment parce qu’on n’aime pas les labels et parce qu’on a un grand respect pour les gens qui le sont et qui travaillent dur sur le terrain.

Pourquoi avoir choisi le format podcast et comment définissez-vous les thématiques de chaque épisode ? 

Le format podcast est apparu comme une évidence. Dans une société où tout le monde est obnubilé par l’image et où la capacité d’attention a beaucoup diminué, le podcast est un peu à contre courant même si paradoxalement il est très populaire. Pour nous, il permet de garder un peu d’authenticité et de spontanéité (même si les enregistrements sont préparés et un minimum édités). C’est aussi une façon de dire – ce qu’on dit, c’est important. 

Les thématiques sont choisies en fonction de nos inspirations ou de sujets qui font l’actualité. On reçoit également beaucoup de suggestions de nos auditeurs.

Quels podcasts écoutez-vous et recommanderiez-vous en terme d’excellence ?

Nous n’écoutons pas vraiment de podcasts en français pour éviter d’être influencées. Par contre, pour ce qui est des podcasts en anglais, on aime beaucoup ce que font The Heart, Therapy For Black Girls, Oprah’s Super Soul Conversations et Ear Hustle.

Même si elles restent modestes quant à leurs intentions féministes et inclusives, nous sommes convaincue que l’engagement transparaît dans ce podcast qui s’adresse à des femmes issues de minorités ethniques car il peut trouver un écho à leurs questionnements au quotidien. Et ça c’est fort !

Merci à toute la team de The womanist d’avoir répondu à nos questions ! En leur souhaitant une bonne continuation et beaucoup d’auditrices… ❤

Vous pouvez écouter tous leurs podcasts sur leur page internet ici : https://www.thewomanistpodcast.com/episodes

Le son binaural : effet bling bling ou révolution sonore ?

podcast son binaural casque or
Reproduction du casque d’un des membres de Daft Punk

Récemment de nombreux studios de podcasts se démarquent de la plèbe des podcasteurs indé avec notamment la monétisation par les annonceurs, mais aussi avec une toute nouvelle technologie de pointe : le son binaural. Dernièrement, le studio Bababam a sorti le podcast de fiction « Noises » qui vend les mérites d’une narration décuplée d’intérêt grâce au son binaural. Ce ne sont pas les premiers à se lancer dans cette technologie du tur-fu, puisque de nombreux studios se l’arrachent comme la 3d au cinéma multiplex.

Mais la 3D sonore, est-ce vraiment une valeur ajoutée pour la narration audio ? Ne pouvons-nous pas nous contenter de la bonne vieille stéréo qui suffit largement à raconter une histoire ? Est-ce une technologie pour des podcasts de certains genres en particulier et superproductions ? D’abord, voyons voir de plus près ce qu’est le son binaural si vous le voulez bien.

Le binaural vulgarisé

Parce qu’un son vaut mille mots, cliquez d’abord sur ce lien : virtual barber shop !! Une des plus célèbres démonstrations d’expérience sonore en binaural qui a drainé plus de 30 millions de vues,nous transporte chez le barbier comme si nous y étions rien qu’en fermant les yeux.

Le son binaural reproduit l’écoute naturelle de manière à situer le son dans l’espace et arrive contrairement à la stéréo, à repérer les sons et leur timbre ainsi que leur champs de profondeur quand ils passent à côté de vous : en dessous quand le métro vibre sous vos pieds, ou au-dessus de vous quand les avions frôlent le ciel. Le son binaural comme le son est enveloppant, mais il permet à l’auditeur de se mettre dans la peau du narrateur comme s’il vivait l’histoire à sa place : mêmes perceptions auditives que le héro avec ses oreilles. Cette technologie procure une sensation de réalisme « in situ » qui peut donner des frissons à la manière de l’ASMR qui titille certaines parties du cerveau, (Autonomous Sensory Meridian Response) car elle apporte une dimension vibratoire et sensorielle supplémentaire à l’ouïe. N’oublions pas que le son est une onde sonore qui se propage de votre oreille à votre cerveau en spatialisant l’information qui bouge, retentit. Et c’est pourquoi le son binaural est incroyable : il reproduit à la perfection les mouvements de ce bruit. D’où le terme « immersion », que l’on entend souvent pour définir le son binaural, qui chatoient l’ouïe en filtrant les sons selon leurs provenances.

Son binaural, couleur des sons et David Hockney
« More felled trees on Woldgate » de David Hockney, 2008

L’enregistrement peut se faire soit en mettant des micros implantés dans les tympans et l’ouïe des protagonistes. (d’où la sensation d’être dans les oreilles de…) Soit en reproduisant le processus d’écoute physique par de savants calculs mathématiques que nous n’expliquerons pas ici car nos connaissances en physique et en accoustique sont limitées…

En bref, le son binaural est pour l’univers audio ce que la réalité augmentée est au jeu vidéo. Le mode d’écoute se fera à l’aide d’un casque audio, tandis que l’autre se fera avec un casque de réalité virtuelle. Une expérience utilisateur au top comme disent les UI/UX designers, puisque la sensation de réalisme est réussie!

Quand les plus grands s’y mettent

Bien sûr, Arté Radio et Radio France furent les précurseurs du format podcast natif en France. Arté a notamment produit des pastilles sonores ludiques pour plonger immédiatement l’auditeur.ice dans des univers hors du commun avec « Dans la tête » : ce podcast natif de moins de 3 minutes en binaural permet de se mettre dans la tête d’un dentiste, d’une skieuse, d’une personnes aveugle ou d’un batteur… lancé en 2015 c’est tout simplement une expérience kiffante.

Le service public et plus spécialement France culture s’est mis aussi avec des fictions et des séries comme « Hasta dente » ou « l’appel des abysses » et plus récemment « Dreamstation« . Ayant de plus gros moyens que n’importe quel studio, malgré toutefois leur restrictions budgétaires importantes pour les années à venir, il était certain de les attendre au tournant… Quant aux studios 100 % natifs, Louie Media tente le binaural pour de l’interviews cette fois, dans son podcast « Manger » (anciennement plan culinaire) pour décupler les papilles en cuisine avec le son des casseroles venant frôler vos écoutilles et déclencher la synesthésie…

hasat dente podcast
Feuilleton de podcast natif sur France Culture

Vous l’avez compris, le son binaural est à la mode et tous les studios de Pariwood se l’arrachent pour offrir à ses auditeurs une expérience sonore extraordinaire. Mais cet effet est-il vraiment spécial et garant du succès?

Un succès relatif : le scénario avant tout !

Pourtant si les podcasts de fiction en son binaural sont épatants, ils ne comptent pas parmi les meilleurs chiffres en terme d’audimat. Car non seulement au bout de 5 minutes on s’en lasse vite ou on l’oublie. (comme au cinéma quand au bout de 15 minutes on tente d’enlever les lunettes 3D parce que l’effet s’estompe avec l’habitude) Mais en plus chez certains, cela peut entraîner une sensation de gêne ou d’intrusion à l’écoute. Car le son au casque peut être dissonant par rapport aux sons qui se produisent dans la réalité que vit l’auditeur dans son quotidien : imaginez un mur s’écrouler surgissant dans vos oreilles pendant que vous êtes dans les transports en commun ou en train de cuisiner… Et si l’on se veut l’avocat du diable, il se peut même que ces effets sonores de passe passe puissent dévier l’auditeur de l’histoire car son cerveau sera parasité par les sons environnement plutôt que de se focaliser sur les dialogues… Il faut donc des conditions physiques d’écoute calme à l’écart de la foule, dans un endroit plutôt confiné pour profiter pleinement de l’expérience et être attentif à 100%. Ce qui n’est pas encore donné à l’heure de la baladodiffuson…

Mais revenons à nos chiffres et à nos moutons. Prenons l’exemple de success story de podcasts aux Etats-Unis, les number one du podcast dans le monde. Les séries qui ont battus des records d’audience sont « Serial » et la série « The message » qui, à votre grande surprise, n’utilisent pas la technologie binaurale.

Le premier est un reportage mené par la journaliste Sarah Koening qui réouvre l’enquête du meurtre d’une adolescente par son petit ami de l’époque en 1999. Ce fait divers s’est réellement déroulée à Baltimore et a été mis en lumière par la journaliste du fait du manque de preuves tangibles dans cette affaire, qui pourrait bien être une erreur judiciaire condamnant un innocent derrière les barreaux. La qualité sonore est bien loin d’être le critère déterminant du podcast et c’est bel est bien la manière d’amener l’enquête qui a fait le succès de la série. L’ambiance propulse l’auditeur dans un véritable thriller aux côtés de la journaliste qui partage ses notes, fouille, téléphone auprès d’avocats, s’entretient avec plusieurs témoins, remue ciel et terre pour connaître la vérité auprès de la police, de la justice, de l’accusée. Elle égrène avec l’auditeur tout le long de l’enquête ce qui rend le récit progressif et d’autant plus haletant puisqu’on la suit presque en temps réel dans cette enquête. Où des millions de personnes avec plus de 100 millions de téléchargements se sont enjaillées pour Serial qui a d’ailleurs réussit à remettre au grand jour cette affaire non-élucidée.

Sérial podcast d'investigation
Le podcast « Serial » a réouvert le dossier et un nouveau procès pour Adnan Syed, accusé du meurtre de Hae Min Lee

« The Message » quant à lui, est une série de science-fiction avec plus de 4 millions d’écoutes qui lui non-plus, n’a pas fait l’usage de son binaural. Pourtant, le format science-fiction s’y portait bien ! On peut dire que le succès de ce podcast repose principalement sur le talent du scénariste Mac Roger et de la réalisatrice Rachel Wolter qui transporte et plonge l’auditeur dans un docu-fiction amené par la protagoniste fictive et journaliste. Elle sera la passeuse entre le public et une équipe de scientifique essayant de décrypter un message alien d’il y a 70 ans… Le soin est apporté à l’histoire de chacun des personnages plus vrais que nature, ayant chacun son histoire, sa personnalité, ses objectifs. Mais c’est aussi grâce à la réalisation qui amène graduellement l’auditeur dans une ambiance angoissante et le dispositif d’une mise en abyme du podcast dans le podcast, du message dans le message…

Vous l’avez bien compris, un podcast en son binaural sans scénario, c’est comme le dernier Endgame des Avengers… Les effets spéciaux à gogo ne sont pas les garants d’une bonne histoire qui vous porte aux tripes. D’ailleurs, le petit dernier de France Culture Projet Orloff sorti en septembre dernier et à la réalisation sonore classique commence à très bien décoller…

Si en France l’industrie du podcast est à ses débuts, la production de « fiction » est encore à ses balbutiements du fait de son coût de production élevé. La plateforme Sybel se voulant le Netflix des séries audios, a levé 5 millions d’euros cette année 2019. Dont 2 millions seront dédiés à une trentaine de créations originales. Parmi celles-ci, la plateforme favorisera-t-elle les effets spéciaux apportés par le binaural dans ses séries ou accordera-t-elle plus d’importance à la narration et au storytelling porté par une pool de scénaristes ? Nous espérons qu’elle optera pour le second choix. Nous réacs? Nooooooon !

Dans tous les cas, nous attendons avec impatience LE podcast français qui saura allier avec brio la technologie binaurale au service d’un récit intelligent, divertissant et avant-gardiste. Peut-être existe-t-il déjà à vos yeux ? N’hésitez pas à nous partager votre avis et à nous corriger en terme de technique binaurale ! Car à défaut d’être aveugles, on est surtout à l’écoute chez dire-son ! 😉

Bilan du Paris Podcast Festival : 2e édition

Paris podcast festival
2e edition à la Gaieté Lyrique du Paris Podcast Festival 2019

Du podcast amateur au podcasts pro : une histoire de famille

Lors de cette édition 2019, nous avons été surpris et ravis de voir un public aussi présent à la Gaieté Lyrique. Des accrédités auditeurs avec des tours de cou violet de la couleur d’Ausha, des non-accrédités journalistes ou réal, auteur.es qui ont malgré tout pu rentrer aux événements. Dans les trois principales salles de conférences pour accueillir masterclass, émissions enregistrées et conférences sur les tendances et pratiques d’écoute du podcast, Dire-son était bieeeeen !!! Dans les fauteuils confort de cette salle parisienne, au détour de conversation captées ça et là, on a vu fourmiller l’enthousiasme et le créativité du beau monde entre les différents espaces. On a pu réseauter par ci par là en flirtant de près ou de loin avec nos studios de podcast ou nos animateurs favoris. On a surtout été très excités d’apercevoir la voix mythique de Constance d’Audible, annonceur principal de Louie Media mais aussi l’excellent Victoire Tuaillon et sa masterclass pour les Couilles sur la table.

Cette rencontre fut un succès dans le sens où elle a réussit à réunir comme dans l’univers des conventions en jeu vidéo, une communauté de passionnés, professionnels, fans et amateurs. Ce qui a fait de cet événement quelque chose d’accessible et d’intime, à l’image du podcast son.

L’attrait du podcast pour tous, et même les marques

Nous avons aussi apprécié la journée du vendredi, riche en contenus au sujet des pratiques d’écoute du podcast natif des français, comment soutenir la création, les nouveaux publics… Tant d’informations qui sont des mines d’or pour les nouveaux studios de productions de podcasts comme nous, pour orienter leur ligne éditoriale aux besoins des auditeurs.

Le podcast se fraye une place tout doucement dans la frénésie des informations chaudes, loin de la performance chiffrée et des métrics et pourtant, c’est un format qui drague les marques. L’écoute suspendue, l’instant à soi qu’offre le podcast est une pause qui nous emmène loin de la cadence des grandes villes. C’est une parenthèse dans le quotidien qui apporte un souffle au quotidien dans l’immersion totale de la voix, mais c’est aussi un temps d’attention inestimable. Les annonceurs l’ont bien compris, le nerf de la guerre est le temps de cerveau disponible et c’est pourquoi les marques veulent être les premiers dans leur domaine à avoir un podcast. Seulement, pas à n’importe quel prix : elles veulent créer une expérience authentique, innovante, créative et une attache avec leurs usagers. C’est pourquoi elles s’alignent aux enjeux de ne pas gaver de snack content les consommateurs, mais plutôt de les nourrir d’histoires et de conversations profondes avec des artistes, des intellectuels, des amis à travers le podcast.

Lors du débat « Quelle stratégie podcast pour les marques » avec Havas Paris, Guerlain, Audible et EDF, nous avions aussi Guillaume Derachinois du côté des studios de production de podcast avec Moustic the audio agency qui nous a lancé ce chiffre : un bon podcast est un podcast qui fait entre 1000 et 10 000 écoutes après le 1e mois de lancement d’après les sources d’une plateforme de streaming qu’il a consulté. Ca n’est pas tant en comparaison des millions de vues que peuvent générer des vidéos youtube d’influenceurs. Mais cela a plus de sens en terme de proximité avec ses clients et en terme de pertinence entre les valeurs d’une marque et ce qu’elle défend en commun avec ses usagers. Havas, une des plus grandes agences de communication et de publicité au monde l’a bien compris, en lançant le label « Meaningful content » . Car selon eux, les trois-quarts des consommateurs achètent des marques qui partagent leurs valeurs.

podcast et marque paris podcast festival
Débat : quelle stratégie podcast pour les marques

Si vous êtes sceptique et que vous ne voulez pas vous laisser corrompre par le grand capital, dites-vous simplement que sur internet, il y a de la publicité de partout et que la création à un coût de production qu’il faut payer pour rémunérer ses auteurs. Les marques ont ces moyens là. (contrairement aux auditeurs qui doivent continuer à avoir un accès gratuit aux podcasts) Que vous le vouliez ou non, c’est inévitable. Même avec le meilleur Adblock qui soit, vous aurez toujours de la pub qui vous matraquera. Si la publicité ciblée reste pénible pour vous et vous donne la sensation d’être dans Big Brothers, posez vous la question : n’est-ce pas finalement mieux de naviguer sur internet avec ce ciblage plutôt que de recevoir des publicités de steak Charal quand on est végétarien ? Nous préférons chez Dire-son, adopter le modèle économique de la publicité avec du brand-content pertinent. Comme avec le podcast Bullied sur le harcèlement scolaire, nous avons choisi Clairefontaine, leader français des fournitures scolaires pour nous soutenir.

De plus, si l’on considère les marques comme des entités à part entière, n’est-il pas important qu’elles aussi s’adaptent à des valeurs éthiques, durables, progressiste ? A défaut de ne pas pouvoir abolir la société de consommation et tous ses canaux de diffusion, ne vaut-il pas mieux essayer d’influencer les marques et les utiliser comme sonotone pour transmettre des sujets vraiment importants? En fait, ce n’est pas les marques qui dictent la mode. C’est à elles de suivre les tendances et l’ère du temps. A nous, consommateurs, influenceurs, artistes et journalistes d’orienter leur manière de produire et de communiquer par nos comportements d’achat et nos choix de consommation.

Le Paris podcast festival a donc permis grâce à ces ateliers et débats, de dessiner de nouveaux axes de réflexions et d’actions. Mais il a surtout provoqué des synergies et des liens entre différents acteurs de l’écosystème podcasts : diffuseurs, annonceurs, studio de production, influenceurs qui ouvrent le champs des possibles pour ce format.

Des registres à explorer

paris podcast festival oreille zone érogène

Enfin, ce week-end a été fort en émotions puisqu’il a suscité de nombreuses idées en titillant notre créativité et nos envies d’écrire et enregistrer. Nous avons pu constater qu’il existait des créneaux à prendre au niveau de la comédie, des récits jeunesses, de l’érotisme et de la fiction. En effet, si l’humour est aujourd’hui le registre number one chez les américains, la France est encore très frileuse à se lancer dans ce registre qui est pourtant porteur d’avenir. Les récits pour les enfants et les livres audios ayant le vent en poupe en opposition à la société des écrans, il est tout à fait normal d’attendre au tournant de plus en plus d’histoires et d’oralités qui s’adressent aux bambins. Tout est encore à créer et cela est grisant !! Quant à la sexualité, le sujet qui suscite le plus de passions et de tabou, elle fait l’objet de tutos et de témoignages réels. Mais l’ouverture au porno ou à l’érotisme en audio est un vrai eldorado et tout reste à ré-inventer. Lors de la conférence « Porno audio et porno bio », nous avons eu l’intervention de CTRL X, Voxxx ou encore le son du désir, des podcasts de fiction érotique qui nous ont rapporté l’engouement du public pour l’audio érotique. A leur grande surprise, ils ont réalisé que la gente masculine était au rdv aussi bien que la gente féminine (généralement plus nombreuses en ce qui concerne la littérature érotique par rapport aux hommes) et que leur audience était très friande de ce nouveau format qui provoquait des émois et des haut les coeurs. Une place à prendre! Peut-être bien pour Dire-son qui se fera le plaisir de vous émoustiller…

En bref, ce moment incontournable nous a donné des ailes et nous avons adoré cette émulation entre créateurs et passionnés. Espérons que cet espace de rencontres et d’échanges qu’a permis la seconde édition du Paris podcast festival continuera de garder cet esprit populaire et diversifié dans le futur. En tout cas, bravo à l’association les écouteurs qui ont organisé ce moment ainsi que tous les bénévoles qui ont fait un travail remarquable. Merci à eux pour avoir titillé notre curiosité et rendu cette expérience collective tout en promouvant le podcast sans hiérarchiser les registres, les formats et les modèles.

Vivement la 3e édition !!!

Et surtout, réécoutez les enregistrements des événement que vous avez loupé ici !

Podcast : quand la marque Clairefontaine s’engage dans la lutte contre le harcèlement scolaire

Ma vie de courgette de Céline Sciamma
maltraitance enfant, podcast bullied
« Ma vie de courgette » de Céline Sciamma

Tandis que se livre une véritable course aux podcasts pour les géants comme Guerlain, EDF ou Orange pour être LE pionnier dans le domaine du marketing digital, d’autres marques aux budgets moindres s’alignent aussi sur la tendance de l’information « slow ». C’est le cas de la marque leader de fournitures scolaires et bureau Clairefontaine. A quelques jours de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, Régis Kumar nous explique l’enjeu de cette marque à sponsoriser « Bullied », le podcast sur le harcèlement scolaire.

Bonjour Régis. Nous connaissons la marque Clairefontaine pour la qualité de son papier épais et « fancy » depuis 1858. Contrairement aux idées reçues sur l’industrie du papier en général, vous vous démarquez au niveau de l’engagement pour l’écologie mais aussi l’éducation. Pourriez-vous nous en parler ?

En effet, notre ADN principale est liée à la qualité et engagée écologiquement et socialement. Clairefontaine n’utilise par exemple, que des fibres issues de déchets de scieries provenant de forêts gérées durablement. Ce qui garantit la bonne gestion de nos forêts. Les questions relatives à l’écologie sont présentes depuis de nombreuses années, bien avant qu’il ne soit « tendance » de communiquer sur le sujet. Nous avons d’ailleurs remporté un « trophée de l’eau » en 1988 ! Nous sommes certifiés par des labels écologiques reconnus internationalement depuis longtemps et possédons notre propre station de traitement des eaux. 

Concernant l’éducation, c’est une conviction naturelle au sein de la société qui nous pousse à proposer des outils de qualité pour l’apprentissage des plus petits, mais aussi de faire tout notre possible pour aider les plus grandes associations, comme l’UNICEF, mais aussi les plus modestes dans leurs missions d’accompagnement et d’aide aux enfants dans le monde.

Vous ciblez les écoliers, étudiants et aujourd’hui artistes ou créatifs de tous bordsComment vous adaptez-vous au plus près des habitudes de vos usagers depuis plus de 160 ans et comment communiquez-vous ?

Clairefontaine est traditionnellement présent lors de la rentrée des classes, c’est un moment incontournable pour nos prises de paroles à la télé ou en affichage. Nous avons un site qui permet d’être proche de nos clients avec qui nous avons de nombreux retours sur nos articles. Et depuis quelques années, nous communiquons également en continu sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, Twitter, Pinterest. Nous avons aussi été présent sur Snapchat lors de son lancement, je ne pense pas que beaucoup de marques de fournitures scolaires y aient été vues… Nous faisons également des opé avec des influenceurs ou youtubeurs populaire auprès des ados via des placements produits et mécénats, ou lors d’événements spéciaux culturels ou sportifs.

Comment vous démarquez-vous de vos concurrents en terme d’innovation ?

Clairefontaine soutient le studio de podcast dire-son

Pour la partie produits nous proposons une gamme très riche et variée : formats, matières, couleurs, accessoires en nous adaptant aux besoins et aux tendances actuelles complémentaires à notre offre traditionnelle. Ainsi, nous élargissons nos produits en beaux-arts (papiers, carnets, feuilles, blocs, pochettes,…) et en loisirs créatifs (origami, papiers de soie, crépon, scrapbooking, décopatch). Nous avons également dans notre univers des marques de jeux éducatifs et éveil créatif. Parallèlement nous continuons nos efforts en terme d’innovation produits pour l’offre classique papeterie pour toujours rester leader sur le marché. Sur la partie communication, nous trouvons justement de nouveaux vecteurs en investissant des événements culturels comme l’Exposition Toutankhamon à Paris.

Les objectifs peuvent varier d’une campagne à l’autre. Le maître mot reste néanmoins la qualité. Nous voulons aussi insister sur le faire que nous connaissons très bien nos utilisateurs et sommes au fait de leurs attentes et préoccupations. Nous essayons donc de renouveler régulièrement nos prises de paroles d’un point de vue créatif et aussi en s’associant à des évènements ou médias forts, sur lesquels nous sommes moins attendus pour surprendre nos cibles. Comme par exemple avec notre partenariat avec Seb La Frite dans un clip de rap qui a fait près de 5 millions de vues, ou avec le podcast BULLIED !!

Bullied podcast dire-son
Le podcast Bullied saison 1

Nous sommes très investis dans les problématiques liées à l’éducation et les jeunes et nous sommes convaincus que les marques ont un rôle à jouer dans ces changements. Que ce soit dans le sport comme la culture, il est important de s’impliquer dans l’environnement des jeunes et donc de s’engager aussi sur les problèmes et difficultés qu’ils peuvent rencontrer : au travail comme à l’école, le harcèlement est un vrai fléau. Les récentes opérations sur les réseaux comme « Balance ton porc » ont permis de mettre le doigt sur ces problèmes. Nous sommes persuadés que des opérations comme celles menées par dire-son, sont et seront bénéfiques pour informer, sensibiliser et lutter contre ces formes de harcèlements qui peuvent véritablement détruire un être humain. C’est donc tout naturellement que nous avons accepté de sponsoriser.

Pourquoi vous êtes-vous positionné de la sorte et comment allez-vous intégrer ce partenariat à votre communication digitale ?

Quelles sont vos attentes par rapport à ce support ?

Qu’il soit viral et qu’il connaisse une bonne audience pour sensibiliser un maximum de personnes autour de ce sujet. Même si les témoignages sont parfois durs, c’est comme regarder un documentaire sur la guerre ou écouter le témoignage d’une victime. C’est parfois émouvant ou poignant, mais nécessaire pour faire bouger les choses. Qu’il nous apporte aussi de la visibilité car c’est aussi une opération de communication, nous ne nous en cachons pas. Mais encore une fois, comme pour l’UNICEF ou l’exposition Toutankhamon, ce qui nous rend encore plus fiers, c’est de participer à ces projets culturels et sociétaux.

Merci Régis.

Vous pouvez retrouver le 7 novembre en intégralité les interviews de Bullied saison 1 sur Spotify, Deezer et toutes les applis mobiles de podcasts tels que Podcast Addict, Tootak…

Podcasts natifs inclusifs ?

Entre représentation et représentativité

podcast inclusif
credit to Ryan Chen in « Design for inclusion »

Ne vous est-il jamais arrivé à force d’écouter des podcasts de remarquer que l’on entendait souvent des témoignages de personnes dénommées Jean-Edouard, Thomas, Charlotte, Adrien, Juliette, Pierre ou encore Justine ? De charmants prénoms qui sonnent très franco-français quand on les voit défiler les uns après les autres certes. Et ne vous est-il pas arrivé de vous demander pourquoi on entendait peu les voix de personnes aux noms de Mohammed (un des 20 prénoms les plus populaires en France) ou encore, Hong, Mamadou ou Anissa ? Pour notre part, on a souvent eu le sentiment qu’on omettait une partie de la population française dans les reportages, témoignages ou autres en termes de handicap bien sûr mais aussi en termes d’origines ethniques…

Un manque de représentativité au sein des médias

En effet, nous avons affaire à un problème de représentativité au niveau ethnique. C’est-à-dire que l’échantillon constitué pour rendre compte d’un ou plusieurs phénomènes sociaux dans les médias ne correspond pas à la population française entière. Puisque 10% de la population française est immigrée et 11 autres pourcents sont des français.e.s issus de parents immigré.e.s en 2018 selon l’INSEE. Autrement dit cela veut dire qu’une personne sur quatre est d’origine immigrée en France. De ce fait, il serait logique d’interviewer au moins une fois sur quatre des personnes s’appelant Fatima, Kilian, Leïla, Kim, Eduardo, Babacar ou Awa.

Or, dans le JT, la presse, la culture et les arts en général, on voit peu ou presque jamais de personnes portant de tels prénoms. Que se soit dans des témoignages courants ou dans des modèles de succès, ces personnes là n’apparaissent pas. Et si nous parlons précisément ici de « race », nous pouvons aussi parler du manque de représentativité des classes sociales pauvres qui sont souvent mis à l’écart, stigmatisés ou instrumentalisés…

population immigrée en France en 2018 selon INSEE
graphique
Podcasts inclusif

Journalistes : sortons de notre bulle

C’est pour cette raison qu’il est important que chaque média se remette en question sur ses pratiques et ses manières d’enquêter et d’informer. Si le podcast natif est relativement récent en France, la plupart des podcasteurs et podcasteuses français interviewent souvent des personnes du même milieu qu’eux ou elles. Dire-son a aussi été confronté à ce même écueil dans les individus qu’elle a interviewé pour le podcast « Bullied » : on s’est rendu compte que dans notre entourage et dans notre échantillon il n’y avait en majorité que des personnes caucasiennes et que par défaut, le podcast ne rendait pas compte du harcèlement scolaire dans tous les milieux socioculturels. Nous essaierons de remédier à ce problème dans la saison 2. En effet, malgré toute la bonne volonté du monde, on entend pour la plupart du temps la voix de personnes blanches, bien éduquées, trentenaires et parisiennes de catégorie socioprofessionnelle élevée. Ce qui, en soi, correspond aussi au profil des auditeurs de podcasts en 2018 en France. Mais cela veut-il dire qu’il ne faut s’adresser qu’à cette population ?

N’y-a-t-il pas de complaisance dans le milieu médiatique à rester dans sa bulle et de ne donner à entendre que la parole des plus privilégiés et des mieux instruits d’entre nous? Nous, studios de podcasts, journalistes, podcasteuses et podcasteurs indépendants devons sortir de cet entre soi des milieux universitaires, bourgeois et des réseaux sociaux communautaristes. Ils nous confinent et nous poussent à croire que tout le monde est comme nous, alors que nous ne sommes qu’une frange de la société : soit 35 047 cartes de presse en 2017 délivrées en France. Il est du devoir et de la responsabilité des journalistes de ne pas se laisser aller à la facilité et à la routine en invitant à leur micros des personnes différents d’eux-mêmes. Nous devons faire exploser cette même bulle qui a surpris la sphère médiatique lorsque Trump a été élu président ou que le Brexit a été voté… Car si l’enjeu des médias est d’informer la population sur le monde, il nous appartient d’en rapporter les contours de manière objective et inclusive en sélectionnant tous les sujets et toutes les personnes qui incarnent les sociétés.

population de journaliste en France en 2017 graphique
podcast inclusif

Le podcast inclusif pour plus de représentations

Par soucis de représentativité mais aussi de représentations, il est important d’offrir de la diversité. Afin que les femmes, les personnes racisées, handicapées, LGBTQIA+ puissent voir des modèles positifs ou juste des personnes auxquels s’identifier. Pour qque les Fatou, Somaly, Karim et Inès puissent être visibles eux aussi aux yeux de la société et apparaître dans les médias au même titre que les autres. Tout comme en politique on trouve bizarre d’être représenté par de vieux énarques aux têtes blanches, il en est de même dans les médias ! Il est étrange d’être représenté à la tv et sur le net généralement par des gens riches/beaux/cultivés/blancs…

Non seulement on crée par ce type de représentations des normes et des standards de succès qui ne correspondent pas à tous et qui créent des complexes d’infériorité chez les minorités. Mais on donne aussi une image biaisée de la société ou du moins non exhaustive ou partielle. Il est très fréquent par exemple de voir re-produire des stéréotypes sur certaines communautés ethniques dans les médias, les rares fois où elles apparaissent. En les associant notamment à des étrangers ou à des clichés. Ou pire encore, en les assimilant à tort à des sujets tels que la délinquance, les cités, le chômage, la crise des migrants, nous risquons de banaliser des discours encourageant le racisme ordinaire.

Si nous ne sommes pas assez inclusifs, nous risquons d’invisibiliser les minorités ethniques comme nous l’avons fait tout le long de l’histoire avec les minorités sexuelles et les femmes, qui composent 50% de la population. Donnons à entendre d’autres textures de voix, origines et trajectoires de vie en tant que présentateurs mais aussi en tant que personnes interviewées.

Des podcasts qui changent le regard

Matika Wilbur et Adrienne Keene dans All my relations podcast
Matika Wilbur et Adrienne Keene dans « All My Relations »

C’est pourquoi nous terminons cet article en vous conseillant des podcasts que nous avons adoré chez dire-son pour les perspectives d’empowerment des femmes bien sûr. Mais aussi pour les réflexions autour de l’ethnocentrisme, de l’empowerment des cultures dites « minoritaires » et des questions centrales autour des notions de races.

« Kiffe ta race » avec Grace Ly et Rokhaya Diallo, respectivement d’origine sinocambodgienne et sénégalaise, discutent de questions raciales à travers le racisme ordinaire et institutionnel aux côté d’un.e invité.e expert.e à chaque épisode et s’adressent aux personnes racisées comme aux alliés. Un podcast Binge Audio.

All my relations podcast

« All my relations » est un podcast américain anglophone présenté par deux femmes queer d’origines amérindiennes Matika Wilbur et Adrienne Keene qui traitent de sujets tels que le colonialisme, la transmission sous l’angle de leurs origines et du point de vue des first nations en Amérique. C’est un podcast à la fois politique, scientifique et spirituel car il rend compte de l’héritage des minorités indigènes qui résiste dans une société basée sur l’impérialisme américain. Il contribue à valoriser ces cultures en se réappropriant les traditions ancestrales et en luttant contre la réappropriation culturelle.

« The womanist » est animé par plusieurs femmes afrodescendantes vivant à New York. Mais il est destiné à des francophones afrodescendantes ou africaines principalement. C’est un projet qui a pour mission de créer un espace de discussions et d’échange d’expériences liées aux questions de représentations des femmes noires afin de pouvoir libérer la parole.

Mais on ne vous en dit pas plus, car nous consacrerons notre prochain article à ce dernier. En attendant, dire-son prépare tranquillement la rentrée avec sa nouvelle émission sur l’identité plurielle et l’immigration sur Radio Campus Grenoble intitulé Rhizome : des regards croisés sur des thématiques tels que l’acculturation, la liberté d’expression, l’exil vs expatriation, la transmission via l’alimentaire… Nous serons diffusé sur le 90.8 tous les derniers samedi du mois de 11h30 à midi.

D’ici là, écoutez des podcasts !

2 places à gagner pour le concert d’Odezenne à Lyon et à Annecy

Odezenne EP Pouchkine places à gagner

A l’occasion de la sortie de son nouvel EP Pouchkine, en hommage à ce poète russe du 19e siècle mort bêtement lors d’un duel pour sa dulcinée, le trio bordelais nous invite en tournée pour ce projet toujours aussi lumineux et inspirant.

En tournée dans de nombreuses villes dont Grenoble le 4 octobre. Ils seront à Lyon au Transbordeur le 22 novembre et au Brise Glace d’Annecy le 23 novembre 2019. Et parce qu’on est sympa sur dire-son.fr, on vous offre 2 places si vous vous abonnez à notre instagram « dire-son ». Taggez-nous sur une de vos publications pour gagner vos places pour Odezenne puis on tirera au sort l’heureux.se gagnant.e le 8 novembre !!

Toutes les dates de tournée sont ici et pour le grand concert au zénith c’est pour l’année prochaine ici.

Pour vous procurer l’EP c’est ici :

http://go.odezenne.com/Pouchkine-EP https://odezenne.bandcamp.com/album/pouchkine

Et l’interview c’est ici :

Un podcast sur le harcèlement scolaire : Bullied

Depuis le lundi 19 août, un épisode de « Bullied » sort tous les lundis pendant dix semaines. Il met en avant la parole de trentenaires qui ont connu l’exclusion de leur pairs ou de leurs profs en primaire, collège et lycée. Il s’adresse aux plus jeunes et à leurs parents, aux harcelés et harceleurs repentis, aux suiveurs. Il a pour but de faire bouger les marges et la norme.

podcast bullied témoignage

En écoute sur les applis mobiles de podcasts, Ausha et Spotify.

Septembre : une émissions spéciale rentrée en direct de Radio Campus Grenoble

A l’occasion des semaines d’inté bien arrosées pour s’intégrer dans sa nouvelle promo, Radio Campus Grenoble et Dire-son préparent à l’université une émission pour sensibiliser les étudiants et futurs élèves au harcèlement scolaire. Ce phénomène se manifeste dans l’enceinte des établissements scolaires et se prolonge aussi en dehors des cours sur internet et les réseaux sociaux. En effet, le harcèlement est protéiforme et peut se manifester à travers le cyberharcèlement, le harcèlement au travail, et les violences liées à toute forme de discrimination : grossophobie, racisme, homophobie…

Nous abordons lors de cette table ronde des moyens mis en place à différentes échelles pour lutter contre le harcèlement : du dispositif des élèves sentinelles pour que les spectateurs passifs de harcèlement ou suiveurs s’opposent aux violences, au bizutage camouflé, jusqu’au suicide des jeunes – seconde cause de décès après les accidents de la route – nous explorons les conséquences et les effets du harcèlement sur la société. Il s’agira lors de ce direct de mettre en avant la parole et les initiatives comme une partie des solutions pour briser le silence et rompre l’isolement des victimes pour que la honte change enfin de camps.

table ronde émission spéciale à Eve rentrée 2019 RCG
Table ronde à Eve – Espace vie étudiant sur le campus universitaire de Grenoble

A nos côtés :

– Valérie GILLIA et Agathe ALIBERT, membres du réseau Fontainois de lutte
et d’action contre le harcèlement (FLACH)

– Timothé Nadim, anciennement harcelé au collège, créateur d’une
plateforme de réseau social contre le cyberharcèlement scolaire et
ambassadeur de RespectZone Rhône-Alpes Auvergne, ONG et label qui lutte contre les
cyberviolences dans le monde numérique

– Monique Gorget, mère d’Adrien, étudiant qui s’est donné la mort suite au
harcèlement qu’il a connu dans une grande école supérieure. Elle est
fondatrice de l’association Adrien, une justice pour les étudiants

Disponible en streaming ici : https://campusgrenoble.org/podcast/aperophonie-malikaharcelementscolaire2-2-2-2/