Bilan du Paris Podcast Festival : 2e édition

Paris podcast festival
2e edition à la Gaieté Lyrique du Paris Podcast Festival 2019

Du podcast amateur au podcasts pro : une histoire de famille

Lors de cette édition 2019, nous avons été surpris et ravis de voir un public aussi présent à la Gaieté Lyrique. Des accrédités auditeurs avec des tours de cou violet de la couleur d’Ausha, des non-accrédités journalistes ou réal, auteur.es qui ont malgré tout pu rentrer aux événements. Dans les trois principales salles de conférences pour accueillir masterclass, émissions enregistrées et conférences sur les tendances et pratiques d’écoute du podcast, Dire-son était bieeeeen !!! Dans les fauteuils confort de cette salle parisienne, au détour de conversation captées ça et là, on a vu fourmiller l’enthousiasme et le créativité du beau monde entre les différents espaces. On a pu réseauter par ci par là en flirtant de près ou de loin avec nos studios de podcast ou nos animateurs favoris. On a surtout été très excités d’apercevoir la voix mythique de Constance d’Audible, annonceur principal de Louie Media mais aussi l’excellent Victoire Tuaillon et sa masterclass pour les Couilles sur la table.

Cette rencontre fut un succès dans le sens où elle a réussit à réunir comme dans l’univers des conventions en jeu vidéo, une communauté de passionnés, professionnels, fans et amateurs. Ce qui a fait de cet événement quelque chose d’accessible et d’intime, à l’image du podcast son.

L’attrait du podcast pour tous, et même les marques

Nous avons aussi apprécié la journée du vendredi, riche en contenus au sujet des pratiques d’écoute du podcast natif des français, comment soutenir la création, les nouveaux publics… Tant d’informations qui sont des mines d’or pour les nouveaux studios de productions de podcasts comme nous, pour orienter leur ligne éditoriale aux besoins des auditeurs.

Le podcast se fraye une place tout doucement dans la frénésie des informations chaudes, loin de la performance chiffrée et des métrics et pourtant, c’est un format qui drague les marques. L’écoute suspendue, l’instant à soi qu’offre le podcast est une pause qui nous emmène loin de la cadence des grandes villes. C’est une parenthèse dans le quotidien qui apporte un souffle au quotidien dans l’immersion totale de la voix, mais c’est aussi un temps d’attention inestimable. Les annonceurs l’ont bien compris, le nerf de la guerre est le temps de cerveau disponible et c’est pourquoi les marques veulent être les premiers dans leur domaine à avoir un podcast. Seulement, pas à n’importe quel prix : elles veulent créer une expérience authentique, innovante, créative et une attache avec leurs usagers. C’est pourquoi elles s’alignent aux enjeux de ne pas gaver de snack content les consommateurs, mais plutôt de les nourrir d’histoires et de conversations profondes avec des artistes, des intellectuels, des amis à travers le podcast.

Lors du débat « Quelle stratégie podcast pour les marques » avec Havas Paris, Guerlain, Audible et EDF, nous avions aussi Guillaume Derachinois du côté des studios de production de podcast avec Moustic the audio agency qui nous a lancé ce chiffre : un bon podcast est un podcast qui fait entre 1000 et 10 000 écoutes après le 1e mois de lancement d’après les sources d’une plateforme de streaming qu’il a consulté. Ca n’est pas tant en comparaison des millions de vues que peuvent générer des vidéos youtube d’influenceurs. Mais cela a plus de sens en terme de proximité avec ses clients et en terme de pertinence entre les valeurs d’une marque et ce qu’elle défend en commun avec ses usagers. Havas, une des plus grandes agences de communication et de publicité au monde l’a bien compris, en lançant le label « Meaningful content » . Car selon eux, les trois-quarts des consommateurs achètent des marques qui partagent leurs valeurs.

podcast et marque paris podcast festival
Débat : quelle stratégie podcast pour les marques

Si vous êtes sceptique et que vous ne voulez pas vous laisser corrompre par le grand capital, dites-vous simplement que sur internet, il y a de la publicité de partout et que la création à un coût de production qu’il faut payer pour rémunérer ses auteurs. Les marques ont ces moyens là. (contrairement aux auditeurs qui doivent continuer à avoir un accès gratuit aux podcasts) Que vous le vouliez ou non, c’est inévitable. Même avec le meilleur Adblock qui soit, vous aurez toujours de la pub qui vous matraquera. Si la publicité ciblée reste pénible pour vous et vous donne la sensation d’être dans Big Brothers, posez vous la question : n’est-ce pas finalement mieux de naviguer sur internet avec ce ciblage plutôt que de recevoir des publicités de steak Charal quand on est végétarien ? Nous préférons chez Dire-son, adopter le modèle économique de la publicité avec du brand-content pertinent. Comme avec le podcast Bullied sur le harcèlement scolaire, nous avons choisi Clairefontaine, leader français des fournitures scolaires pour nous soutenir.

De plus, si l’on considère les marques comme des entités à part entière, n’est-il pas important qu’elles aussi s’adaptent à des valeurs éthiques, durables, progressiste ? A défaut de ne pas pouvoir abolir la société de consommation et tous ses canaux de diffusion, ne vaut-il pas mieux essayer d’influencer les marques et les utiliser comme sonotone pour transmettre des sujets vraiment importants? En fait, ce n’est pas les marques qui dictent la mode. C’est à elles de suivre les tendances et l’ère du temps. A nous, consommateurs, influenceurs, artistes et journalistes d’orienter leur manière de produire et de communiquer par nos comportements d’achat et nos choix de consommation.

Le Paris podcast festival a donc permis grâce à ces ateliers et débats, de dessiner de nouveaux axes de réflexions et d’actions. Mais il a surtout provoqué des synergies et des liens entre différents acteurs de l’écosystème podcasts : diffuseurs, annonceurs, studio de production, influenceurs qui ouvrent le champs des possibles pour ce format.

Des registres à explorer

paris podcast festival oreille zone érogène

Enfin, ce week-end a été fort en émotions puisqu’il a suscité de nombreuses idées en titillant notre créativité et nos envies d’écrire et enregistrer. Nous avons pu constater qu’il existait des créneaux à prendre au niveau de la comédie, des récits jeunesses, de l’érotisme et de la fiction. En effet, si l’humour est aujourd’hui le registre number one chez les américains, la France est encore très frileuse à se lancer dans ce registre qui est pourtant porteur d’avenir. Les récits pour les enfants et les livres audios ayant le vent en poupe en opposition à la société des écrans, il est tout à fait normal d’attendre au tournant de plus en plus d’histoires et d’oralités qui s’adressent aux bambins. Tout est encore à créer et cela est grisant !! Quant à la sexualité, le sujet qui suscite le plus de passions et de tabou, elle fait l’objet de tutos et de témoignages réels. Mais l’ouverture au porno ou à l’érotisme en audio est un vrai eldorado et tout reste à ré-inventer. Lors de la conférence « Porno audio et porno bio », nous avons eu l’intervention de CTRL X, Voxxx ou encore le son du désir, des podcasts de fiction érotique qui nous ont rapporté l’engouement du public pour l’audio érotique. A leur grande surprise, ils ont réalisé que la gente masculine était au rdv aussi bien que la gente féminine (généralement plus nombreuses en ce qui concerne la littérature érotique par rapport aux hommes) et que leur audience était très friande de ce nouveau format qui provoquait des émois et des haut les coeurs. Une place à prendre! Peut-être bien pour Dire-son qui se fera le plaisir de vous émoustiller…

En bref, ce moment incontournable nous a donné des ailes et nous avons adoré cette émulation entre créateurs et passionnés. Espérons que cet espace de rencontres et d’échanges qu’a permis la seconde édition du Paris podcast festival continuera de garder cet esprit populaire et diversifié dans le futur. En tout cas, bravo à l’association les écouteurs qui ont organisé ce moment ainsi que tous les bénévoles qui ont fait un travail remarquable. Merci à eux pour avoir titillé notre curiosité et rendu cette expérience collective tout en promouvant le podcast sans hiérarchiser les registres, les formats et les modèles.

Vivement la 3e édition !!!

Et surtout, réécoutez les enregistrements des événement que vous avez loupé ici !

Podcast : quand la marque Clairefontaine s’engage dans la lutte contre le harcèlement scolaire

Ma vie de courgette de Céline Sciamma
maltraitance enfant, podcast bullied
« Ma vie de courgette » de Céline Sciamma

Tandis que se livre une véritable course aux podcasts pour les géants comme Guerlain, EDF ou Orange pour être LE pionnier dans le domaine du marketing digital, d’autres marques aux budgets moindres s’alignent aussi sur la tendance de l’information « slow ». C’est le cas de la marque leader de fournitures scolaires et bureau Clairefontaine. A quelques jours de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, Régis Kumar nous explique l’enjeu de cette marque à sponsoriser « Bullied », le podcast sur le harcèlement scolaire.

Bonjour Régis. Nous connaissons la marque Clairefontaine pour la qualité de son papier épais et « fancy » depuis 1858. Contrairement aux idées reçues sur l’industrie du papier en général, vous vous démarquez au niveau de l’engagement pour l’écologie mais aussi l’éducation. Pourriez-vous nous en parler ?

En effet, notre ADN principale est liée à la qualité et engagée écologiquement et socialement. Clairefontaine n’utilise par exemple, que des fibres issues de déchets de scieries provenant de forêts gérées durablement. Ce qui garantit la bonne gestion de nos forêts. Les questions relatives à l’écologie sont présentes depuis de nombreuses années, bien avant qu’il ne soit « tendance » de communiquer sur le sujet. Nous avons d’ailleurs remporté un « trophée de l’eau » en 1988 ! Nous sommes certifiés par des labels écologiques reconnus internationalement depuis longtemps et possédons notre propre station de traitement des eaux. 

Concernant l’éducation, c’est une conviction naturelle au sein de la société qui nous pousse à proposer des outils de qualité pour l’apprentissage des plus petits, mais aussi de faire tout notre possible pour aider les plus grandes associations, comme l’UNICEF, mais aussi les plus modestes dans leurs missions d’accompagnement et d’aide aux enfants dans le monde.

Vous ciblez les écoliers, étudiants et aujourd’hui artistes ou créatifs de tous bordsComment vous adaptez-vous au plus près des habitudes de vos usagers depuis plus de 160 ans et comment communiquez-vous ?

Clairefontaine est traditionnellement présent lors de la rentrée des classes, c’est un moment incontournable pour nos prises de paroles à la télé ou en affichage. Nous avons un site qui permet d’être proche de nos clients avec qui nous avons de nombreux retours sur nos articles. Et depuis quelques années, nous communiquons également en continu sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, Twitter, Pinterest. Nous avons aussi été présent sur Snapchat lors de son lancement, je ne pense pas que beaucoup de marques de fournitures scolaires y aient été vues… Nous faisons également des opé avec des influenceurs ou youtubeurs populaire auprès des ados via des placements produits et mécénats, ou lors d’événements spéciaux culturels ou sportifs.

Comment vous démarquez-vous de vos concurrents en terme d’innovation ?

Clairefontaine soutient le studio de podcast dire-son

Pour la partie produits nous proposons une gamme très riche et variée : formats, matières, couleurs, accessoires en nous adaptant aux besoins et aux tendances actuelles complémentaires à notre offre traditionnelle. Ainsi, nous élargissons nos produits en beaux-arts (papiers, carnets, feuilles, blocs, pochettes,…) et en loisirs créatifs (origami, papiers de soie, crépon, scrapbooking, décopatch). Nous avons également dans notre univers des marques de jeux éducatifs et éveil créatif. Parallèlement nous continuons nos efforts en terme d’innovation produits pour l’offre classique papeterie pour toujours rester leader sur le marché. Sur la partie communication, nous trouvons justement de nouveaux vecteurs en investissant des événements culturels comme l’Exposition Toutankhamon à Paris.

Les objectifs peuvent varier d’une campagne à l’autre. Le maître mot reste néanmoins la qualité. Nous voulons aussi insister sur le faire que nous connaissons très bien nos utilisateurs et sommes au fait de leurs attentes et préoccupations. Nous essayons donc de renouveler régulièrement nos prises de paroles d’un point de vue créatif et aussi en s’associant à des évènements ou médias forts, sur lesquels nous sommes moins attendus pour surprendre nos cibles. Comme par exemple avec notre partenariat avec Seb La Frite dans un clip de rap qui a fait près de 5 millions de vues, ou avec le podcast BULLIED !!

Bullied podcast dire-son
Le podcast Bullied saison 1

Nous sommes très investis dans les problématiques liées à l’éducation et les jeunes et nous sommes convaincus que les marques ont un rôle à jouer dans ces changements. Que ce soit dans le sport comme la culture, il est important de s’impliquer dans l’environnement des jeunes et donc de s’engager aussi sur les problèmes et difficultés qu’ils peuvent rencontrer : au travail comme à l’école, le harcèlement est un vrai fléau. Les récentes opérations sur les réseaux comme « Balance ton porc » ont permis de mettre le doigt sur ces problèmes. Nous sommes persuadés que des opérations comme celles menées par dire-son, sont et seront bénéfiques pour informer, sensibiliser et lutter contre ces formes de harcèlements qui peuvent véritablement détruire un être humain. C’est donc tout naturellement que nous avons accepté de sponsoriser.

Pourquoi vous êtes-vous positionné de la sorte et comment allez-vous intégrer ce partenariat à votre communication digitale ?

Quelles sont vos attentes par rapport à ce support ?

Qu’il soit viral et qu’il connaisse une bonne audience pour sensibiliser un maximum de personnes autour de ce sujet. Même si les témoignages sont parfois durs, c’est comme regarder un documentaire sur la guerre ou écouter le témoignage d’une victime. C’est parfois émouvant ou poignant, mais nécessaire pour faire bouger les choses. Qu’il nous apporte aussi de la visibilité car c’est aussi une opération de communication, nous ne nous en cachons pas. Mais encore une fois, comme pour l’UNICEF ou l’exposition Toutankhamon, ce qui nous rend encore plus fiers, c’est de participer à ces projets culturels et sociétaux.

Merci Régis.

Vous pouvez retrouver le 7 novembre en intégralité les interviews de Bullied saison 1 sur Spotify, Deezer et toutes les applis mobiles de podcasts tels que Podcast Addict, Tootak…

Podcasts natifs inclusifs ?

Entre représentation et représentativité

podcast inclusif
credit to Ryan Chen in « Design for inclusion »

Ne vous est-il jamais arrivé à force d’écouter des podcasts de remarquer que l’on entendait souvent des témoignages de personnes dénommées Jean-Edouard, Thomas, Charlotte, Adrien, Juliette, Pierre ou encore Justine ? De charmants prénoms qui sonnent très franco-français quand on les voit défiler les uns après les autres certes. Et ne vous est-il pas arrivé de vous demander pourquoi on entendait peu les voix de personnes aux noms de Mohammed (un des 20 prénoms les plus populaires en France) ou encore, Hong, Mamadou ou Anissa ? Pour notre part, on a souvent eu le sentiment qu’on omettait une partie de la population française dans les reportages, témoignages ou autres en termes de handicap bien sûr mais aussi en termes d’origines ethniques…

Un manque de représentativité au sein des médias

En effet, nous avons affaire à un problème de représentativité au niveau ethnique. C’est-à-dire que l’échantillon constitué pour rendre compte d’un ou plusieurs phénomènes sociaux dans les médias ne correspond pas à la population française entière. Puisque 10% de la population française est immigrée et 11 autres pourcents sont des français.e.s issus de parents immigré.e.s en 2018 selon l’INSEE. Autrement dit cela veut dire qu’une personne sur quatre est d’origine immigrée en France. De ce fait, il serait logique d’interviewer au moins une fois sur quatre des personnes s’appelant Fatima, Kilian, Leïla, Kim, Eduardo, Babacar ou Awa.

Or, dans le JT, la presse, la culture et les arts en général, on voit peu ou presque jamais de personnes portant de tels prénoms. Que se soit dans des témoignages courants ou dans des modèles de succès, ces personnes là n’apparaissent pas. Et si nous parlons précisément ici de « race », nous pouvons aussi parler du manque de représentativité des classes sociales pauvres qui sont souvent mis à l’écart, stigmatisés ou instrumentalisés…

population immigrée en France en 2018 selon INSEE
graphique
Podcasts inclusif

Journalistes : sortons de notre bulle

C’est pour cette raison qu’il est important que chaque média se remette en question sur ses pratiques et ses manières d’enquêter et d’informer. Si le podcast natif est relativement récent en France, la plupart des podcasteurs et podcasteuses français interviewent souvent des personnes du même milieu qu’eux ou elles. Dire-son a aussi été confronté à ce même écueil dans les individus qu’elle a interviewé pour le podcast « Bullied » : on s’est rendu compte que dans notre entourage et dans notre échantillon il n’y avait en majorité que des personnes caucasiennes et que par défaut, le podcast ne rendait pas compte du harcèlement scolaire dans tous les milieux socioculturels. Nous essaierons de remédier à ce problème dans la saison 2. En effet, malgré toute la bonne volonté du monde, on entend pour la plupart du temps la voix de personnes blanches, bien éduquées, trentenaires et parisiennes de catégorie socioprofessionnelle élevée. Ce qui, en soi, correspond aussi au profil des auditeurs de podcasts en 2018 en France. Mais cela veut-il dire qu’il ne faut s’adresser qu’à cette population ?

N’y-a-t-il pas de complaisance dans le milieu médiatique à rester dans sa bulle et de ne donner à entendre que la parole des plus privilégiés et des mieux instruits d’entre nous? Nous, studios de podcasts, journalistes, podcasteuses et podcasteurs indépendants devons sortir de cet entre soi des milieux universitaires, bourgeois et des réseaux sociaux communautaristes. Ils nous confinent et nous poussent à croire que tout le monde est comme nous, alors que nous ne sommes qu’une frange de la société : soit 35 047 cartes de presse en 2017 délivrées en France. Il est du devoir et de la responsabilité des journalistes de ne pas se laisser aller à la facilité et à la routine en invitant à leur micros des personnes différents d’eux-mêmes. Nous devons faire exploser cette même bulle qui a surpris la sphère médiatique lorsque Trump a été élu président ou que le Brexit a été voté… Car si l’enjeu des médias est d’informer la population sur le monde, il nous appartient d’en rapporter les contours de manière objective et inclusive en sélectionnant tous les sujets et toutes les personnes qui incarnent les sociétés.

population de journaliste en France en 2017 graphique
podcast inclusif

Le podcast inclusif pour plus de représentations

Par soucis de représentativité mais aussi de représentations, il est important d’offrir de la diversité. Afin que les femmes, les personnes racisées, handicapées, LGBTQIA+ puissent voir des modèles positifs ou juste des personnes auxquels s’identifier. Pour qque les Fatou, Somaly, Karim et Inès puissent être visibles eux aussi aux yeux de la société et apparaître dans les médias au même titre que les autres. Tout comme en politique on trouve bizarre d’être représenté par de vieux énarques aux têtes blanches, il en est de même dans les médias ! Il est étrange d’être représenté à la tv et sur le net généralement par des gens riches/beaux/cultivés/blancs…

Non seulement on crée par ce type de représentations des normes et des standards de succès qui ne correspondent pas à tous et qui créent des complexes d’infériorité chez les minorités. Mais on donne aussi une image biaisée de la société ou du moins non exhaustive ou partielle. Il est très fréquent par exemple de voir re-produire des stéréotypes sur certaines communautés ethniques dans les médias, les rares fois où elles apparaissent. En les associant notamment à des étrangers ou à des clichés. Ou pire encore, en les assimilant à tort à des sujets tels que la délinquance, les cités, le chômage, la crise des migrants, nous risquons de banaliser des discours encourageant le racisme ordinaire.

Si nous ne sommes pas assez inclusifs, nous risquons d’invisibiliser les minorités ethniques comme nous l’avons fait tout le long de l’histoire avec les minorités sexuelles et les femmes, qui composent 50% de la population. Donnons à entendre d’autres textures de voix, origines et trajectoires de vie en tant que présentateurs mais aussi en tant que personnes interviewées.

Des podcasts qui changent le regard

Matika Wilbur et Adrienne Keene dans All my relations podcast
Matika Wilbur et Adrienne Keene dans « All My Relations »

C’est pourquoi nous terminons cet article en vous conseillant des podcasts que nous avons adoré chez dire-son pour les perspectives d’empowerment des femmes bien sûr. Mais aussi pour les réflexions autour de l’ethnocentrisme, de l’empowerment des cultures dites « minoritaires » et des questions centrales autour des notions de races.

« Kiffe ta race » avec Grace Ly et Rokhaya Diallo, respectivement d’origine sinocambodgienne et sénégalaise, discutent de questions raciales à travers le racisme ordinaire et institutionnel aux côté d’un.e invité.e expert.e à chaque épisode et s’adressent aux personnes racisées comme aux alliés. Un podcast Binge Audio.

All my relations podcast

« All my relations » est un podcast américain anglophone présenté par deux femmes queer d’origines amérindiennes Matika Wilbur et Adrienne Keene qui traitent de sujets tels que le colonialisme, la transmission sous l’angle de leurs origines et du point de vue des first nations en Amérique. C’est un podcast à la fois politique, scientifique et spirituel car il rend compte de l’héritage des minorités indigènes qui résiste dans une société basée sur l’impérialisme américain. Il contribue à valoriser ces cultures en se réappropriant les traditions ancestrales et en luttant contre la réappropriation culturelle.

« The womanist » est animé par plusieurs femmes afrodescendantes vivant à New York. Mais il est destiné à des francophones afrodescendantes ou africaines principalement. C’est un projet qui a pour mission de créer un espace de discussions et d’échange d’expériences liées aux questions de représentations des femmes noires afin de pouvoir libérer la parole.

Mais on ne vous en dit pas plus, car nous consacrerons notre prochain article à ce dernier. En attendant, dire-son prépare tranquillement la rentrée avec sa nouvelle émission sur l’identité plurielle et l’immigration sur Radio Campus Grenoble intitulé Rhizome : des regards croisés sur des thématiques tels que l’acculturation, la liberté d’expression, l’exil vs expatriation, la transmission via l’alimentaire… Nous serons diffusé sur le 90.8 tous les derniers samedi du mois de 11h30 à midi.

D’ici là, écoutez des podcasts !

2 places à gagner pour le concert d’Odezenne à Lyon et à Annecy

Odezenne EP Pouchkine places à gagner

A l’occasion de la sortie de son nouvel EP Pouchkine, en hommage à ce poète russe du 19e siècle mort bêtement lors d’un duel pour sa dulcinée, le trio bordelais nous invite en tournée pour ce projet toujours aussi lumineux et inspirant.

En tournée dans de nombreuses villes dont Grenoble le 4 octobre. Ils seront à Lyon au Transbordeur le 22 novembre et au Brise Glace d’Annecy le 23 novembre 2019. Et parce qu’on est sympa sur dire-son.fr, on vous offre 2 places si vous vous abonnez à notre instagram « dire-son ». Taggez-nous sur une de vos publications pour gagner vos places pour Odezenne puis on tirera au sort l’heureux.se gagnant.e le 8 novembre !!

Toutes les dates de tournée sont ici et pour le grand concert au zénith c’est pour l’année prochaine ici.

Pour vous procurer l’EP c’est ici :

http://go.odezenne.com/Pouchkine-EP https://odezenne.bandcamp.com/album/pouchkine

Et l’interview c’est ici :

Un podcast sur le harcèlement scolaire : Bullied

Depuis le lundi 19 août, un épisode de « Bullied » sort tous les lundis pendant dix semaines. Il met en avant la parole de trentenaires qui ont connu l’exclusion de leur pairs ou de leurs profs en primaire, collège et lycée. Il s’adresse aux plus jeunes et à leurs parents, aux harcelés et harceleurs repentis, aux suiveurs. Il a pour but de faire bouger les marges et la norme.

podcast bullied témoignage

En écoute sur les applis mobiles de podcasts, Ausha et Spotify.

Septembre : une émissions spéciale rentrée en direct de Radio Campus Grenoble

A l’occasion des semaines d’inté bien arrosées pour s’intégrer dans sa nouvelle promo, Radio Campus Grenoble et Dire-son préparent à l’université une émission pour sensibiliser les étudiants et futurs élèves au harcèlement scolaire. Ce phénomène se manifeste dans l’enceinte des établissements scolaires et se prolonge aussi en dehors des cours sur internet et les réseaux sociaux. En effet, le harcèlement est protéiforme et peut se manifester à travers le cyberharcèlement, le harcèlement au travail, et les violences liées à toute forme de discrimination : grossophobie, racisme, homophobie…

Nous abordons lors de cette table ronde des moyens mis en place à différentes échelles pour lutter contre le harcèlement : du dispositif des élèves sentinelles pour que les spectateurs passifs de harcèlement ou suiveurs s’opposent aux violences, au bizutage camouflé, jusqu’au suicide des jeunes – seconde cause de décès après les accidents de la route – nous explorons les conséquences et les effets du harcèlement sur la société. Il s’agira lors de ce direct de mettre en avant la parole et les initiatives comme une partie des solutions pour briser le silence et rompre l’isolement des victimes pour que la honte change enfin de camps.

table ronde émission spéciale à Eve rentrée 2019 RCG
Table ronde à Eve – Espace vie étudiant sur le campus universitaire de Grenoble

A nos côtés :

– Valérie GILLIA et Agathe ALIBERT, membres du réseau Fontainois de lutte
et d’action contre le harcèlement (FLACH)

– Timothé Nadim, anciennement harcelé au collège, créateur d’une
plateforme de réseau social contre le cyberharcèlement scolaire et
ambassadeur de RespectZone Rhône-Alpes Auvergne, ONG et label qui lutte contre les
cyberviolences dans le monde numérique

– Monique Gorget, mère d’Adrien, étudiant qui s’est donné la mort suite au
harcèlement qu’il a connu dans une grande école supérieure. Elle est
fondatrice de l’association Adrien, une justice pour les étudiants

Disponible en streaming ici : https://campusgrenoble.org/podcast/aperophonie-malikaharcelementscolaire2-2-2-2/

PODCAST IS THE NEW FEMINISM

Si le mot « podcast » est un nom masculin qui a fait son entrée dans le Larousse en 2010, il a surtout émergé avec la présence de voix masculine (en majorité, 54% des podcasteurs sont des hommes) sur la bande FM et sur internet. Pourtant, nous avons quelques pistes qui pourraient nous faire penser que le podcast est THE média féminin.iste par excellence…

Tout d’abord, revenons aux racines du podcast : la FM

collectif radiorageuse

Le monde des radios libres et des radios associatives foisonnant dans les 80’s jusqu’à maintenant a ouvert ses studios à des émissions alternatives, aux contenus et informations sortant des sentiers battus. C’est dans cette mouvance qu’une poignée de femmes se sont lancées dans l’animation bénévole d’émissions : littéraires, musicales, cinéma, écologiques, féministes, militantes ou pas. On y retrouve par exemple la cultissime Femmes libres : émission créée en 1986 jusqu’à 2013 emmenée par Nelly Trumel, anarchiste et féministe sur Radio libertaire. Tandis que dans les radios commerciales il y a encore beaucoup plus d’hommes animateurs que de femmes, (49% d’animateur selon le CSA en 2018) le constat reste malheureusement le même dans les radios associatives, alors qu’on voit fleurir dans les années 2000 l’apparition d’émissions radio féministes et/ou queer.

Le collectif radiorageuses a d’ailleurs rassemblé une nébuleuse d’émissions qui déconstruisent les genres avec par exemple « Le gang des gazières » sur Radio Galère à Marseille, ou « Le courrier du coeur du cul » sur Radio Panik en Belgique. Les précurseuses de l’émission « Dégenré-e » à Grenoble ont ainsi planté le décor dans le paysage féministe/anarchiste et souffle ses 15 bougies… Même si les femmes sont toujours moins nombreuses à l’antenne à l’aube de 2020, nous sommes persuadés que c’est ce terrain fertile des radios locales, associatives et politiques qui ont permis de semer des graines de podcasts féministes dans le format audio numérique.

emission podcast queer hybride

Puis la vague féministe a surfé sur le podcast

Contribuant à l’empowerment des femmes en donnant plus de visibilité aux figures féminines parmi les invités, mais aussi dans la team présentatrice, le monde du podcast se construit sur des bases et des représentations positives de la femme actrice de sa vie. En témoigne Génération XX qui a débuté en 2016 avec Siham Jibril qui va à la rencontre de femmes entrepreneuses, créatrice et engagées. Elle les interroge sur leurs initiatives, leur parcours atypiques, leur doutes… Une invité nouvelle explique ainsi son projet dans chaque épisode (il y en a 70) avec qui les auditrices pourront s’identifier…

generation xx

Au même moment naissait aussi le projet « La Poudre » qu’on ne présente plus dans le milieu féministe, présenté par la journaliste Lauren Bastide. Elle fait parler des femmes fortes dans leur domaine et s’adresse à plus de cent mille auditeur.trice.s fidèl.es et captif.ve.s. Au micro de ces deux femmes : Julie Hamaïde de Koï Magazine, l’écrivaine Faïza Guene, Sarah Ouhramoune boxeuse professionnelle, Myriam Levain fondatrice de Cheek Magazine, Houda Benyamina réalisatrice de Divines… Ces podcasts ont inspiré et continuent d’inspirer de nombreux.ses auditeur.trice.s en leur montrant moult modèles et références de parcours féminins et attirent donc un public résolument féminin.iste.

Une sororité en marche : des podcasteuses indé aux girls shows

Devant tant d’engouement pour ces émissions, de nombreuses auditrices et journalistes se sont lancées dans l’aventure podcast en tant qu’animatrices avec des émissions parlant de sujets divers et variés… Mais on retrouve aussi et surtout des podcasts très lgbt+ friendly et féministes comme : « un podcast à soi » sous forme d’enquête sur les féminités sur Arté Radio, « Miroir miroir » qui déconstruit les normes de beauté, ou « Entre nos lèvres » qui interroge les sexualités sans tabou à travers des portraits. Le format podcast étant libre et intimiste et la production étant moins lourde qu’à la radio, de nombreuses femmes se convertissent à l’audio et squattent le web en indépendantes. (Si bien qu’on peut même trouver des tutos audios pour devenir podcasteurs.es dans « Les Coulisses » animée par deux femmes (encore !) qui partagent leur tips en tant que newbies dans la profession.)

Dans la catégorie émission duo d’animatrices ou bande de filles on aborde des sujets importants dans le féminisme tels que bodyshaming, grossophobie, genre, contraception, charges mentales, harcèlement de rue empowerment et représentations des minorités… Que de sujets dans l’ère du temps qui symbolisent des revendications fortes pour la 3e vague féministe surtout après Metoo ou bien la ligue du lol. N’oublions pas donc, de citer « Quoi de meuf« , « Mycose the night » avec Elodie Font une ancienne de Radio Nova et Klaire fait grr. Mais aussi l’excellent « Yesss » qui a fait son apparition l’an dernier avec aux manettes Anaïs Bourdet, l’initiatrice du fameux projet « Paye ta schnek« , qui partage des punchlines ou conseils pour remballer les relous face à des situations de violences sexistes. Bien sûr la liste des émissions est non exhaustive et on pourrait aussi citer d’excellents documentaires sur la masturbation féminine « les mots du plaisir » ou « Traverser les forêts » sur la non-place des femmes dans l’espace public réalisée par d’excellentes autrices… Mais ceci fera l’objet d’autres articles.

Yesss podcast

En somme, vous l’avez compris, le PAF du numérique audio est bel et bien féminin malgré une petite majorité d’audience et de podcasteurs masculin, on entend bien faire de ce média celui de la parité. Est-ce un hasard si les trois plus grands studios de productions de podcasts sont fondés principalement par des femmes ? Gabrielle Boeri-Charles entre autres chez Binge audio, Lauren Bastide co-fondatrice de Nouvelles Ecoutes mais surtout Melissa Bounoua et Charlotte Pudlowski à la tête de Louie Media.

Espérons que cela se confirmera dans l’avenir… !

Pour aller plus loin, écouter cette émission sur RFI : http://www.rfi.fr/emission/20180915-quand-le-feminisme-rencontre-le-podcast

3 podcasts dans ses bagages

Sound

A l’annonce du 2nd Paris Podcast Festival, on vous conseille vite de vous mettre à la page. Abandonnez votre playlist qui tourne en boucle depuis un an dans le téléphone et laissez-vous aller à la tentation podcast?

Bien sûr on vous sent venir avec vos excuses du genre « bah, j’suis pas trop radio moi… » ou du genre « non mais j’arrive pas à me concentrer plus de 5 minutes alors c’est mort ». Que nenni. Le monde des podcasts est aussi vaste que celui des internets et on y trouve de tout : du fooding à la mode en passant par l’histoire, la tech, le cinéma, les voyages, le sport…Vous trouverez forcément des sujets qui vous intéressent et dans tous les formats sous forme d’histoire ou d’interviews, de reportages ou de tables rondes… A vous de choisir : de 3minutes à 3heures, l’éventail est laaaaarge!

Ne vous inquiétez pas, laissez vous guider, Dire-son vous a concocté un TOP 3 des meilleurs émissions « TALK ». Des interviews qui ont suscité de grandes réflexions et qui d’après nous, sont les trois podcasts indispensables dans votre bibliothèque.

# 1 : « Les couilles sur la table »– produit par Binge Audio

Mes couilles sur la table

Attention sous ce titre un peu beauf se cache une vraie pépite pour les passionnées d’études de genres. Victoire Truaillon, journaliste hors pair, est une véritable mine d’or et sait remarquablement bien mener ses interviews en faisant parler des spécialistes au sujet des masculinités. (porno gay, villes viriles, orgasmes masculins…) « Oh nan ! encore un truc de féministes !  » Penserez-vous ? Et bien oui. Mais c’est tout aussi important de comprendre comment se construisent les masculinités pour comprendre les rapports de dominations entre homme et femmes mais aussi entre hommes. On ne naît pas homme, on le devient, virilité ou non. De super réflexions qui peuvent en décomplexer plus d’un.es !

# 2 : « A la dérive » sur Radio Nova dimanche à 18h

à la dérive

Pour les amoureux de cartes postales sonores et mélomanes, « à la dérive » est pour vous ! C’est un véritable souffle de vent frais pour la radio puisque l’émission réinvente les codes de l’interview. Animé depuis trois ans par Aurélie Sfez qui décrit somptueusement bien les émotions et les lieux, la journaliste s’immisce dans le quotidien des artistes et l’auditeur avec. On se retrouve propulsé dans l’univers – sonore- rien qu’à l’écoute des personnes qu’elle interviewe tout en flânant avec eux : le voggueur /rappeur Kiddy Smile qui l’emmène à la hall st Pierre chercher des tissus pour la confection de ses costumes, la dj Deena Abdelwahed dans un café entre copine, Anne Pacéo dans son garage de 3m2 où elle répète sa batterie, Flavien Berger dans son studio / appartement bruxellois qui nous fait découvrir ses k7 confidentielles… Dernièrement, les britanniques de Métronomy seront ses invités. Des ba(l)lades sonores et intimes où l’on s’invite à la table des artistes : A écouter aussi la sulfureuse et provoc’ Lydia Lunch, initiatrice du mouvement culturel underground et no wav.

# 3 : « Entre » – produit par Louie Media

Entre

Charlotte Pudlowski, ancienne rédactrice en chef à Slate et co-fondatrice du studio Louie Media, donne la parole à Justine une préado qui lui confie son quotidien : ses amitiés, son rapport au corps, l’amour, l’avenir, le harcèlement scolaire. Elle partage avec nous ses réflexions sur grandir et le bouleversement que provoque chez elle l’arrivée au collège. Un bond dans le passé qui nous attendrit et nous réconcilie avec notre enfant intérieur. D’une maturité incroyable pour son âge, elle nous offre une façon de re-voir le monde avec sincérité, innocence et clairvoyance.

Et voilà, vous n’avez plus qu’à vous y mettre en allant directement sur les sites internets concernés en streaming ou via des applications podcasts : Acast, podcast addicts, Itunes…

Pour terminer, nous vous livrons un petit secret : le prochain podcast de Dire-son intitulé « Bullied » sortira le 5 août et c’est aussi une série d’interviews. On donnera la parole à de jeunes adultes qui ont vécu du harcèlement scolaire et qui nous parleront de leur parcours de combattants : des chemins jonchés d’embûches lorsqu’on ne colle pas à la norme. En espérant qu’il vous plaira et que notre sélection en ravira quelques-uns… !

Et bien ça y est, vous êtes prêts à tailler la route pour vos vacances avec tout ça. Et pour tous ceux qui restent chez eux cet été, toutes nos excuses ! Mais le podcast est un super moyen de se dépayser et de voyager d’une certaine manière… Si on vous a conseillé d’emporter avec vous des podcasts dans vos bagages, on ne peut que vous recommander d’en écouter partout quoiqu’il arrive car il y a beaucoup « de bagage dans les podcasts »…

🙂

Bonne écoute !

Podcast killed the Radio

Alors que la radio FM est en pleine mutation du fait de l’arrivée de la RNT (radio numérique terrestre) qui remplacera notre bonne vieille radio analogique, on peut se demander quel est l’avenir de la radio…

Ne parlons pas du boom des podcasts natifs grâce au streaming sur nos ordis, aux applis smartphones et autres amis intelligents qui réinventent le paysage sonore et médiatique de l’information audio. De nouvelles manières de consommer et d’écouter la musique émergent, les émissions et les formats changent. Les pratiques d’écoute aussi… Internet a complètement bouleversé les manières d’utiliser la radio.

C’est pourquoi, après plusieurs années en radio associative, je me lance dans le podcast indépendant.

Pourquoi ? Parce que le podcast n’a jamais été aussi adéquat à nos manières de vivre et de consommer ! Il est LA trace sonore que l’auditeur peut garder pour écouter plus tard : le lendemain voire dans deux ans quand ça lui chantera au volant ou en buvant.

Il y a très peu de gens qui écoutent la radio en direct. Nos vies surchargées, nos FOMO font qu’aujourd’hui plus personne ne peut écouter son émission préférée au moment précis de sa diffusion. Les médias l’ont bien compris! Avec le podcast ou les replays pour les chaîne tv, fini les contraintes horaires qui vous font manquer un programme. De plus, sans podcast en rediffusion ni textes ni photos, pas moyen de promouvoir son émission nulle part.

Une étude Médiamétrie sur les pratiques d’écoute a montré que « les podcasts connaissent un succès croissant : chaque mois, les podcasteurs téléchargent en moyenne 16,9 podcasts et en écoutent 13,7, soit un taux de conversion élevé de 81%. » déclare Laure Osmanian Molinero consultante en industrie des médias. * France Inter l’a bien compris puisqu’elle est la première radio à se placer dans cette reconversion numérique.

Alors, si personne n’écoute plus sa radio via son poste auto ou sa chaîne hi-fi, à quoi bon continuer de diffuser en FM ? Si chacun choisit ses programmes à la cartes pour écouter où bon lui semble et quand ça lui chante, faut-il continuer à diffuser sur les ondes ? Si le podcast s’affranchit des contraintes de formats et des lourds dispositifs onéreux, pourquoi continuer de faire de la radio ? Le podcast permet encore plus de démocratiser la parole en offrant une multitude de diversité de voix, de sujets et de thèmes passionnants : du généraliste à la niche, du professionnel à l’amateur, du payant au gratuit… De nouveaux acteurs culturels et économiques émergent et modèlent petit à petit le podcast, qui se doit d’être plus créatif.

Mais pas de panique, ce n’est pas pour autant que la radio va disparaître ! Nous revivons en ce moment les mêmes choses que le 9 novembre 1981 où Mitterand mettait fin au monopôle de la sainte radio et télévision de l’Etat : le mouvement des radios libres et pirates s’emparaient des sujets de société et libérait les ondes. C’est une effervescence qui a permis à de nombreux programmes d’émerger sur internet sans pour autant détrôner Radio France, la première chaîne radio de France. Et heureusement !

Alors même si mon coeur reste fidèle aux tendres jingles de la radio, à la musique indé en aléatoire et aux charmes des émissions en direct, voilà les raisons pour lesquels je navigue sur les internets pour explorer de nouvelles vagues avec les podcasts. Allons-y, n’ayons pas peur, libérons les podcasts ! PIRATE !